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Géneration 2022 au microscope

 La fracture : Comment la jeunesse d’aujourd’hui fait sécession

Textos Par | 18 juillet 2022


C’est le club de réflexion « Lueurs républicaines », animé par Baptiste Ménard, membre de la direction de la fédération du Nord du PS, organisant une conférence débat sur «jeunesse et engagements ». qui a révélé au public du département le livre La fracture, basée sur une étude due à Fréderic Dabi, le directeur de l’IFOP et à Stewart Chau, qui est venu la présenter. Passée un peu inaperçue a la veille de la campagne présidentielle de 2022, cette étude mérite d’être relue à tête reposée.

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L’IFOP utilise une même batterie de questions posée depuis près de 60 ans à un échantillon significatif de plus de 1500 jeunes de 18 à 30 ans. il est donc possible de mesurer l’évolution des opinions, des croyances et des comportements sur la durée.

Plus peut-être qu’une jeunesse en « fracture » ou en sécession par rapport à la société, le livre fait apparaître une jeunesse, qui ne constitue pourtant en rien un bloc monolithique, assez radicalement différente des jeunesses analysées précédemment. 

Une jeunesse désenchantée dans une époque malchanceuse et pour qui le « niveau de bonheur » s’est considérablement effondré depuis l’étude de 1999, surtout dans les catégories sociales défavorisées. Elle considère que les conditions d’une vie réussie sont plus avoir du temps libre pour soi (42%) que vivre en conformité avec ses convictions ou avec sa foi (16 %, contre 32 % en 2007). Ballottés d’une crise à l’autre, les jeunes préfèrent se prémunir de tout idéal pour l’avenir, de tout rêve, par peur d’être déçus.

Pourtant, si le sentiment de déclin progresse, la jeunesse demeure résiliente et confiante. Plus de 70 % des jeunes se déclarent optimistes, largement plus que l’ensemble de la population. Avec des valeurs finalement assez similaires à celles de leurs aînés ( le partage, la solidarité, mais beaucoup moins « la France » ) et même un relatif rebond de valeurs considérées comme traditionnelles (la famille, le travail et aussi le sentiment d’insécurité). La jeunesse manifeste des attentes contrastées. Elle doute de l’État et plébiscite l’entreprise. Elle se montre favorable à la mondialisation et bienveillante envers l’immigration mais elle n’est pas insensible aux revendications de préférence nationale. 

Mêmes contrastes sur le plan politique. La jeunesse, telle qu’elle apparaît des études est beaucoup plus abstentionniste que la moyenne de la population. C’est que pour une partie la République sonne creux. Méfiante envers la démocratie représentative, très défiante envers le personnel politique (plus de 80 % considèrent qu’il n’est pas honnête) elle montre pourtant à la fois une certaine appétence pour les formes de démocratie participative ou directe et une acceptation d’un système autoritaire : Moins de la moitié seulement estiment la démocratie indispensable.

Les choix politiques eux-mêmes se différencient moins de ceux de la population générale qu’auparavant : un enracinement du vote Marine Le Pen, un maintien de la position d’Emmanuel Macron, et un net recul de l’adhésion à « la gauche » (21 % des jeunes en 2021 contre 36 % en 1981 se déclarent « de gauche »)
Cette jeunesse fait bande à part sur les enjeux de sociétéElle est prompte à s’indigner, surtout des inégalités. Une partie importante (plus du tiers) considère que les règles religieuses sont plus importantes que celles de la République. Étonnamment éloignée de l’esprit «  Je suis Charlie » (1/3 seulement de l’échantillon approuve la publication des caricatures). Une majorité déclare croire en Dieu. La croyance en une vie après la mort double entre 1981 et 2021 en passant de 31 % à 62 %.

Les auteurs de l’étude concluent sur une note plutôt optimiste. La jeunesse « post-COVID » profondément bousculée par une crise inédite, a su globalement surmonter cette terrible épreuve . Les jeunes Français défient très clairement le scepticisme ambiant.

Il appartient peut-être à celles et ceux qui ont été élus dans une certaine indifférence des plus jeunes à être en capacité  d’entendre ce  silence des urnes.

Dabi Frédéric et Chau Stewart : La fracture, comment la jeunesse d’aujourd’hui fait sécession Éditions Les Arènes, 2021

Jean-Michel Senave


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