DEFAITE

Petite histoire Par | 08H00 | 24 juillet 2014

Les grandes batailles du Nord-Pas-de-Calais (4/8) : Azincourt, le 25 octobre 1415

Durant la Guerre de Cent ans, le Pas-de-Calais n’a évidemment pas été épargné. Près d’Azincourt, dans une clairière, le 25 octobre 1415, débute une bataille entre armée anglaise et troupes françaises. Le royaume de France ne réussira pas à rafler Calais aux Anglais. Et sa défaite sera cuisante.

La bataille d'Azincourt a été l'une des plus cuisantes défaites de la chevalerie française au cours de la guerre de Cent ans. Crédit Miniature du XVe siècle tirée de Wikipédia.

La bataille d’Azincourt a été l’une des plus cuisantes défaites de la chevalerie française au cours de la guerre de Cent ans. Crédit Miniature du XVe siècle tirée de Wikipédia.

Henri V vient de monter en 1413 sur le trône d’Angleterre. Et comme il est d’humeur belliqueuse, il va trouver une raison pour attaquer la France. Le jeune monarque espère ainsi asseoir sa légitimité et éviter des conspirations dans son propre camp. Pourquoi ne pas demander au roi de France que la majeure partie de la côte atlantique soit annexée et que Catherine, la fille du roi Charles VI, lui soit accordée en mariage moyennant une dot élevée ? Aussitôt pensé, aussitôt fait. Grosso modo, l’Angleterre réclame donc tous les territoires perdus depuis… près de deux cent ans ! Le roi de France refuse, ce qui ce comprend, ce qui donne du coup à Henri V une très bonne raison de s’attaquer à la France.

D’Honfleur à Azincourt

Ni une, ni deux, Henri V envahit en août 1415 la Normandie, en se positionnant avec 10 000 hommes dans le port d’Harfleur avec la ferme intention de conquérir Paris, grâce à la Seine. Sauf que l’armée française n’arrive pas à venir en secours de la ville assiégée : dans l’entourage du roi de France, les Armagnacs et les Bourguignons sont trop occupés à s’entredéchirer, ayant comploté tour à tour avec l’Angleterre. Charles IV réussit tant bien que mal à mettre en place une offensive en octobre. Mais trop tard, les troupes du roi d’Angleterre veulent filer “à l’anglaise” : ils sont en route pour Calais, appartenant à l’Angleterre depuis 1347. Espérant bien mettre sur pied une attaque au printemps, histoire de laisser passer l’hiver.

Manque d’évolutions techniques

C’était sans compter les troupes françaises qui vont barrer la route à l’envahisseur au niveau d’Azincourt, le 24 octobre 1415. C’est dans une clairière entre Fruges et Hesdin, près du village d’Azincourt que va se jouer l’une des plus cuisantes défaites de la chevalerie française au cours de la Guerre de Cent ans. D’une part, l’armée française est menée par Charles 1er  d’Albret, un Armagnac qui a crû bon se passer des services des Bourguignons. Le duc de Bretagne est aux abonnés absents. Et personne n’est d’accord sur la stratégie à adopter. Pour en rajouter (on est quand même dans le Nord-Pas-de-Calais), la pluie tombe à verse. Alors que les Anglais se protègent sous la tente, les chevaliers français en sont quitte à affronter les éléments, pour veiller sur leurs montures. Au petit matin, la clairière n’est plus qu’un immense terrain boueux. Mais impossible de faire demi-tour, le face-à-face est lancé.
C’est Henri V pour les Anglais qui dégainera le premier, en fait avancer son armée vers les troupes françaises. Une proximité qui met nos aïeux à portée des arcs anglais. Encerclées, les troupes de Charles 1er d’Albret se voient dans l’obligation de contre-attaquer. Mais le terrain devenu boueux leur complique la tâche. Les chevaux s’enfoncent sous le poids des cavaliers trop chargés. Il en est de même pour les hommes à pied, munis d’artilleries bien trop lourdes, qui se retrouvent bloqués pas à pas par le terrain. Les Anglais en profitent et pénètrent les rangs français et capturent une majorité des hommes en place.

Une défaite française

Même si les troupes françaises étaient bien plus nombreuses (entre 13 500 à 18 000 combattants français, bien que le nombre exact n’est pas connu) contre 10 000 anglais dont 6 000 archers, la bataille d’Azincourt s’est donc soldée par une des plus cuisantes défaites pour le Royaume de France. Et pas des moindres : 6 000 compatriotes tués, contre 1 000 à 1 500 sujets anglais. Six princes de sang royal ont trouvé la mort et de nombreuses familles nobles de la région seraient totalement anéanties. Charles 1er d’Albret y perdra d’ailleurs la vie. Les prisonniers seront exécutés sommairement. La défaite est humiliante, faisant tomber l’idéal chevaleresque à la française, pointant du doigt les techniques de combat moyenâgeuses.

Six siècles plus tard, qu’en reste t-il ?

Aujourd’hui à Azincourt, il reste le Centre historique médiéval, depuis 2001. Parce que cette bataille est « importante dans l’histoire de France, d’Angleterre mais aussi de l’Europe », explique Christophe Gilliot, directeur du musée, devenu aussi lieu de pèlerinage pour les Anglais. « La bataille est considérée, dans l’histoire britannique, comme le point de départ du sentiment national anglais ». A tel point que Shakespeare lui-même s’en inspirera pour raconter la vie du roi à travers sa pièce Henri V. Pour l’anecdote, la seule ombre portée au tableau de la victoire des Anglais, est le vol de la couronne d’Henri V, restée à l’arrière du champ de bataille et chapardée par des pillards.  Evidemment, les Français ne voient pas forcément les choses de la même façon. La communication du Centre historique médiéval d’Azincourt envers nos compatriotes étant plutôt axée sur la Guerre de Cent ans, en prenant soin d’éviter « l’aspect défaite ».

Retrouvez tous les épisodes de notre séries Les Grandes batailles du Nord – Pas-de-Calais.

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