ON A LU POUR VOUS

Réflexions Par | 08H45 | 03 novembre 2014

Presse territoriale : les journaux de collectivités en progrès

Lille Mag, Magazine Nord Département, Mon Nord – Pas-de-Calais, Béthune Mag, quel est le point commun de toutes ces publications ? Elles émanent des collectivités, soit régionales, soit départementales, soit municipales. Ces journaux, autrefois qualifiés de radio-monsieur-le-maire, ont évolué ces dernières années. Plutôt en bien même s’il ne faut pas se leurrer sur l’objectif. Décryptage.

collectivites

Lille Mag, Label Ville Tourcoing, Mon Nord Pas de Calais, Hazebrouck Ma Ville, les magazines de collectivités ne manquent pas dans la région.

DailyNord est déçu. En consultant fiévreusement la presse municipale, nos journalistes se sont rendus compte qu’ils avaient raté leur vie. Une ville moyenne de la région avait l’air d’être The Place To Be cet été. La Une donnait le ton avec le titre : « L’été sera show ! » et ce paragraphe étonnant : « Les XXX (le nom des habitants) en ont pris l’habitude depuis 4 ans déjà : chaque week-end de juillet-août, il se passe quelque chose dans notre Cité avec l’organisation de manifestations familiales et conviviales. Pour réaliser ce petit exploit, les services de la Ville se coordonnent avec les associations, comités de quartier et centres sociaux pour que le rythme de la fête ne faiblisse jamais ! » Un tantinet d’emphase, non ? C’était la tonalité de l’ensemble du canard municipal. Pour le 14 juillet, on vous conviait – en titre s’il vous plaît – à un événement « éblouissant et inoubliable » ; juste en dessous, « Des fêtes de XXX toujours plus belles ! », « Le Cinéma, c’est maintenant ! », « Découvrez le nouveau Guide touristique 2014 ! », « Participez au Ch’ti Bike Tour ! ». Pas de doute, ici, on aime user des points d’exclamation et superlatifs. On remarquera d’ailleurs que quand il faut évoquer des événements moins sympathiques, on emploie plutôt les trois points de suspension : « Le 8 juillet, circulation et stationnement perturbés… », « Un Plan canicule au cas où… ».

Une presse qui prend de l’importance

En 2013, un baromètre de la presse territoriale donnait quelques indications intéressantes sur le comportement des lecteurs. On y apprenait notamment, que pour s’informer sur la vie locale, le magazine de la collectivité était le plus utilisé (84%), loin devant la presse régionale (50%). Presse régionale, qui, comme on peut le voir dans la région Nord – Pas-de-Calais avec La Voix du Nord, délaisse peu à peu la micro-locale d’antan. Ceci explique peut-être un peu cela et en tout cas, la presse municipale hérite d’une nouvelle manne d’informations qu’elle est désormais la seule à traiter.

Pour en revenir au baromètre, disponible par là, Les lecteurs se disaient à 71% satisfaits du traitement de la vie culturelle, des loisirs et des sorties dans leur magazine, mais n’étaient plus que 51% à estimer que la vie politique locale, les actions des élus et les débats étaient suffisamment traités.

Ma binette partout, c’est presque fini, enfin pas tout à fait

Que le service communication de cette ville – dont nous n’avons pas cité le nom par charité médiatique – nous pardonne… C’est tombé sur eux, ça aurait pu aussi tomber sur quelqu’un d’autre. Car ces dernières années, la presse dite de collectivité s’est particulièrement développée sur le territoire. Outre les collectivités régionale et départementales, presque chaque commune d’une taille d’au moins 10 000 habitants a son propre journal municipal, distribué dans les boîtes à lettres de la commune ou téléchargeable sur internet. Pour info, en France, 150 millions d’exemplaires sont distribués chaque année dans la famille « presse de collectivité ». Une vraie mode qui permet à la majorité en place de délivrer une information sur la ville, sur “sa” ville.

Avec le biais de radio-bobine-m-le-maire ? Après les élections municipales, DailyNord avoue avoir eu peur. Sur les vingt-quatre pages que comptait la première Béthune Mag version Gacquerre, en juin, on comptait une dizaine de photos du jeune élu au bas mot. Dans le premier numéro d’Hazebrouck, ma ville, Bernard Debaecker était là six fois sur quinze pages. Dans MEL, la revue new look de Lille Métropole Communauté Urbaine, publiée il y a peu, Damien Castelain aime aussi se mettre en scène : il fait la une, on le voit aussi sept fois au fil des vingt-quatre pages. Une manière de marquer son territoire certainement, car quand les élus ont un peu plus de bouteille, en général, les photos deviennent moins bien nombreuses. Martine Aubry n’apparaissait que trois fois en environ soixante pages dans le numéro d’été de Lille Mag, soit autant que la bobine pourtant si photogénique de Patrick Kanner, ex-président du Conseil Général, dans le numéro d’août du Magazine Nord Département. A Tourcoing, Gérald Darmanin ne s’offrait que deux photos dans le Label Ville de Tourcoing, et preuve que certains avaient peut-être déjà compris que ça faisait trop, Bernard Debaecker n’était plus présent que deux fois dans la livraison de septembre du magazine hazebrouckois.

« La période radio-monsieur-le-maire est terminée, juge Bernard Deljarrie, délégué général de Cap’Com, réseau national de la communication publique. Il est vrai qu’à une époque, les journaux étaient réalisés sur un coin de table par le maire, le directeur de cabinet et le directeur de communication, mais ce n’est plus le cas ». Franck Périgny, rédacteur en chef du magazine Nord le Département confirme, lui qui a connu cette évolution : « Quand j’ai commencé en 94, je me souviens de la réunion du jeudi à 8h30, où le directeur de cabinet regardait les papiers et les jetait ou pas, sans explication. Aujourd’hui, on est loin de ça ! On fait même très attention justement à la représentation de l’élu dans le journal. Tout en notant qu’il n’est pas le diable non plus. » Henri Cugier, ex-journaliste à La Voix du Nord, passé du côté du journal municipal de Harnes dans le Pas-de-Calais les dernières années de sa carrière, aujourd’hui retraité, modère néanmoins : “Il ne faut quand même pas se leurrer : c’est toujours une presse de communication au service de l’élu. Vous êtes le porte-voix de la majorité en place.

Pendant la période électorale, peu de débordements

Les élections, une période dangereuse pour le journal municipal qui pourrait servir de caisse de résonance pour afficher son programme ? « Je trouve que cette année, les élus ont été plutôt timorés d’ailleurs, s’amuse Bernard Deljarrie, de Cap Com’. Je pense qu’ils avaient tellement peur de faire un impair qu’ils ont parfois supprimé les éditos municipaux ! » C’était par exemple le cas à Hénin-Beaumont, avec l’ex-maire Eugène Binaisse, qui pour « éviter tout litige » décidait en mars « de l’arrêt momentané des éditoriaux et des tribunes d’expression libre ». Reste que la limite de l’exercice est plutôt tenue. Il suffisait d’être un peu alerte pour voir qu’en 2013, quelques gazettes municipales se transformaient en exercices de bilans déguisés.  A Tourcoing, en mars cette fois-ci, Michel-François Delannoy ne faisait pas référence à la campagne électorale. Mais on ne peut s’empêcher qu’un dossier sur les entreprises qui innovent dans la ville pouvait servir implicitement à servir son action. Et en même temps, devait-il s’interdire d’en parler? Pas de polémique, l’élu a été battu…

Les plus grandes collectivités ont adopté le style «journaliste»

Les journaux de collectivités auraient-ils évolué ces dernières années ? Force est de constater que l’on trouve moins de bobines d’élus, moins d’articles d’auto-célébration, en tout cas, dans les collectivités d’importance. Aujourd’hui, lorsque vous parcourez le magazine du département du Nord, de la capitale des Flandres, de la Cité du Broutteux,  ou du Conseil régional, vous trouvez même des articles qui ne jureraient pas dans une édition locale de La Voix du Nord, que ce soit sur le fond ou sur la forme. Cet été, le magazine du département du Nord proposait par exemple un papier sur les extraterrestres de Quarouble, un autre sur le patrimoine de Douai, un troisième sur un expatrié ch’ti en République Tchèque. Dans Lille Mag, les angles et traitement de papiers sont variés et font furieusement penser aux enseignements d’école de journalisme : trois questions à, interviews, micro-trottoirs, heure par heure, etc. On y trouve même une page à destination des enfants. “Ça, c’est tout le talent des rédacteurs, estime encore Henri Cugier. C’est ce qui fait la différence, on donne l’impression que ce n’est pas de la communication, donc, ça veut dire que c’est réussi.

Une réussite due en grande partie aux journalistes. Crise de la presse traditionnelle aidant, développement – à outrance – de la communication, on ne compte plus les anciens gratte-papiers qui ont rejoint en tant que salariés la presse de collectivité, quand celle-ci ne fait pas appel à des journalistes indépendants. « Les premières arrivées massives datent d’une quinzaine d’années, note Bernard Deljarrie. Ces journalistes ont amené du fond, des portraits et des interviews ». Du côté du magazine Nord le Département, plusieurs des journalistes ont oeuvré en presse quotidienne ou ont fait une école de journalisme, confirme Franck Périgny. Ce qui explique selon lui l’évolution des magazines, du traitement des papiers et d’une plus grande distanciation avec la communication frontale. « Les élus ont voulu acquérir les compétences des journalistes, maintenant ils doivent assumer. » Comprendre qu’en face de lui, maintenant, un élu qui voudrait afficher sa bobine ou que l’on fasse à tout prix un papier sur l’inauguration de la crèche du centre d’équitation, trouve en face du répondant, avec des arguments professionnels. « Mais en même temps, vous savez, les élus ont aussi changé. La nouvelle génération comprend ces usages ».

Pour l’autocritique, c’est pas encore ça

Bon, faut pas rêver non plus. A consulter quelques-uns des magazines publiés dans la région, on n’a pas trouvé non plus de critiques acerbes sur sa propre collectivité ou sur les décisions votées lors du dernier conseil municipal. Un peu d’autocritique ne fait pourtant pas de mal, juge Bernard Deljarrie. « Ces dernières années, on était dans la phase un peu « city mag », avec la vie locale, les associations, les travaux. Aujourd’hui, on sent que l’on revient là-dessus pour se diriger vers un journal qui raconte les politiques publiques. Mais il faut le faire astucieusement. En n’hésitant pas aussi à faire parler des gens critiques. » Et ne pas s’autocensurer ? : « Je lutte contre l’autocensure, fait Franck Périgny. Notre rôle est de proposer le meilleur texte possible. Je me souviens qu’il y a quelques temps, on avait fait un dossier sur un établissement qui avait des problèmes de fonctionnement. On a exposé les critiques. Le dossier est paru librement, sans retouche. C’est aussi avec de telles attitudes que l’on obtient une plus grande crédibilité au niveau des lecteurs. » Le rédacteur d’un journal d’une ville de Pas-de-Calais de moins de 10 000 habitants (dont nous tairons encore une fois le nom par charité médiatique, parce que nous sommes sympas aujourd’hui !) devrait peut-être s’inspirer. Il y a quelques mois, pour la remise des médailles du 1er mai, il citait les heureux récipiendaires. En oubliant opportunément de noter qu’ils étaient maire, femme de maire, premier adjoint. La preuve que, comme dans notre exemple initial sur cette ville où il fallait être cet été, tout le monde dans la presse territoriale n’a pas encore réussi sa mue.

Franck Périgny, rédacteur en chef de magazine Nord le Département : “Nous ne sommes pas cartés !”

DailyNord : Estimez-vous que les journaux de collectivités se sont améliorés ces dernières années ?

Franck Périgny : Je pense que c’est comme pour tous les services du Département, où on a désormais des ingénieurs, des architectes, des professionnels qui n’ont rien à envier au privé. Les gazettes se sont aussi professionnalisées en embauchant des gens issus de la presse ou de formation journaliste. La qualité du produit est supérieure, c’est une tendance générale de la presse territoriale.

DailyNord : Bon, vous êtes quand même carté PS ?

Franck Périgny : Evidemment, non ! Nous ne sommes pas cartés et on ne nous demande pas de garantie. J’ai d’ailleurs été embauché en 1994… quand le conseil général était à droite. Je suis toujours là !

DailyNord : Ça représente quoi le Nord en terme de budget et de distribution ?

Franck Périgny : La diffusion et l’impression coûtent un million d’euros, pour 1 150 000 exemplaires. Il y a eu un profond changement il y a un an. Nous proposions onze numéros par an en six éditions (par arrondissement). Désormais, il n’y en a plus que six, pour aussi, comme la presse classique, s’adapter aux dépenses, jouer la complémentarité avec internet, qui limite les coûts.

DailyNord : Je suis élu, je veux être cité dans le journal du Conseil général. Je vous appelle ?

Franck Périgny :  Si l’élu apparaît, c’est qu’il a quelque chose à dire, qu’il apporte quelque chose au dossier. Mais finalement, les élus ne nous appellent pas directement : ils contactent le directeur de cabinet, qui fait office de filtre, et ce n’est pas plus mal. Nous avons une liberté, même si bien sûr je n’oublie pas que nous sommes au service du conseil général. Nous proposons nous-même le sommaire,  validé par la direction de la communication et le cabinet du Président. Ensuite, on réalise nos reportages, et il y a bien entendu une phase de validation.

Henri Cugier, ex-Voix du Nord, ex-responsable du journal municipal de Harnes : ” vous êtes le porte-voix de vos patrons”

DailyNord : Pensez-vous que la presse de collectivité a évolué ?

Henri Cugier : Sur le fond, non. Je pense qu’il faut garder à l’esprit que c’est toujours une presse de communication. Vous savez très bien pour qui vous travaillez, vous êtes le porte-voix de vos patrons. La différence avec la presse quotidienne régionale est que pour celle-ci les premiers retours viennent des lecteurs, tandis que pour la presse de collectivité, les premiers lecteurs sont le maire et le directeur de cabinet. La ligne éditoriale est clairement déterminée, la marge de manoeuvre est réduite.

DailyNord : Cela veut dire que tout est orienté ?

Henri Cugier : Oui. A part pour ce qui concerne la vie purement locale, où là, on a les mêmes papiers qu’en presse traditionnelle. Pour le monde associatif, les événements, c’est le même traitement, la même écriture.

DailyNord : On a quand même l’impression que les journaux se sont améliorés sur la forme…

Henri Cugier : C’est le talent des rédacteurs qui fait la différence. Et si ça ne se voit pas, ça veut dire que l’opération de communication est réussie. Mais au fond, il y a toujours le regard du maire, du directeur de cabinet. Qui ont un but : être réélus. Ces journaux leur servent à ça. Après, c’est fait de manière plus ou moins adroite. Et exposer des critiques en début de papier est justement un moyen adroit d’asseoir sa démonstration ensuite. Tout est une question d’habilité.

DailyNord : Vous avez connu les deux facettes : la presse traditionnelle, la presse de collectivité. Cette deuxième famille ne prend-t-elle pas de plus en plus la place de la presse quotidienne régionale sur la question de la microlocale, abandonnée peu à peu?

Henri Cugier : C’est un argument qui peut expliquer son succès. Mais le processus n’est pas nouveau. Ça fait 20 ou 30 ans que l’on enlève peu à peu la microlocale à la PQR.

2 Commentaires

  1. Cette forme de communication ne répond pas selon moi à une réelle attente des citoyens. Je considère que l’absence de critiques sur l’action municipale est un mensonge par omission caractérisé. Que par conséquent l’équipe d’opposition devrait avoir un droit de regard systématique sur le contenu des supports. Cela évitera bien des débordements : photos truquées, Maire et équipe municipale surexposés, choix des associations ou entreprises mises en avant.
    Concernant les journalistes qui rédigent les différents articles. Si l’un d’entre eux a déjà rédigé un papier critique à l’encontre du maire est que ce papier est paru. De grâce, envoyez le à Dailynord que nous puissions découvrir cette pépite.

  2. Dans ce face à face, PQR et publications municipales, c’est le lecteur qui est floué. La PQR s’appauvrit comme la presse nationale d’ailleurs. qu’on regrette le format ancien de VDN avec une immense surface par article redigé par des plumes aguerries ! Place aux stagiaires qui ne connaissent rien de l’histoire du quartier où ils interviennent.
    Et quand on a la brochure municipale en main, plus l’aspect technique s’ameliore, quadri partout, definition elevée des photos, moins le redactionnel compte… aah ce style tarabiscoté pour faire trendy genre revue de coiffeurs. Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, les trains arrivent à l’heure et les papys etaient contents du contenu du colis de Noel. Soporifique.

    IL faut aller voir aux archives municipales de la ville de LIlle : Les vieux numeros de la brochure municipale de Lille vers 1975, version Mauroy pas encore elephant ou Raminagrobis donnent le tournis tant il y a d’infos bien tournées et de chiffres dans des articles où personne ne savait ce que c’etait de la com en français basique.

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