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Le casse-tête des successions : Tourcoing, Saint-Quentin, Lambersart,

Petit théâtre de Martine Aubry | Région Par | 18 décembre 2015

La circonscription de Gérald Darmanin. Le maire de Tourcoing renonce à son mandat de député comme il s’y était engagé. C’est bien. Mais qui lui succédera sur sa circonscription ? Car la 10 ème du Nord est une circonscription fragile. Gérald Darmanin avait été élu en 2012 dans une configuration originale. Un FN à 18 % au premier tour. Un Christian Vanneste, ex-mentor de Darmanin qui l’a évincé brutalement, à 13%, une candidate socialiste à 30 %. Mais le second tour a vu les réserves de droite se porter sur le futur maire de Tourcoing finalement élu avec 54%. Cette fois-ci le FN devrait faire plus  – 32/33 % sur Tourcoing, 40 % à Halluin aux régionales) et se retrouver au second tour face au candidat de la droite et de la gauche, d’autant plus que le parti sonnera l’air de la revanche après le ce qu’il considère comme le hold-up des régionales !  Triangulaire assurée. Mais qu’en sera-t-il du front anti-FN qui avait si bien marché aux régionales ? Qui du PS aux Verts et au front de gauche acceptera une nouvelle fois de se retirer ou d’appeler à voter pour faire gagner la droite ? Peut-on imaginer un retour d’ascenseur qui profiterait à la gauche sur fond de “concorde régionale”? Un candidat de gauche unie pourrait-il se qualifier face au FN et obtenir le retrait du candidat de droite ? Et pour cette dernière, comme pour la gauche, le dilemme reste de trouver le candidat ad hoc puisque les talents sont déjà élus au département ou aux régionales… Le jeu risque d’être ouvert.

Et celle de Xavier Bertrand. Même sueur froide et même contexte pour le fief du nouveau président du conseil régional qui élague lui aussi ses mandats de député et de maire (mais pas celui de la communauté d’agglo de Saint-Quentin tout comme Gérald Darmanin conserve évidemment celui de maire et de vice-président de la métropole européenne). Sa succession à la ville n’en est pas une puisqu’il restera précisément le patron de l’agglo. Quel que soit l’heureux élue(e), l’adjointe Frédérique Macarez tient la corde, la ville sera toujours supervisée par le président du conseil régional – plusieurs adjoints sont en lice et le jeu est ouvert même si l’enjeu est moindre. Mais la dévolution de son fief législatif d’ici mars est plus compliquée. En 2012, Xavier Bertrand avait eu fort à faire pour repousser l’assaut de la socialiste Anne Ferreira, portée par l’élection de François Hollande, et qui était candidate malheureuse aux régionales comme tête de liste dans l’Aisne. Difficile d’extrapoler les chiffres des régionales sur une législative partielle. Le FN a été contenu sur Saint-Quentin mais c’était le maire Xavier Bertrand le candidat-phare. On parle de Julien Dive pour être investi, candidat LR malheureux aux départementales. Mais d’autres noms peuvent surgir du chapeau de Xavier Bertrand qui, dans tous les cas, réglera les affaires. Et fera tout pour éviter une défaite de ses poulains.

Marc-Philippe Daubresse et ses cinq mandats…Le député-maire LR de Lambersart doit donc régler un difficile problème de cumul. Elu conseiller régional ce dimanche, et en piste pour une vice-présidence, il pèse le pour et le contre. Et annoncera bientôt sa décision. Il a reporté son conseil municipal à lundi soir pour se donner le temps de la réflexion. Un crèvecoeur pour lui, installé dans le fauteuil majoral depuis 1988. On le dit encore secoué par sa rude réélection de justesse aux dernières municipales et qui l’a éclairé sur lui-même. Problème : s’il choisit de tirer un trait sur la mairie, il va devoir abandonner son mandat de vice-président de la métropole européenne à l’urbanisme qu’il avait retrouvé en 2014 et qu’il affectionne particulièrement – la présidence de l’agence d’urbanisme de la métropole est attachée au mandat. Et celui de président du SIVOM Alliance nord-ouest, sorte de club d’élus de droite du versant nord-ouest de la métropole, dont l’idée remonte à la fin des années soixante-dix pour balancer l’hégémonie socialiste dans la métropole et qui compte aujourd’hui 12 communes (plus Comines, dernière arrivée).

Mais Daubresse pourrait compenser cette perte d’influence –  de mandats et d’indemnités – en propulsant son épouse Brigitte Daubresse-Astruc, actuelle deuxième adjointe. Qui porte un bonnet d’âne de l’activité quand elle était conseillère régionale pendant dix ans, imposée par son mentor…” Il songe même à devenir son propre directeur de cabinet d’ici quelques semaines, histoire de garder la main et cornaquer Madame”, sourit ce membre de la majorité municipale qui ajoute qu’il ne veut pas abandonner son mandat de député et ses avantages (IRFM, collaborateurs, immunité,…) ni ouvrir une guerre de succession sur la circonscription (voir billets sur le sujet) qui sera forcément disputée, et le candidat de droite qui sortira du chapeau est assuré d’être député pour longtemps sur un fief naturellement à droite, presque une sinécure. L’heureuse épouse, nouvelle vice-présidente du conseil départemental du Nord depuis le printemps fera ainsi son entrée au conseil de la métropole. Se posera-t-elle dans le fauteuil de vice-président de son époux ? L’idée fait sourire à la MEL où le niveau technique des dossiers en jeu est très élevé.

Plus crédible et longtemps présenté comme un éventuel successeur, le premier adjoint Christophe Caudron, étiqueté centriste, n’est pas encore écarté. Aucune des deux solutions n’est une garantie de stabilité au sein d’un landerneau traumatisé par les dernières municipales. Un retournement de la majorité municipale est toujours possible. Et le jeu de chaises musicales est mal apprécié par l’opinion. S’il choisit de renoncer à son mandat régional, cela ferait la seconde démission dans l’équipe Bertrand après celle, remarquée, d’Eric Woerth avant-hier, et qui embarrasse le président Bertrand, soucieux de renouveler les comportements et de s’inscrire dans une aube nouvelle. Le Lambersartois se sert ainsi des événements pour faire pression sur ce dernier et grimper quelques marches dans la hiérarchie des vice-présidents et obtenir la promesse d’une grande baronnie. S’il choisit le conseil régional.

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