ENTRETIEN

Petite histoire Par | 08H50 | 17 janvier 2018

“À l’époque, l’avant-dernier condamné à mort, Jérôme Carrein, n’intéresse personne”

Luc Briand, magistrat à Aix-en-Provence et natif d’Amiens, signe « La revanche de la guillotine. L’affaire Carrein ». L’ouvrage revient sur l’exécution de Jérôme Carrein pour un crime commis à Arleux il y a quarante ans. À l’époque, l’auteur des faits avait été l’avant-dernier condamné à mort en France en raison d’un contexte particulier. Interview de l’auteur.

Luc Briand à Paris le 7 décembre 2017. © Philippe Matsas

DailyNord : Comment un magistrat d’Aix-en-Provence se retrouve-t-il à écrire son premier livre sur l’affaire Carrein qui se déroule à Arleux ?

Luc Briand : Peut-être parce que je suis né à Amiens le 11 juin 1977. Soit quelques jours avant que l’on guillotine Jérôme Carrein. J’ai toujours été circonspect face à une société qui aide à naître et qui, dans le même temps, pouvait se permettre de reprendre la vie. De plus, à ma grande surprise, en dehors d’articles de presse dans des journaux ou des hors-séries, rien n’a jamais été écrit sur cette affaire. C’est quand même le dernier guillotiné de nationalité française sur notre territoire, et l’avant-dernier de l’histoire (Hamida Djandoubi a été le dernier guillotiné en France, le 10 septembre 1977, NDLR)

DailyNord : Jérôme Carrein a été guillotiné, alors que dans l’échelle de l’horreur, d’autres criminels y ont échappé à la même époque pour des faits semblables, voire plus atroces, soulignez-vous dans votre livre…

Luc Briand : Oui. Ou ils étaient condamnés et ensuite graciés. Longtemps, la mère de Jérôme Carrein ressassera ce qu’elle estimait comme une injustice aux gens qu’elle rencontrera. Le contexte a joué dans l’affaire Carrein.

Un contexte qui conduit Carrein à la guillotine

DailyNord : Justement, quels sont les éléments qui conduisent à sa condamnation à mort ?

Luc Briand : Nous sommes dans un procès dicté par une certaine émotion. Quelques jours plus tôt, il y a eu le procès de Patrick Henry (qui a enlevé et tué Philippe Bertrand, un enfant de 7 ans, NDLR). Il n’a pas été condamné à mort, ce qui entraîne beaucoup de commentaires et réveille les partisans de la peine de mort. Autre élément :

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3 Commentaires

  1. Il faudrait verifier mais en 1977; Amnesty int’l existait dejà mais elle s’occupait peut être uniquement des prisonniers politiques avant d’etendre son champ d’action, Ceci dit, il faut se souvenir que 1977 est resté dans les memoires comme une année giscardienne fort agitée. La pseudo opinion publique etait chauffé à blanc par des organes de presse aux ordres, la teloche affolait les credules car selon R Gicquel, grand maître des affolement mediatiques affirmait que ” la France a peur”, fournisssant ous les soirs au JT du sang et encore du sang… à diluer dans le potage vesperal.

  2. @Odeladeule : Lisez-bien ce qu’a dit Gicquel, et en entier : “La France a peur. Je crois qu’on peut le dire aussi nettement. (…) Oui, la France a peur et nous avons peur, et c’est un sentiment qu’il faut déjà que nous combattions je crois. Parce qu’on voit bien qu’il débouche sur des envies folles de justice expéditive, de vengeance immédiate et directe.”

  3. On n’oubliera pas aussi les manifs de 77 contre le superphenix de Creys Malville dans l’Ain. C’était il y a 40 ans… Lors de cette manif, le prefet local qui survolait les lieux en helico jouait à Napoleon. Il donnait directement à létat major de CRS ses ordres. Il avait organisé le piège en ne laissant libres que certaines routes pour attirer les voitures dans des culs de sacs eloignés pour fragmenter la foule ( ils etaient plusieurs dizaines de millliers…) . De Grenoble etaient partis plusieurs milliers de voitures sous les yeux de milliers de personnes. On sait la suite : les CRS ont chargé déliberement des manifestants vers des ravins causant des dizaines de blessé et un mort Vital Michalon dont les parents avaient une ferme sur le site. Puis contraints de fuir vers les parkings, les manifestants se firent rosser par des CRS dechaînés. Enfin dans leur voiture, ils subirent encore le bris de leur pare brise à coups de crosse par les crs qui les atendaient tout au long de la route. Le scandale fut enorme et on vit bientôt que les opposants avaient raison car le superphenix fut un echec technique et surtout financier que avons payé sur notre facture EDF . Il faut s’attendre aussi à l’echec de l’EPR de Flamanville et d’Hinckley Point en UK … tout comme celui de Finlande.

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