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Un Borloo businessman

Patron original, Daniel Richard avait même songé à la présidentielle

Textos Par | 14 janvier 2023

Après Bruno Bonduelle en septembre dernier (relirenotrearticle), c’est l’ancien patron des Trois Suisses qui disparaît. Un profil atypique qui a bousculé le management et un grand nom de la vente à distance. Lui aussi avait caressé des rêves politiques. Municipales, européennes…et même l’Elysée.

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Nîmes, municipales 2020. Un candidat sur une liste EE-LV et partis de gauche associés dont les radicaux de gauche, le PS et la France Insoumise (presque une version NUPES ! ) passe alliance pour le second tour avec un autre candidat étiqueté centriste de droite…L’antithèse de Lille ! L’affaire tournera court et le téméraire trop solitaire explosera en plein vol. Le transgresseur s’appelle Daniel Richard. Un ex-directeur général des Trois Suisses, ancienne grande dame de la vente par correspondance (une entreprise de la famille Mulliez associée à l’allemand Otto Versand) dont le siège était basé à Croix. En se rapprochant de Yvan Lachaud, président de l’agglo et challenger du maire sortant, soutenu par La République en en Marche, notre écologiste a refusé de discuter d’un rapprochement avec les listes de gauche. La liste « Nîmes, une ville nommée désir », désavouée par ses colistiers ne put rallier les suffrages et le coup de force fera long feu*.

Dans la région, on se souvient de lui. Surtout les salariés de la vente à distance (à l’époque, le terme n’avait pas encore supplanté celui, historique, de vente par correspondance) aujourd’hui victimes de la récession. Daniel Richard a un CV long comme le bras : Bossard, Solving, Trois Suisses, puis Galeries Lafayette, Sephora, Radio Nova, Soleaido, World Wild Life Fund,…Il fut pendant une quinzaine d’années le gourou un brin narcissique des Trois Suisses. Le PDG du groupe, le comte Emmanuel d’André, un vieil aristocrate du secteur, qui fut maire d’un petit village normand, l’avait embauché à la filiale Blanche Porte, et se reposait sur lui et son management parfois brutal qui rudoyait les habitudes de la vieille maison et ses syndicats à l’ancienne. Le Chouchou, c’est lui. Et une foule d’initiatives appliquées à l’entreprise : éoliennes, papier recyclé, commandes par internet dès… 1995. Un marketing original : « Chouchoutons la Terre » et des messages à la limite du dénigrement du leader Redoute, si fier de ses 48 h Chrono alors pourquoi ne pas garantir un 24 heures Chrono… L’un des précurseurs du développement durable version capitaliste alors que les Verts panachés rose vif insufflaient le même concept à la tête de la région Nord-Pas de Calais. On aurait voulu le voir à l’oeuvre maintenant que l’âge d’or de la VPC semble révolu à jamais et que le 2.0 fait la fortune des GAFA. Mais le démon de la politique le fera plonger dans l’arène.


Né près de Nîmes en 1944. Diplômé ingénieur de l’école nationale de l’aviation civile. On le disait de sang gitan. Il ne s’est jamais enraciné dans notre région, par exemple, et habitait dans un hôtel près de la frontière belge. Juste avant la confluence des millénaires, il parlait avec Martine Aubry, alors chouchoute du patronat de l’époque – c’était avant la réforme des 35 heures ! Au milan des années 90, il décrochera le titre envié du manager de l’année décerné par le Nouvel economiste. Un profil intéressant, évidemment, même si le soufflé aura du mal à monter malgré un terreau prometteur nourri des angoisses écologiques et sociales. D’ailleurs, ses premières interventions sur les tréteaux électoraux insistaient sur la situation économique nîmoise. Daniel Richard c’était une sorte de mix entre le Borloo des années 80, avant celui des partis et des ministères, et l’ex-ministre Corinne Lepage (qui l’a décoré de la Légion d’Honneur), voire le commandant Cousteau qu’il avait enrôlé dans sa croisade chouchoutesque.

En 2009, à 66 ans, il annonce son mouvement politique : Résistances**, et prévoit des listes aux européennes dans le Sud-est et le Nord, et entendait fermement ne pas en rester là. La rumeur des élections présidentielles le tenait déjà pour candidat à la candidature. Surtout le millésime 2007, gagné par un certain Nicolas Sarkozy. A l’époque, il négociait le Grenelle de l’Environnement avec ses compagnons de route Nicolas Hulot et Yannick Jadot co-fondateurs avec lui de l’Alliance pour la Planète. En 2009, à 66 ans, il annonce son mouvement politique : Résistances**, et prévoit des listes aux européennes de la même année dans le Sud-est, l’Ile-de-France et le Nord Ouest, et entendait fermement ne pas en rester là. Son complice porte un nom qui, à lui seul, est tout un programme : Victor-Hugo Espinosa, prof de fac de son état. L’écologie est une nouvelle spiritualité. Comme si Cohn-Bendit, au lieu de défier les CRS, était devenu capitaine d’industrie avant de sermonner ses ouailles.

  • *La ville des arènes est décidément l’apanage des grands noms de la mode puisque le haut-couturier Cacharel, né Jean Bousquet, en a été le premier magistrat de 1983 à 1995. Jean-Paul Fournier, que Daniel Richard imaginait détrôner, avait débuté publicitaire. Pendant la même bataille pour Nîmes, Daniel Richard ne se montrera pas avare de piques envers la Macronie aux prises avec l’affaire Delevoye…ICI

** Un nom qui veut tout dire. On résiste à une situation présente. Un pur mouvement de témoignage pour une écologie citoyenne entre un libéralisme humanisé et une démocratie de proximité. Un créneau certes encombré depuis. Dommage quand même.

Et aussi la récente disparition d’Henri Coisne ICI

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