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RETOUR VERS LE PASSÉ

Ça se passait en février 1914 dans le Nord-Pas-de-Calais

Petite histoire Par | 19 février 2014

Année du centenaire de la guerre 14-18 oblige, DailyNord s’est replongé dans les archives de la presse régionale de l’époque. Après janvier, voici février 1914 entre premières cabines téléphoniques et trafic de confettis. 

L'…cho du Nord (soir)

L’Echo du Nord, en février 1914.

Forcément, à l’heure des smartphones connectés en 4G et aux appels Skype au bout du monde, l’anecdote fait sourire. En février 1914, les premières cabines téléphoniques à paiement préalable sont installées à Lille, Roubaix et Tourcoing. Une vraie révolution pour L’Echo du Nord ! Mais nécessaire. Quelques mois auparavant, Monsieur de Montebello, président de l’association nationale des abonnés au téléphone, dénonçait la situation déplorable du central téléphonique des deux cités industrielles du nord de la métropole, absolument incapables de satisfaire les besoins de ses 2 400 abonnés. ” On va enfin pouvoir téléphoner à Roubaix et Tourcoing, ce n’est pas trop tôt.” Certes.

Mécontentements dans le Nord

Situation tendue à Douai : l’Ecole des industries agricoles est menacée de disparition. Monsieur Raynaud, ministre de l’agriculture, rentre dans le tas en déclarant que l’école coûte trop cher à l’Etat pour un nombre d’élève très faible. «  La disparition d’une école ne peut pas porter beaucoup préjudice à cette région », assure-t-il. L’école de Douai sera transférée en région parisienne afin d’y créer une école nationale. Une bonne polémique dans le Nord – Pas-de-Calais de 1914 : historiquement, l’établissement avait été donné en compensation du transfert de la faculté de Lettres et de Droit à Lille, ce qui explique le mécontentement des Douaisiens. Selon le maire de la ville, Monsieur Bertin, pas question de céder, même s’il veut bien procéder à quelques travaux.  «  La transporter à Grignon c’est risquer gros jeu » affirme t-il. Affaire à Suivre …

Mécontentement également des mineurs à Lens. Les syndicats ont organisé une manifestation, invitant tous les hommes qui descendent au fond à les rejoindre. Une grande manifestation en fanfare a eu lieu contre la loi des retraites. ” Nous ferons aboutir la loi des retraites” lâche Monsieur Cadot, vice-président des syndicats. Mais “le minimum de salaire sera la question la plus difficile à résoudre, car nous rencontrons auprès du Sénat et des compagnies, une violente opposition.”

Dans la rubrique faits divers, je demande…

On vous l’a dit en janvier, L’Echo du Nord, ce sont aussi de nombreux faits-divers. A Lille, une jeune fille est agressée au bois de Boulogne. “Il est vraiment regrettable que cette promenade favorite des Lillois soit désormais, le soir venu, le refuge des Apaches.” Les Apaches apprécieront. Pour résumer, Jeanne se baladait avec son ami lorsque trois individus les ont agressés. Logiquement, le jeune homme, habitant à deux pas, est parti chercher un revolver. Pendant ce temps, les individus ont emmené la jeune fille dans un fossé et l’ont rouée de coups. Au retour de Charles, les complices ont pris la fuite. Jeanne et son compagnon sont ensuite allés au commissariat pour porter plainte. L’un des hommes a été reconnu, il a nié les faits, mais a été écroué.

La délinquance ne semble pas avoir d’âge. Deux jeunes de 10 et 12 ans cambriolent une cabatière (soit une employée de café).” On a beau réprimer crimes et délits, les cambrioleurs font école. On trouve dans la jeunesse d’aujourd’hui des enfants qui n’attentent pas le nombre des années, pour imiter les plus audacieux malfaiteurs.” Après l’école, les deux enfants se rendent à l’étage d’un café et piquent une pendule et quelques objets. Encouragés par ce premier succès, ils recommencent le lendemain matin mais la cabatière les entend. Interpellés par un agent de police, ils n’ont cependant pas dû comprendre la leçon … puisqu’ils volent ensuite la caisse de l’Estaminet Saint Maurice en prétextant avoir fait tomber de l’argent dans la cave pour déjouer la surveillance. Cette fois-ci, nos deux délinquants en culottes courtes sont attrapés par les voisins. ” Maintenant les deux récidivistes sont en prison, gare à la maison de correction.”

“Affreusement broyée (…) On retrouva ses membres déchiquetés (…) La machine était couverte de sang”

En février 1914, un cabaretier est porté disparu. Il a quitté son domicile un vendredi en compagnie de sa nouvelle servante pour aller faire quelques achats. Le soir même,  sa femme donne l’alerte à la police qui retrouve Léontine, la domestique. La jeune femme tente de mentir aux policiers quant à son identité, puis elle déclare finalement qu’elle a perdu l’homme dans la rue. Impossible pour les enquêteurs car l’homme, atteint de rhumatisme, marche difficilement. Face  à l’incrédulité des forces de l’ordre, Léontine fait la déclaration suivante : « j’ai abandonné le vieux rue du Molinel. Je l’ai quitté presque aussitôt après être sortie de chez lui, vendredi après-midi pour le promener. Puis je suis allée dans un cinéma.” Beaucoup de zones d’ombres planent sur cette enquête, la police recherche toujours activement l’homme, d’autant plus qu’un agent l’a aperçu seul cette nuit là. La servante est écrouée.

Pendant ce temps,  Maria Julia Beleghem traverse les voies ferrées, pour gagner du temps. Pas de pot, un train Lille-Paris arrive à pleine vitesse. « La pauvre femme fut surprise pas le train, affreusement broyée, décrit sobrement L’Echo du Nord qui ne lésinait pas dans la poésie. On retrouva ses membres déchiquetés sur une longueur de 300m. Le mécanicien n’avait rien remarqué et s’étonna en arrivant à Amiens que la machine était couverte de sang.

Trafic de confettis au carnaval

Février, c’est aussi depuis la nuit des temps… le carnaval. Comme à Dunkerque, un grand cortège défile rue Nationale à Lille. «  Bras dessus, bras dessous, des couples chantent et dansent tout en lançant des confettis. Certes,  on s’amusait ferme et bientôt le sol avait disparu. » Cette nuit-là, la police dresse des contraventions à des marchands qui tentent de revendre les confettis tombés au sol. En période de crise de 2014, ça ne serait pas un marché d’avenir ?

Retrouvez les autres épisodes de notre série “Ça se passait dans le Nord – Pas-de-Calais en 1914”.

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