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2014, les gagnants et les perdants 2015 Année terrible…

Petit théâtre de Martine Aubry | Région Par | 24 décembre 2014

2014 n’a pas été perdue pour tout le monde, certains tirent bien leur épingle du jeu, d’autres se sont faits discrets, quelques-uns se sont pris des claques, et 2015 s’annonce encore plus agitée. La boîte à gifles et la boîte à bonbons sont ouvertes. Joyeux Noël.

Paire de claques. Michel-François Delannoy-Michel Delebarre-Pierre Dubois. La grande dégringolade socialiste. Ces trois-là ont beaucoup perdu et se souviendront des municipales de cette année. Ils ont été sortis respectivement de leur mairie de Tourcoing, Dunkerque et Roubaix. L’ex-maire de la ville de Jean-Bart pourrait encore donner de la voix en 2015 comme il s’est fait remarquer récemment au Sénat en tentant vainement de contrecarrer la réforme territoriale. Les deux autres s’opposeront à leurs vainqueurs.

Bernard Gérard. Le sympathique député-maire de Marcq-en-Baroeul n’a rien vu venir à la communauté urbaine de Lille métropole où il s’est présenté à l’envers tel le bon roi Dagobert et s’est fait remettre à l’endroit. Il n’y a gagné qu’une belle image de héros de Paul Guth. Devrait dérouler en roue libre en 2015.

Marc-Philippe Daubresse. Réélection lambersartoise aux forceps et dans la douleur pour le député et ancien ministre de Raffarin qui peine à enrayer son déclin et qu’un Sarkozy bon prince a repêché également in extremis dans un coin de son organigramme. Pour le contrôle local de l’appareil UMP et les régionales, justement, la bataille s’annonce féroce avec un Gérald Darmanin et un Daniel Fasquelle, les petits nouveaux sur un petit nuage et qui ne se laissent pas impressionner par sa grosse voix.

Demi-claqueMartine Aubry garde Lille. Mais perd la communauté urbaine ou plutôt y pousse un “petit maire”. Et joue à l’augure en surfant sur l’actualité pour mieux tirer les ficelles de l’anti-hollandisme et fustiger la ligne Valls/Macron. Ce qui en agace plus d’un comme le montre les récents déballages de linge sale au sein de la galaxie socialiste locale. Une année en demi-teinte pour l’ancienne patronne du PS  – son lieutenant Gilles Pargneaux, réélu de justesse, a essuyé un mauvais score aux européennes – que d’aucuns dépeignent en Jeanne d’Arc du socialisme pur et dur…

François Lamy. Il est désormais en embuscade, le pote de Titine de Fer, député de l’Essonne et ancien ministre de la ville venu se ressourcer – on n’ose dire réfugier – à Lille, et qui sait ? Pari risqué. Ce qui n’est pas du goût de tous les militants ou les caciques du coin parfois prompts à saboter les parachutes. Question : n’y-a-t-il pas suffisamment de talents du cru pour aller chercher des poids lourds en région parisienne ?

Jean-René Lecerf. En gagnant ses galons de guerrier contre une Martine Aubry imbattable à Lille et qui l’a remis à sa place, le sénateur UMP soutien de Bruno Le Maire a fait entendre sa différence. Un chemin étroit sinon semé d’embûches. Mais s’il conquiert le département du Nord, ses co-religionnaires devront l’écouter. Le premier grand choc de 2015.

Daniel Percheron. Le président socialiste du conseil régional Nord-Pas de Calais semble désormais subir les évènements, lui qui fut le démiurge de son camp qu’il mena si souvent à la victoire. Encore un an, et notre cardinal de Retz s’attèlera à ses Mémoires (je lui demanderai une dédicace), sous les lumières tamisées du Palais du Luxembourg.

Bonbons. Damien Castelain. Carton plein pour le maire de Péronne-en-Mélantois, qui succède à Martine Aubry à la tête de la communauté urbaine de Lille Métropole. Va-t-il en rester là pour 2015 ?

Gérald Darmanin. Avec Patrice Vergriete, le tombeur de Michel Delebarre à Dunkerque, et Guillaume Delbar, le nouvel édile UMP de Roubaix. Tous les trois sont la révélation de cette année. Autant son homologue du littoral et celui du versant nord-est restent discrets dans les appareils de partis, autant le jeune maire de Tourcoing – député depuis 2012, il est vrai – grimpe quatre à quatre les échelons de l’UMP. Et de la politique. Gare à la marche !

Daniel Fasquelle. Sarkozyste du premier rang, à l’instar du député Sébastien Huyghe, porte-parole de l’UMP et qui opère un beau rétablissement après sa déconvenue lilloise, le nouveau trésorier de l’UMP est sur une pente ascendante. Même s’il sera très occupé, à l’évidence, il faudra compter avec le député-maire du Touquet. Le Pas de Calais pourrait s’affirmer terre de reconquête dans les années à venir. Et de choc avec le Front national.

Edouard Courtial. Lui aussi un des jeunes chouchous de la sarkozie, dont il est un des nouveaux secrétaires généraux adjoints. Et 2015 pourrait lui sourire s’il ravit le département de l’Oise aux socialistes. Il deviendrait l’un des hommes forts de Sarkozy dans la nouvelle grande région.

Patrick Kanner. On le met dans les gagnants. Après tout il a bien mené sa barque, le nouveau ministre de la ville et des sports qui va tenter de reprendre son département du Nord en mars prochain. Comme pour son adversaire Lecerf, s’il gagne son pari – c’en est un -, il saura imposer ses vues. Surtout au clan Aubry qui l’a poussé dans les orties quand il est entré au gouvernement.

Emmanuel Macron. Il est souvent venu dans la région cette année, le ministre de l’économie né à Amiens (aujourd’hui, pour sauver la cristallerie d’Arques). 2015 est probablement trop tôt pour lui mais il arrivera à maturité en 2017…(législatives). Saura-t-il rendre populaire d’ici-là la fameuse ligne socio-libérale qui porte presque son nom ?

Karima Delli et Barbara Pompili. Réélue députée européenne pour le nord-ouest et figure de proue à l’Assemblée nationale, elles sont les jeunes espoirs de leur camp EE-LV. Mais elles ne devraient pas jouer un rôle en première ligne pour 2015, mandat unique oblige. Leurs deux collègues lillois Dominique Plancke et Eric Quiquet, qui avaient longtemps animé la scène politique, ont pris du champ.

Steeve Briois. Passé au premier tour, le nouveau maire d’Hénin-Beaumont est une pièce maîtresse du dispositif de Marine Le Pen, qui a fait monter d’un cran la pression après des municipales et des européennes réussies. La chef du FN mesure les avantages et les inconvénients d’un défi régional. 2015, année du grand test pour le FN, avec des élections au scrutin majoritaire, les départementales et à la proportionnelle à deux tours, les régionales. Avant la présidentielle.

Dans les limbes de l’actu

Xavier Bertrand. Songe aux régionales pas seulement en se rasant. Le député-maire de Saint Quentin est passé entre les gouttes de la tempête UMP et du retour à moitié fracassant de Sarkozy. Il attend son heure. Alors ? 2015, l’année Bertrand ?

Jean-Louis Borloo. Semi-retraite  – pour raison de santé – pour l’ancien ministre et ex-maire de Valenciennes, même s’il a défrayé la chronique. 2015…Ne vois-tu rien venir, Jean-Lou ? …

Frédéric Cuvillier. L’ancien ministre des transports et de la mer ne voulait plus bosser sous la férule de Ségolène Royal – qui l’avait rétrogradé au rang de simple secrétaire d’état – et craignait la dérive à droite du gouvernement Valls. Redevenu député-maire socialiste de Boulogne-sur-mer – presque – sans tambour ni trompettes, il pourrait remonter sur la scène des régionales.

Claude Gewerc. Le président socialiste du conseil régional de Picardie ne faisait pas beaucoup parler de lui. Mais il n’en pense pas moins et pourrait jouer sa partition pour les régionales de l’année prochaine. La réforme territoriale et les jeux d’appareil ont fait le reste. Ne jamais réveiller un chat qui dort.

Pierre de Saintignon. (Trop ?) longtemps dans l’ombre de Martine Aubry et de Daniel Percheron, le premier vice-président du conseil régional sait que 2015 est sa dernière chance de décrocher un gros lot. Déterminé, il a débuté sa campagne prudemment. Premier obstacle, remporter la primaire socialiste pour le leadership des régionales.

Dominique Dupilet. L’autre semi-retraite de 2014. L’ancien patron du très socialiste Pas de Calais et qui a beaucoup donné met un terme à ses ambitions. Et évite la grande dégelée attendue dans son camp pour 2015 !

Christian Manable. Le sénateur socialiste a choisi de quitter – prudemment ? – le “perchoir” du conseil général de la Somme. Alors forcément, dans un département longtemps à droite, les appétits s’aiguisent. A droite.

Eric Woerth. Le député-maire UMP de Chantilly et ancien ministre se débarrasse lentement de ses ennuis de justice. Et espère que ce sera définitif. Du coup, Sarkozy ne l’a repris à l’UMP que comme délégué général thématique.

Bernard Roman, Audrey Linkenheld,…Ben, on les a pas trop entendus. Ni vus, d’ailleurs. Ces deux députés socialistes lillois, l’une bébé Aubry, l’autre anti-Aubry, la première cataloguée espoir numéro un, le second longtemps labellisé itou, rongeraient-ils leur frein ? Rien n’est moins sûr.

 

 

 

 

 

 

 

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