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Réflexions Par | 07H20 | 29 avril 2014

Restes de municipales (4) : le business des locaux de campagne

La campagne pour les élections municipales a aussi fait le bonheur des propriétaires de locaux vacants et des agences immobilières. Dans les grosses villes de la région, de nombreux candidats ont accepté de payer le prix fort pour avoir un QG central.  Même si peu à peu, les habitudes liées au sacro-saint “local de campagne” ont semblé changer. Et que fait-on de son local une fois l’élection terminée ? C’est le quatrième et dernier volet de notre dossier “Restes de Municipales”.

locaux-campagne

Le local de campagne de Guillaume Delbar, quelques heures avant qu’il ne devienne maire de Roubaix. Un local sur la Grand’Place juste à côté de la mairie. Photo : DailyNord.

 

Voilà, c’est fini. Terminés les locaux de campagne. Exit les réunions endiablées jusque tard le soir. Adieu les permanences des militants. La plupart des candidats ont rendu les clefs. A Arras, François Desmazières, candidat de la liste “Les Citoyens s’engagent”, n’avait de toute façon pas le choix. Son quartier général de campagne, situé au coeur de la ville, lui coûtait près de 1000 euros par mois. Pour le financer, il a avancé les loyers de sa poche, aidé par quelques dons de militants. En attendant d’être remboursé par l’Etat de la moitié de ses frais de campagne.

Une mise en valeur de locaux… jusqu’alors difficiles à vendre ou à louer

Pour le propriétaire du 16 rue des Balances à Arras, louer ce local vacant à un politique pour six mois s’est révélé gagnant sur toute la ligne. Non seulement il a encaissé un confortable loyer mais son bien a bénéficié d’un coup de projecteur inouï. Depuis que la précédente agence immobilière avait quitté les lieux, aucun acquéreur ne s’était présenté pour acheter le bien. “Finalement, l’immeuble a été vendu quelques semaines avant les élections”, précise François Desmazières. De là à y voir un lien de cause à effet…

L’INTÉGRALITÉ DE NOTRE DOSSIER “RESTES DE CAMPAGNE”

Quel “après” psychologique pour les candidats ? Lire cet article

La tranquillité retrouvée des marchés. Lire ce reportage.

Et soudain la twittosphère est redevenue plus calme. Lire cet article.

Le business des locaux de campagne. Lire cette enquête.

Un remplissage bénéfique pour les porte-monnaie

Dans les grandes villes, la plupart des locaux de campagne étaient  souvent d’anciens commerces en attente d’un repreneur. Louer des QG des candidats reste une solution de remplissage pour les agences immobilières comme pour les propriétaires. “C’est un type de location particulier. Les baux précaires signés n’excèdent en général pas six mois”, confirme l’agence lilloise Arthur Lloyd. Le principe, c’est en effet de louer les locaux sur une courte durée (et peut-être même au prix fort) tout en continuant à les proposer à la vente ou à la location. Business is business : on ne perd pas de temps, le remplissage temporaire rapporte quelques centaines ou milliers d’euros par mois. C’est toujours ça de pris en attendant de trouver mieux.

Sauf que les comptes bancaires des candidats, surtout indépendants, ne sont pas un puits sans fond. Jacques Mutez, ex-candidat Radical de Gauche, en a fait la désagréable expérience. En s’installant dans un ancien dépôt de pain de la rue Solférino à Lille, il a dû se résoudre à rendre le local avant même la fin de la campagne (peu de temps après son inauguration en fait). Le loyer était bien trop cher, apprenait-on dans La Voix du Nord. Et les perspectives des urnes pas assez élevées.

Solution radicale : pas de local de campagne

Reste que durant la campagne 2014, de plus en plus de candidats ont opté pour une solution radicale : ne pas installer de QG du tout. A Lille, Eric Dillies a fait faire quelques menues économies au FN en squattant juste une partie de leur permanence lilloise, près de la gare. A Armentières, Michel Plouy avait fait dès le départ le choix de ne pas ouvrir de local de campagne. “Trop cher, surtout quand on sait que l’Etat va rembourser cette fois-ci un peu moins de 50% des dépenses (NDLR pour les élus ayant dépassé les 5% de suffrages). Nous avons donc investi autrement, à travers un blog et l’impression de plus de tracts qu’il y a six ans”, explique le candidat qui a toujours considéré qu’un loyer n’était pas une “dépense très utile” dans le cadre d’une campagne électorale.

Place à l’innovation : le local mobile

D’autant qu’il peut y avoir quelques dépenses imprévues. Surtout quand les locaux sont vandalisés. Si les personnes qui ont retourné les bureaux et dispersé les tracts de la permanence de Natacha Bouchart, candidate à sa succession à Calais, ont été pris sur le fait, il n’en a pas été de la même histoire pour sa rivale candidate FN qui a reçu neuf coups de marteau dans sa vitrine. D’autres incidents ont eu lieu à Dunkerque, Coudekerque-Branche ou encore Lille. Le business des locaux de campagne a fait aussi le malheur des assurances.

Reste que certains candidats ont  souhaité s’affranchir de toutes ces contraintes pour “innover’. A Ardres, la candidate d’opposition, Véronique Franque a opté pour une… voiture de campagne itinérante, qu’elle stationnait à des endroits stratégiques pour ses permanences. A Béthune, question de standing, l’ancien maire Jacques Mellick a carrément loué…  un mini-bus !

 Gaëtane Deljurie (avec Isabelle Torfs)

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