GRAND ENTRETIEN RÉGIONALES

Réflexions Par | 10H20 | 10 novembre 2015

Jean-Philippe Tanguy, Debout La France : “Soit on assume ses décisions, soit on dégage!”

Il a porté les couleurs de Debout La France (ex-Debout la République) lors des dernières élections européennes dans la. Et rempile pour les régionales.  Emmené par la figure de Nicolas Dupont-Aignan, le jeune homme apporte des idées très précises sur la région. Même s’il connaît ses dossiers, la bataille risque d’être très serrée pour franchir la fatidique barre des 5%. Interview.

Jean-Philippe Tanguy estime qu'il peut passer la barre des 5% de vote lors des régionales. Crédit photo Dailynord

Jean-Philippe Tanguy estime qu’il peut passer la barre des 5% de vote lors des régionales. Crédit photo Dailynord

DailyNord : Quelles sont vos références ?

Jean-Philippe Tanguy : Je suis un gaulliste. Cela va de Georges Pompidou, Jacques Chaban-Delmas, Charles de Gaulle, bien sûr. On peut remonter jusqu’à Napoléon III. Je crois au lien direct entre le peuple et ses élus. Un principe simple, le peuple est souverain. La force de l’exécutif est limitée par le recours au référendum. Ce qui explique la rupture de Nicolas Dupont Aignan avec l’UMP qui a refusé de prendre en compte le résultat du référendum de 2005 sur le traité constitutionnel européen. (NDLR : le non était majoritaire, puis le traité de Lisbonne a validé le projet de traité européen, entériné ensuite par le Parlement).

DailyNord : Quelles sont vos différences avec l’UMP et l’UDI aujourd’hui ?

Jean-Philippe Tanguy : Aux Européennes, nous sommes différents. Aux régionales, nous avons des convergences. Les élections européennes concernent les questions européennes. Les élections régionales relèvent de compétences régionales : ce n’est pas le futur conseil régional qui va décider de la politique migratoire, de l’euro, de nos relations avec l’Union européenne par exemple. Nous pouvons avoir des différences profondes. L’UMP et l’UDI ne sont d’ailleurs pas d’accord sur certaines questions, notamment européennes. Ce que l’on ressent aujourd’hui, ce sont des convergences pour faire le ménage dans une région pilotée depuis 30 ans par la gauche. L’idée est de redonner la parole à la société civile.

DailyNord : Il y a un vieux fonds souverainiste dans le Pas-de-Calais et la région frontalière, avec une majorité de non à Maastricht et au référendum européen de 2005 par exemple. Réactivez-vous cette force politique ? Quelle est votre part de marché ?

Jean-Philippe Tanguy : Je n’aime pas trop cette image de parts de marché. Si les gens votent comme cela, c’est parce qu’ils sont confrontés aux erreurs de la construction européenne. Nous avons un fond souverainiste historique dans le Nord, la Picardie et le bassin parisien, de tradition gaulliste. Parce que le Général de Gaulle est né à Lille et s’est marié à Calais. Parce que la région a été exposée à la guerre. Et aussi parce que notre industrie a été sinistrée par les élus, car les dirigeants politiques n’ont jamais endossé la responsabilisé du déclin de l’industrie française. Or, c’est l’Etat qui définit sa politique industrielle et bancaire. La disparition de l’industrie a été une volonté politique, parce que l’on a considéré l’industrie comme sale et polluante.

DailyNord : Ne pensez-vous pas qu’à un moment les politiques régionaux n’ont plus de prise sur l’industrie dans la région ? Comment les politiques peuvent-ils réindustrialiser selon vous ?

Jean-Philippe Tanguy : L’actionnariat par capital est devenu comme cela par décision politique. Par exemple, en Allemagne, c’est le Länder qui possède le capital de blocage de Volkswagen. Je ne dis pas qu’il faut tout nationaliser, non plus… Je plaide pour un projet de symbiose : en tant que première région agricole et ancienne région industrielle, nous avons toutes les matières premières et tout le savoir-faire pour mettre en place l’industrie de demain.

DailyNord : Vous opteriez donc pour une régionalisation. Cela signifie que vous partiriez sur un modèle de partenariat-public privé ?

Jean-Philippe Tanguy : Il faut trouver une solution qui tend vers ça. On peut faire appel à l’épargne publique. Au lieu d’un livret A rapportant moins d’1%, l’épargne des Français pourrait être mise sur des projets économiques de développement de l’industrie, de l’agriculture, de la pêche… Aujourd’hui, l’épargne française, la plus importante d’Europe, est principalement utilisée pour garantir le logement social qui est par définition de l’immobilier et donc un produit sans risques. Tout cela résulte d’un choix politique. On a beaucoup aidé les banques en 2008 alors qu’on aurait pu exiger d’elle un réforme profonde.

DailyNord : Comment financez-vous votre campagne ?

Jean-Philippe Tanguy : Tout est transparent. Nous avons un budget de 200 000 euros là où celui de certains concurrents se compte en millions d’euros. La moitié est abondée par Debout La France, l’autre moitié par les candidats. J’ai moi-même souscrit un prêt bancaire de 50 000 euros. C’est très difficile de financer la politique. Les partis en place ont créé eux-mêmes un système qui leur est favorable.

DailyNord : D’après les sondages, vous seriez entre 3% et 5%. Si vous avez moins de 5%, l’Etat ne prendra pas en charge vos frais de campagne.

Jean-Philippe Tanguy : Ne pas dépasser la barre des 5 % est un risque à prendre. Surtout par rapport aux “grands” candidats qui sont pratiquement assurés de dépasser ce seuil. Pour faire de la politique, il faut être affilié à un grand parti ou être riche… Debout la France a déposé une proposition de loi pour limiter les frais de campagne. Avec 200 000 euros, je ne manque de rien : j’ai mes tracts, mes affiches, mes bulletins de vote, ma caravane pour me déplacer, etc.

DailyNord Dans vos communiqués, vous êtes assez offensif vis-à-vis de Xavier Bertrand ? Pourtant, Xavier Bertrand a quand même quelques idées souverainistes, gaullistes aussi…

Jean-Philippe Tanguy : Nous n’avons pas quitté l’UMP pour une question de discours. On ne supportait plus la différence entre les paroles et les actes. Xavier Bertrand a été ministre du travail et il a un bilan. Par exemple, les producteurs de lait sont en train de plonger, de crever depuis la réforme des quotas laitiers de cet été. Quand Xavier Bertrand va dans l’Avesnois pour dire aux producteurs que la fin des quotas est une erreur, il oublie de rappeler qu’il a fait partie du gouvernement qui a voté pour la suppression des quotas laitiers, tant au niveau de l’Europe qu’au niveau national. Ces propos me mettent hors de moi : c’est prendre des gens pour des c…, en essayant de faire croire que c’est le PS qui l’a voté. Soit on assume ses décisions, soit on dégage !

DailyNord : D’autres exemples ?

Jean-Philippe Tanguy : Je ferai le même constat pour les travailleurs détachés : Xavier Betrand s’adresse aux artisans de la CAPEB en pointant du doigt la concurrence déloyale alors qu’il été Ministre du travail lorsque la directive Bolkestein a été élargie (NDLR : directive qui autorise un travailleur d’un autre pays a être payé selon les régimes sociaux de son pays d’origine). De qui se moque-t-on ? Il pourrait admettre ses erreurs, ça pourrait faire avancer le débat. Sur le chantier du terminal méthanier de Dunkerque, premier chantier de France, il y a 60 % de travailleurs détachés alors qu’on avait fait des promesses aux salariés licenciés de la raffinerie Total à Dunkerque. Alors forcément, on crée de la haine et de la colère ! Xavier Bertrand n’arrête de pas vanter la création de 10 000 emplois sur le canal Seine-Nord mais là encore, je mets ma main à couper qu’il y aura des travailleurs détachés ! Il faut interdire le travail détaché, il faut que la Région se saisisse de la commande publique pour imposer les conditions légales.

DailyNord : Qu’est ce qui vous différencie du Front national? On reproche souvent au FN de ne pas avoir de programme économique, mais on a l’impression que vous lui apportez des arguments…

Jean-Philippe Tanguy : Dans leur programme, il n’y a rien. Quand on est aux portes de gouverner la troisième région de France, il faut peut-être un programme ! Nous n’avons peut-être pas beaucoup de moyens mais nous avons un programme avec des propositions concernant toutes les compétences. Je ne dis pas qu’il est parfait mais nous avons travaillé depuis un an là dessus.

Je crois que premièrement le FN n’est pas en mesure de gouverner la région. Deuxièmement, ils ont des pratiques politiques qui ressemblent de plus en plus au système qu’ils dénoncent. Marine Le Pen cumule beaucoup de mandats, sans oublier qu’elle va briguer la présidentielle. Et je ne parle pas des problèmes de financement : en novembre aura lieu l’appel du procès du financement de la campagne des cantonales de 2004 avec Monsieur Bernard, condamné à trois ans de prison ferme.

Nous, Debout La France, pouvons établir un diagnostic commun mais nos solutions sont différentes de celles du FN. Nous préconisons un contrôle de l’immigration aux frontières qui ne signifie pas immigration zéro. Nous voulons utiliser l’euro comme une monnaie commune à l’extérieur, tout en gardant à l’intérieur la fluctuation des monnaies locales, alors que le FN veut la sortie de l’euro.

DailyNord : Un diagnostic commun mais un esprit différent donc…

Jean-Philippe Tanguy : J’ajoute que Debout la France n’a pas de casseroles et nous ne traînons pas un héritage transmis de l’OAS comme le FN, par exemple. Notre marque de fabrique c’est l’indépendance.

A 29 ans, Jean-Philippe Tanguy . Crédit photo Dailynord

A 29 ans, Jean-Philippe Tanguy  est favorable à un recentrage des compétences du conseil régional, sous-entendu que cette assemblée n’a pas à dépenser 60 millions d’euros dans la masse salariale pour la culture. Crédit photo Dailynord

DailyNord Au second tour, si vous atteignez les 5%, qu’allez-vous faire ?

Jean-Philippe Tanguy : Nous n’avons pas de partenaire privilégié. Aujourd’hui, nous restons indépendants. Nous ne courrons pas après les postes, je ne cherche pas à être élu à tout prix. Au moment où des gens comme Philippe de Villiers ou Jean-Pierre Chevènement voire Charles Pasqua pouvaient percer, il se sont ralliés pour avoir des postes. Et on perdu leur combat : on ne peut pas dire “je ne suis pas d’accord avec vous mais je vous soutiens quand même”.

DailyNord : C’est le problème des scrutins proportionnels… Quelle serait votre position au second tour ?

Jean-Philippe Tanguy : Nous ne donnons généralement pas de consigne de vote sauf si certains partis reprennent nos idées fondamentales (que le TER soit amélioré, que les usines restent dans la région, qu’il n’y ait plus de travailleurs détachés, que l’on fasse un fonds d’urgence pour les éleveurs laitiers). Nous donnons priorité aux idées et aux projets.

DailyNord : Votre électorat pourrait voter Marine Le Pen au second tour.

Jean-Philippe Tanguy : L’électorat est libre. Les gens font ce qu’ils veulent. Nous ne sommes plus au dix-neuvième siècle, ce n’est pas parce qu’on va dire de voter pour untel que les gens vont suivre.

Bio express

A 29 ans, Jean-Philippe Tanguy a déjà un parcours scolaire et professionnel exemplaire. Cet ancien élève du lycée Henri IV a fait l’Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr, a obtenu une licence d’histoire géographie et un double diplôme de l’école de commerce ESSEC et de Sciences Politiques Paris.

Passionné par l’industrie, il a notamment rejoint Hitachi au Japon pendant un an, travaillant pour la direction stratégique de la branche industrielle du géant d’électronique. Le jeune candidat a déjà géré des transferts de technologies entre le Japon et la Chine ou travaillé sur les nouvelles technologies en Allemagne. Il a aussi travaillé pendant trois ans avec Clara Gaymard, présidente de General Electric France, développant la stratégie d’influence du groupe. Il décide de démissionner avant la mise en place d’un plan social.

Né à Boulogne-sur-Mer d’une mère secrétaire et d’un père gestionnaire de sites industriels, il rejoint Nicolas Dupont-Aignan dès 2005, d’abord en tant que bénévole avant d’accéder à de plus hautes responsabilités. Tête de liste pour les régionales dans la Somme (il habite désormais à Abbeville), Jean-Philippe Tanguy revendique près de 1000 militants Debout la France en Nord-Pas-de-Calais Picardie.

 

 

DailyNord : Vous dites que les sondages vous sous-estiment. Quels sont vos pronostics ?

Jean-Philippe Tanguy : Nous avons fait 4% aux européennes. Je me place entre 4 et 6% compte tenu du fait que je suis moins connu que Nicolas Dupont-Aignan (NDLR, le leader du mouvement Debout le France, candidat en région Ile-de-France) mais nous serons tous les deux sur l’affiche. Nous avons changé de nom récemment ce qui brouille un peu l’image du parti. Nos points forts sont l’Avesnois, Dunkerque, Cambrai, la Côte d’Opale et Berck mais aussi la Somme. Nous devons progresser dans la métropole lilloise et le bassin minier.

DailyNord Vous êtes élu président de région, votre première décision ?

Jean-Philippe Tanguy : Le redressement des comptes de l’institution. Nous savons faire. Nicolas Dupont-Aignan a redressé les comptes de sa ville, Yerres. (NDLR : Jean-Philippe Tanguy a été le collaborateur de Nicolas Dupont-Aignan dans cette commune et dont il est un proche). Le désendettement brutal ne marche pas car il y a des charges obligatoires. Sinon on casse l’investissement et on entrave l’économie locale. Il faut désendetter doucement, investir chaque année un tout petit moins que l’on ne rembourse.

DailyNord Et votre grand mot d’ordre ?

Faire le ménage dans les subventions, les dépenses de formations pas tellement efficientes. La stratégie des marchés publics est l’arme principale d’une région. Le sport et la culture ne relèvent pas à notre sens d’une compétence régionale. En ce qui concerne la masse salariale, on peut la contenir en redéployant certains effectifs sur la base du volontariat et du dialogue social et en établissant des passerelles. Je pense à la SNCF, aux services à la personne, je me suis rendu au conseil régional de Picardie. Beaucoup de salariés demandent à faire autre chose après dix ou quinze ans au même poste.

DailyNord : Quel programme économique pour la région ?

Jean-Philippe Tanguy : Il faut retrouver une base industrielle et amorcer la révolution de la matière première. Nous sommes désormais la première puissance agricole de France voire d’Europe. Avec le littoral voilà nos deux atouts. Je crois beaucoup au développement de la chimie verte, comme la culture d’algues, par exemple.

DailyNord : La capitale régionale ?

Jean-Philippe Tanguy : Avec Lille comme capitale régionale, on poursuit la métropolisation donc la qualité de vie se dégrade. Il y a des endroits plus pertinents où l’on peut installer des services régionaux. Amiens et Arras, évidemment.

DailyNord : Votre avenir ?

Jean-Philippe Tanguy : Je compte me présenter aux législatives en 2017 après avoir participé à la campagne présidentielle de Nicolas Dupont-Aignan.

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7 Commentaires

  1. Pourquoi se présente-t-il aux élections du Conseil Régional? Ce jacobin est contre la décentralisation…

  2. On rit de sa reinterpretation de l’Histoire : “le lien direct entre le peuple et ses elus” avec comme modèle , le Prince President devenu empereur que Victor Hugo, feroce, appelait Napoleon le Petit. ça finira avec la Commune tandis que De Gaulle finira en mai 68.

  3. Enfin un candidat qui se soucie de toute la région et pas seulement de la METROPOLE lilloise !
    De Gaulle n’est pas parti à cause de mai 68, mais bel et bien parce qu’il mettait en application ce qu’il disait.
    REFERENDUM PERDU / DEPART.

    Le président qui payait ses factures et ne voyait pas la république , utilisable pour espionner les adversaires politique s et préserver ses amours cachées, voire sa fille cachée. ,

  4. “Aujourd’hui, l’épargne française, la plus importante d’Europe, est principalement utilisée pour garantir le logement social qui est par définition de l’immobilier et donc un produit sans risques. Tout cela résulte d’un choix politique. ”
    Que propose le candidat en matière de logement ? car c’est quand même un thème assez important dans la vie des français. Est il favorable aux lois fiscales soutenant la construction de logement comme la loi Pinel ( http://loipinel-gouv.org/ ) ? Quelles sont ses propositions sur le logement social ? Envisage t-il des changements dans ce domaine là ? Dommage qu’on n’en sache pas plus sur ces points là …

  5. Le vrai problème que les politiques devraient régler c’est surtout au niveau des logements ! Depuis plusieurs années, c’est une catastrophe. Certaines familles ne peuvent même pas se loger dans certaines villes. Des efforts sont faits par le gouvernement, je pense à la loi Pinel (http://www.vousfinancer.com/blog/2015/12/augmentation-construction-appartements/comment-page-1/#comment-24941). Mais les résultats tardent à faire parler d’eux, quoi qu’il y a eu une belle augmentation du nombre de mises en chantier depuis le début de l’année. Espérons que cela se poursuive dans ce sens.

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