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DailyUne Par | 07H45 | 26 juin 2014

Drocourt : une mort qui pose question sur la sécurité d’un site SEVESO

Le groupe pétrolier Total a-t-il vraiment pour objectif numéro 1 la sécurité ?” C’est la question que pose un tract intersyndical de CCP Composites (ex-Cray Valley), usine fabriquant de résines polyesters basée à Drocourt. En mai, un salarié est mort, a priori de façon naturelle selon la direction, sur le site sans que personne ne s’en aperçoive. Selon les syndicats, cet accident semble révéler une faille dans le système de surveillance de l’usine chimique, filiale du groupe Total et classée SEVESO seuil bas.

CCP-COMPOSITES

Retour sur les faits. Le 29 mai dernier, jour férié, un technicien d’exploitation, travaillant sur le cycle 6h-14h, effectue une ronde de sécurité dans la matinée. Mais ne revient pas. Personne alors ne se soucie de ne pas le voir reprendre son poste ou sortir de l’usine. Aucune alerte n’est donnée jusqu’à ce que la famille elle-même s’inquiète et appelle vers 15h. CCP Composites rappelle l’épouse une heure après en affirmant que l’homme avait bien quitté l’usine. Sauf qu’un collaborateur signale la voiture du technicien d’exploitation, toujours garée sur le site. Les recherches commencent alors plus sérieusement avec quelques salariés postés l’après-midi. Qui retrouvent le corps vers 17h, soit probablement sept heures après sa mort.

Une enquête de police est en cours pour déterminer précisément les circonstances de cette mort, qui s’apparente à un décès d’origine naturelle“, indique à DailyNord Lionel Gernolle, directeur de l’usine CCP Composites à Drocourt. Reste à savoir pourquoi un corps inanimé est resté aussi longtemps sans signalement sur le site SEVESO. “Nous avons suivi la procédure habituelle à savoir mettre en place une cellule psychologique puis entamé l’étude des missions de ce poste afin de mettre en place des mesures d’amélioration“, poursuit la direction.

Déjà un cas du même type en 2012

Pour les syndicats, « il n’est absolument pas normal que CCP Composites ne soit pas capable, sur un site SEVESO, de savoir qui est dans l’usine ou qui n’y est pas », lâche un salarié, pointant du doigt directement les manques d’effectifs dédiés à la sécurité du site. De son côté, la direction assure attendre les résultats de l’enquête de police pour mettre en place un plan d’action, assurant au passage que “la ronde de sécurité, qui consiste en une marche autour du site, ne présentait aucun danger lié à la production“. En janvier 2012, un responsable de sécurité avait été retrouvé pendu en début d’après-midi sur le site alors qu’il semblait s’être suicidé le matin même. « Demain, est-ce que ce seront nos voisins qui nous préviendront d’un départ de feu ? », questionne-t-on amèrement au sein de l’usine, numéro 1 sur le marché mondial des composites thermodurcissables.

Intentions de la direction

« Le Comité Hygiène Sécurité et Conditions de Travail (CHSCT) s’attendait à être réuni dans l’urgence par l’employeur comme le prévoit la loi », souligne un tract intersyndical (Sud Chimie, FO, CGT), ce qui n’a pas été le cas. Une réunion extraordinaire a finalement été organisée le 11 juin. “Nous travaillons avec le CHSCT à l’étude de ce poste pour améliorer la sécurité de cette mission“, a assuré de son côté la direction. Les syndicats ont de leur côté décidé de missionner unilatéralement un expert agréé afin de réaliser une étude  sur les carences en sécurité du site.

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