VRAIE-FAUSSE MORT DE BOUYGUES

Rebrousse-poil Par | 08H47 | 02 mars 2015

Les meilleures bourdes des journalistes nordistes

L’une des affaires du week-end, c’est bien entendu la vraie-fausse mort du PDG Martin Bouygues, annoncée par l’AFP, reprise par la plupart des médias abonnés au fil de l’agence… avant un rétropédalage en règle. Ce qui nous a donné envie de vous recycler ce papier paru en 2012 sur DailyNord sur les meilleures bourdes des journalistes nordistes. Histoire de vous rappeler que les erreurs d’informations, voire de jugement, existent bel et bien dans notre profession.

Article initialement publié le 2 février 2012.

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Meute de journalistes à la recherche du scoop. Photo : DailyNord.

Commençons par une blague belge (ce sont quand même nos voisins !). Que fait un journaliste belge quand il écoute Europe 1 ? Il croit ce qu’on lui dit sur parole. C’est encore arrivé à l’un de nos confrères et voisins en 2011. A la radio, on annonçait la naissance de Giulia Sarkozy. Notre confrère a repris tout de suite l’info. Sans vérifier. Il aurait dû : celui qui parlait à ce moment-là sur Europe 1 était l’humoriste matinal, Nicolas Canteloup.

Outreau, Tiphaine, Younès : plantages en série

Journalistes nordistes, ne riez pas trop des malheurs de vos voisins, c’est notre tour d’en prendre un peu pour notre grade. Car il y en a eu des conneries du côté de chez nous ! Les plus macabres en tête : annoncer que l’on a retrouvé le corps d’un enfant disparu… alors que ce n’est pas encore le cas. On y a eu le droit il y a quelques années, coup sur coup avec les affaires Tiphaine et Younès (relire notre article). Deux belles bavures symboles d’une époque tout en vitesse où le plus important est parfois moins la véracité de l’info que le fait de la sortir avant tout le monde.

Ce n’est pourtant pas la précipitation qui explique le fourvoiement de toute une série de journalistes du Nord – Pas-de-Calais lors de l’affaire Outreau… Une telle curée que deux journalistes et le rédacteur en chef d’un célèbre quotidien ont dû s’expliquer devant une commission de l’Assemblée Nationale. Ne jetons pas la pierre à ces confrères en particulier : le manque de recul sur l’affaire était le même dans nombre de journaux nordistes et nationaux. Pour la plupart, les accusés étaient trop parfaits pour être honnêtes et la messe était dite. On se souvient notamment d’une consoeur préposée au dit procès d’Outreau, qui, estimant que les accusés allaient être de toute façon condamnés, était partie en repos quelques jours pendant l’audience. Le journal pour lequel elle officiait n’avait donc pas de reporter sur place lorsque Myriam Badaoui, la principale accusatrice dans le dossier, a annoncé avoir menti. On se raccroche dans ce cas-là au fil AFP…

S’emmêler les pinceaux, du classique

Heureusement, la grande majorité des erreurs journalistiques, dont nos rédactions regorgent, prêtent plus à sourire qu’autre chose. Ainsi, celle de cette journaliste confondant l’élu UMP André Flajolet et le socialiste Dominique Dupilet avec une prétentieuse analyse politique à la clé. Ou encore cet autre confrère rapportant une visite à Sangatte de Luc Besson, ministre de l’Immigration (on ne sait pas si au même moment Eric présentait son dernier navet). Il y a peu, un rhinocéros du zoo de Lille était également devenu… un hippopotame.

Des anecdotes plutôt gentillettes. Car parfois, les gaffes peuvent être parfois plus tendancieuses, comme quand, en direct, un journaliste sportif radio se laisse aller à dire du type « Camerounais et Sénégalais, c’est la même chose ». Voire carrément malsaines quand une journaliste insiste lourdement sur le manque de respect de la laïcité de Martine Aubry, accompagnée d’une femme portant un foulard en conférence de presse. Femme qui sortait de chimiothérapie…

Les beaux loupés

Passons aux beaux loupés, ceux qui marquent un peu plus. L’un de nos quotidiens régionaux a par exemple laissé filer l’exceptionnelle interview de l’Angevin Julien Gracq (celui-là même qui avait refusé un Goncourt) au début des années 2 000. Du coup, le journaliste – interne à la rédaction – l’avait proposée au Monde. Lequel avait tout de suite compris l’importance du sujet.

Un manque de flair qui n’est pas réservé aux pages Culture : ainsi, en sports, on a déjà vu des journalistes zapper des conférences de presse estimant qu’il ne s’y dirait rien d’important (ce qui est, soit dit en passant, plutôt vrai dans 99% des cas)… sauf que parfois on y annonce le licenciement surprise de Rudi Garcia. Il y a aussi les concerts que l’on quitte avant la fin pour retourner les écrire à la rédaction. Il y a quelques années, un confrère s’est quelque peu lâché pour décrire une prestation qu’il n’avait pas vue, alors que l’usage veut d’être très prudent, au moins au cas où le chanteur resterait mort sur scène… Question de décès, d’ailleurs, mieux vaut faire attention quand on publie un papier sur une personne d’âge vénérable. Et ne pas le laisser trop longtemps au marbre (en attente de publication) : en 2012, un de nos quotidiens s’est encore fait prendre en publiant dans la même édition la magnifique journée d’un centenaire lillois… et sa nécrologie quelques pages plus tard !

Et depuis la publication de cet article en 2012…

A la suite de notre premier article, un internaute avait rappelé à notre bon souvenir cette histoire d’un jeune habitant de Sin-le-Noble qui croyait avoir découvert une comète, information relayée par plusieurs confrères. Il avait même reçu un certificat de la Nasa. Or, après intervention d’astronomes plus aguerris, tout le monde s’est rendu compte que le certificat était un faux, ce qui remettait en question la découverte.

Autre bourde, plus récente, que l’on traduirait cette fois-ci plutôt par un manque de recul qui arrive malheureusement de temps à autres : souvenez-vous de cet entrepreneur flamand qui avait communiqué sur le record du monde du plus gros cornet de frite… attirant médias de France entière. DailyNord, en grand pure player d’investigation, avait révélé un an plus tard, que le record n’avait jamais été inscrit au célèbre Livre des Records.

En vrac, on a aussi eu la classique erreur de nom (Patrick Kanner en Jean-Pierre Jouyet), la reprise à tout va de l’arrêt des blagues de Carambar… qui n’était qu’une blague, la rumeur GYK en peintre des statues roses de Lille relayée par un quotidien, le maire d’Hesdin présenté comme le plus jeune maire de France… alors que ce n’est pas le cas, ces étudiants en journalisme qui relaient une fausse mort lors des attentats de janvier 2015, etc.

 

Le plagiat, c’est aussi nordiste

Du pipeautage au plagiat, il n’y a parfois qu’un pas. Il y a une quinzaine d’années, un quotidien dont nous tairons encore le titre par compassion, publiait fin décembre un conte de Noël “maison” c’est-à-dire rédigé par une journaliste de la rédaction. Mais un de ces millésimes était tellement frelaté et mal inspiré que l’auteur véritable, totalement étranger à la rédaction et promu source inépuisable pour journaliste paresseuse en mal de verve, se manifesta à  la hiérarchie. Encore aujourd’hui, l’anecdote fait les gorges chaudes de la rédaction.

Et pour dédouaner les journalistes nordistes, cette petite histoire ayant un petit quotidien des Vosges pour décor. Après avoir terminé son compte rendu sur la Xème conférence annuelle des stomisés de France (ces gens appareillés après une stomie, opération chirurgicale visant à placer un anus artificiel) et relu l’interview du Président de l’association des stomisés expliquant que « les stomisés ne doivent pas faire l’objet de discrimination », notre confrère scrupuleux soumet son texte au correcteur orthographique… qui ne connaissant pas le mot « stomisé » le remplace par « sodomisé ». Validation, envoi à l’imprimerie… et surprise le lendemain au petit déjeuner. Autre règle à ne pas oublier pour éviter les gaffes : ne jamais faire confiance à l’informatique !

Ceci n’est qu’une infime partie des erreurs des journalistes nordistes… Si vous en avez d’autres, les commentaires sont là pour vous. Et comme vous le remarquez, nous ne citons pas les noms des confrères ou journaux : personne n’est jamais à l’abri d’un plantage…

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