TOUTE PREMIÈRE FOIS

Réflexions Par | 09H00 | 02 décembre 2014

Qu’a fait Patrick Kanner de ses cent premiers jours de ministre ?

Patrick Kanner n’est pas Napoléon, mais cent jours à la tête d’un ministère (c’est cette semaine), ça se fête. DailyNord a regardé ce qu’a fait l’ex-Président du Conseil Général du Nord du début de ses nouvelles fonctions.

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Bonne nouvelle : Patrick Kanner a appris à tirer à l’arc. Pour mieux dégommer ses meilleurs ennemis dans la région ? Capture d’écran de son compte Twitter.

C’était la surprise du chef. En tout cas pour les Nordistes, parce qu’ailleurs en France, on s’en fout, ou presque. « Patrick Kanner est sorti de l’ombre » écrit ainsi RTL le 26 août, le jour où le remaniement Valls 2 précipite quelque peu la rentrée politique. La biographie de l’un des deux entrants au gouvernement (avec Emmanuel Macron) s’étale dans la presse. Plus jeune adjoint de Pierre Mauroy, président du Conseil Général, chanteur d’opéra à ses heures, etc… mais ce n’est pas ça qui retiendra l’attention. Plutôt une première petite polémique : quelques jours avant son entrée surprise au gouvernement – qu’il a appris depuis Bruxelles, Patriiiick comme l’appelle avec amour le blogueur Pascal Cobert, tweetait :

Oups. Si cette série de tweets ne passe pas inaperçue (Le Figaro par exemple), c’est ensuite le symbole de son entrée au gouvernement qui est analysé. Pensez-vous donc, la prise d’un « ami » de Martine Aubry par Manuel Valls et François Hollande, ça sent le pied-de-nez. La galaxie nordiste aubryiste sonnera d’ailleurs très vite la riposte : Patrick n’est pas si proche que ça. Un bon début.

Le 7 novembre : jour de consécration médiatique

Parce qu’après, c’est morne plaine… Ou presque. Enfin, soyons juste, c’est pas la faute de Patrick Kanner. Ça tient plutôt au ministère qui n’est pas le plus exposé possible. Déjà par son intitulé qui ressemble à un vaste fourre-tout : Ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports. On retient d’ailleurs plus aisément que Patrick Kanner est ministre des Sports comme six de ses collègues en sept ans. « Un ministère voiture-balai » jugeait d’ailleurs l’un de ses prédécesseurs, Jean-François Lamour… Preuve de la relative importance du nouveau poste de notre ancien Président du Conseil Général du Nord, il faudra attendre plusieurs semaines pour l’entendre enfin à des heures d’écoute sur les grandes radios nationales. Le 7 novembre, plus exactement. Mais là, ce fut un véritable feu d’artifice : RMC et Bourdin le matin, Europe 1 et Bouchart (Wendy pas Natacha) le midi, RTL et le couple Vincent Parizot/Christelle Rebière à 13h. Qu’avait donc fait Patrick pour mériter une telle reconnaissance médiatique ? Le président de la République venait d’annoncer son fabuleux service civique la veille sur TF1, il fallait donc un soldat – qui l’avait accompagné quelques jours auparavant lors de son voyage en terre canadienne – pour le défendre.

Tweeter, inaugurer, féliciter…

Bon, plaisanterie mise à part, qu’a-t-il donc fait ? Tweeter, ça c’est sûr. Plus de cent cinquante fois en trois mois quand il n’en avait fait que 300 sur un an et demi. Il a aussi félicité pas mal de sportifs, de Teddy Riner à Pauline Ferrand-Prévot (championne du monde de cyclisme, nous sommes sûrs que vous l’ignoriez). Il a inauguré aussi : un musée national du sport à Nice et le nouveau Stade Vélodrome de Marseille. On l’a vu aussi – comme tous les ministres issus du Nord-Pas-de-Calais – beaucoup dans la région : Braderie de Lille, inauguration de collèges, matchs de foot au stade Pierre Mauroy, finale de la coupe Davis, obsèques du jeune hockeyeur de Dunkerque…Un agenda de ministre des Sports qui ne lui permettra pas de faire beaucoup d’exercice, lui qui attendait comme cadeau un vélo elliptique de son ancien cabinet, confiait-il au Monde (il s’est d’ailleurs entouré de proches, comme Daniel Zielinski à la direction de cabinet parisien).

… et faire une – petite – bourde

On aura aussi guetté sa réaction sur plusieurs dossiers : le feuilleton Luzenac, club de National à qui l’accession a été refusée en Ligue 2, le cadeau fiscal pour l’Euro 2016, la candidature souhaitée par François Hollande aux Jeux Olympiques de 2024, etc. Avec une constante : ménager la chèvre et le chou, de façon très consensuelle, histoire de ne se fâcher avec personne, au point de faire une sortie très maladroite sur l’exil des tennismen français en Suisse : « Je pense que, quand on est français, on devrait plutôt rester sur le territoire national, mais je ne juge pas. C’est un choix personnel. Eux ont fait d’autres choix, mais restent de très grands sportifs. S’ils nous rapportent la Coupe Davis, personne n’ira regarder où ils paient leurs impôts. Et ils seront les bienvenus s’ils veulent revenir en France. » Que dire maintenant qu’ils ont perdu la finale ? À noter également sa dernière sortie sur le RC Lens où le Ministre des Sports français appelle à l’aide… l’Azerbaïdjan (relire notre vite dit).

Les grands dossiers attendront

Pour les grands dossiers portant son sceau, en revanche, il faudra encore attendre. Patrick Kanner a bien bossé sur le CV anonyme avec son confrère au ministère du Travail, François Rebsamen, veut transformer les zones franches urbaines (ZFU) en « territoires entrepreneurs », devenir « le ministre de la reconnaissance du secteur associatif », mais il n’y a pas grand chose à se mettre sous la dent. Il a aussi présenté son budget sport pour 2015 avec de grandes orientations… qui vous feront sourire : « favoriser le sport pour tous et lutter contre les inégalités d’accès à la pratique sportive, pour faire du droit au sport une réalité (27 millions d’euros prévus à cet effet) ; Promouvoir le sport comme levier incontournable de santé publique (19 millions d’euros) ; Adapter la stratégie du sport de haut-niveau, 2015 étant l’année précédant les Jeux Olympiques et Pralympiques de Rio (174 millions d’euros) ; Préserver la sincérité des compétitions sportives et de leur éthique ; Développer l’économie du sport et de l’emploi dans les métiers du sport et de l’animation (28 millions d’euros hors CNDS). » Tout un programme.

De quoi se dire, finalement, que sa vraie victoire, c’est finalement d’être devenu… un poids-lourd dans la région, ce qui n’est pas négligeable quand on connaît la fragilité d’un poste en région parisienne. Ça sert à ça aussi d’être ministre. N’est-ce pas Frédéric de Boulogne ?

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