Petit théâtre de Martine Aubry | Région Par | 12H37 | 08 novembre 2014

Régionales 2015 : pourquoi Marine Le Pen n’irait pas

Contrairement à ce que l’on croit, Marine Le Pen n’a pas tout à gagner à se présenter aux régionales dans le cadre d’une grande région Nord-Pas de Calais/Picardie. Certes, l’emporter pourrait apparaître comme un marchepied idéal pour la présidentielle de 2017, sa véritable échéance et la “mère de toutes les batailles” comme l’évoquait avec son emphase caractéristique son père Jean-Marie. Montrer au bon peuple de France que la présidente du Front National est apte à blackbouler un pouvoir – de gauche ou de droite, qu’importe – établi depuis si longtemps est tentant. Mais précisément, quel cadeau empoisonné ! Car la future grande région au nord de Paris attirerait sur elle – et son éventuelle présidente – le feu des medias et l’attention de l’opinion qui scruterait alors la moindre décision, le plus petit indice qui permettrait de déceler une faiblesse, un reniement, une trahison des idéaux brandis depuis si longtemps et des valeurs affichées du FN. Et ainsi décevoir. Car gouverner un tel établissement public surtout dans un cadre politique dont personne ne peut prévoir l’issue sinon sa complexité et sa fragilité –  l’opposition UMP/PS pourrait se prendre à bloquer toute initiative et jouer la montre…-  ne sera pas une sinécure. Comment MLP et avec quelle majorité tiendrait-elle les rênes du monstre ainsi créé ? Pour faire quoi ? Il est plus facile de conquérir le pouvoir que de l’exercer – et une grande région n’est pas une petite ville. C’est ainsi courir le risque de reproches dont l’accumulation apparaîtrait comme un handicap avant le scrutin présidentiel du printemps 2017, et c’est courir deux lièvres à la fois, ce que l’opinion peut ne pas admettre. A être continuellement en campagne, on risque la surchauffe. Apparaître comme empêtrée localement, un comble pour quelqu’un qui prétend diriger la France ! Elue fin 2015, Marine Le Pen, certes fine politique, et qui ne se priverait pas d’accuser la “clique UMP/PS” pour retourner la situation, argument efficace, aurait-elle le temps et les moyens de confirmer son image de recours national sans écorner dangereusement son capital d’adhésion dans l’opinion ?

Depuis quelques semaines, le nom de Steeve Briois revient dans les conversations comme un futur numéro un FN pour les régionales. Bel atout de rechange pour le parti de MLP que ce conseiller régional et l’un des patrons du FN qui a culbuté le pouvoir sortant de gauche, usé par les affaires, et conquis la mairie d’Hénin-Beaumont sans coup férir. Et qui peut se targuer d’un appareil militant devenu puissant dans le Pas de Calais et s’appuyer sur un réservoir de voix de plus en plus important en Picardie. Une solution qui permettrait à MLP de se débarrasser à bon compte du reproche de cumul ou de chasse au mandat et de contourner l’écueil d’un examen de passage périlleux dont elle ne maitrise pas toutes les données et sûrement pas celle de la répercussion dans l’opinion. Même en cas de défaite, le FN sortirait vainqueur…et l’on ne retiendrait que le score grandissant du FN sur les deux régions, largement au dessus des 30 % si l’on en croit derniers résultats et sondages. Et, pour MLP, de préparer au mieux la grande bataille.

4 Commentaires

  1. En l’état actuel des troupes… euh… comment les qualifier sans paraître méprisant… euh… “inexpérimentées” dirons-nous; du FN, il est évident qu’il vaut mieux pour eux ne pas gagner les régionales qui arrivent.
    Ils feront donc tout pour perdre en donnant l’impression d’avoir gagné. Avoir un groupe conséquent (leur permettant de former leurs cadres futurs) leur suffirait amplement pour le moment.
    Ce qui ne doit pas inciter les partis républicains à ronronner.

  2. D’autant plus que le FN a trié avec soin les collectivités où il pouvaient l’emporter aux dernières municipales. Ainsi ils ont même organisé l’impasse sur certaines villes (Lens ? ) quand certains de leurs candidats ne leur apparaissaient pas au niveau d’une telle responsabilité. Le risque de nuire à la réputation du parti n’était plus acceptable en prévision de 2017. A fortiori pour une grande collectivité comme la super-région NPdC/Picardie, autrement plus complexe à gérer politiquement et techniquement. Il sera certes beaucoup plus facile de perdre en alimentant la ritournelle de l’UMPS. Et en devenant le premier groupe d’opposition du coup. Je pense que l’électorat du FN attend des preuves, donc une victoire ? On appelle ça un dilemme.

  3. Tout á fait mon vote ira alors á l’UMP par depit !

  4. Intéressent de relire cet article un an après…

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