Réflexions Par | 08H07 | 14 mai 2013

Daniel Fasquelle-Frédéric Cuvillier : deux politiques qui montent, qui montent, qui montent…

ANALYSE. Déjà un an ! Un an que Frédéric Cuvillier est ministre sous le gouvernement Ayrault. Un an que Daniel Fasquelle, député-maire du Touquet, oeuvre désormais dans l’opposition. En 365 jours, la surface politique de ces deux Boulonnais de naissance ou d’adoption a pris de l’ampleur. Au point de devenir les hommes forts de demain et de rebasculer le coeur politique régional vers le littoral du Pas-de-Calais ?

Frédéric Cuvillier, ministre depuis un an. L’un des poids-lourds de la région, demain ? Photo : Baziz Chibane.

Frédéric Cuvillier et Daniel Fasquelle ont tout pour devenir des starlettes de la politique. Au moins sur le plan local, en attendant une consécration de plus grande envergure. L’un est ministre des Transports et de la Mer, ex-maire de Boulogne-sur-mer, l’autre député-maire du Touquet, station balnéaire connue même des Franciliens. Tous deux sont du Pas-de-Calais, versant littoral. Comme un air de derby. D’autant plus que l’un porte la casaque UMP – patron de ce parti dans le département – l’autre est socialiste, et jeune espoir de son camp qui en a bien besoin pour redonner un peu de lustre au PS. On pense aux affaires qui déchirent les sections socialistes et les communes du bassin minier. Cette année, en plus, l’actualité leur a donné des ailes.  Daniel Fasquelle s’est fait remarquer par son duel en pleine Palais-Bourbon avec un certain Jérôme Cahuzac et a été une figure de proue dans le combat contre le mariage pour tous. S’il existait un baromètre télévisuel des élus nordistes (tiens, tiens, quelque chose à inventer du côté de DailyNord ?), il tiendrait une bonne place. Pendant ce temps, Frédéric Cuvillier est naturellement au coeur du dossier du canal Seine-Nord, vital pour la région et le moindre débrayage à la SNCF le fait passer à la télé. Il se sort sans trop de dommages collatéraux de la crise neigeuse de mars et mène plutôt bien son chasse-neige depuis un an dans les dossiers épineux des transports et de la mer qui parsèment l’Hexagone : lignes de train à grande vitesse, pêche, etc. Le tout sans faire d’éclats : Frédéric de Boulogne est un bon soldat du hollandisme, dont il fut le Monsieur Loyal dans le Pas-de-Calais, ne promettant rien, mais travaillant. En ces temps de politique-spectacle, c’est à noter.

La nature a horreur du vide

Vu de notre prisme régional, l’ascension du quadragénaire (Frédéric Cuvillier) et du tout frais quinquagénaire (Daniel Fasquelle, qui vient de fêter ses cinquante ans), c’est un peu le Pas-de-Calais qui prend sa revanche. Dans le Nord, Martine Aubry ronge son frein et pour combien de temps encore ? Michel Delebarre est en mode roue libre. Bernard Roman et Yves Durand, vieux briscards du parlementarisme, gèrent avec indolence une fin de carrière que l’on veut croire méritée. Dominique Baert est contraint à parler dans le désert après son défi gagnant contre les instances partisanes solfériniennes et lilloises. Il n’y a guère qu’un Rémi Pauvros, député-maire de Maubeuge pour oser prendre l’initiative comme pour la défense du canal Seine-Nord. Audrey Linkenheld semble préférer les coulisses du Palais-Bourbon, là où influence et négociation font et défont les projets de loi (elle fait partie du groupe informel des jeunes députés réunis par Claude Bartolone). Quant à Vincent Léna,  Yann Capet ou Nicolas Bays, autres jeunes pousses apparues depuis un an pour les deux derniers, ils semblent encore trop tendres.

Daniel Fasquelle à l’Assemblée Nationale. Capture d’écran.

A droite, et toujours dans le Nord, un Lecerf, sénateur de son état, va enfin faire parler de lui au niveau national en jetant son gant au visage de la maire sortante de Lille. Soyons honnêtes : l’homme est un parlementaire respecté pour son travail législatif. A l’instar de Bernard Gérard ou Gérald Darmanin qui vont tenter de se faire une place au soleil de la politique locale qu’ils voudraient d’Austerlitz (le premier donne la réplique à Martine Aubry à la communauté urbaine, le second emmène l’opposition à Tourcoing). Mais tous trois n’ont pas encore donné leur plein en termes d’exposition médiatique et leur notoriété dispose de quelque marge de progression. Marc-Philippe Daubresse ne songe qu’à un douillet fauteuil au Sénat et confie à qui veut l’entendre “vouloir être heureux“. Lui aussi a fait son deuil d’une grande bataille victorieuse contre le croquemitaine de gauche : l’ancien recruteur touche son principe de Peter. En perdant son siège de député, Christian Vanneste semble remisé au magasin des accessoires de l’histoire, lui qui fut le député nordiste le plus connu de France quand il passait d’un plateau télé à l’autre pour y couper la langue de bois sur des sujets de société comme l’homosexualité. Et un Jean-Louis Borloo, éternel jeune premier de la politique, a fait de sa circonscription hennuyère un Aventin idéal d’où il regarde passer les trains vers les sommets. Ce n’est pas la sénatrice valenciennoise Valérie Létard qui dira le contraire. On a presque oublié qu’elle occupa un strapontin ministériel dans un gouvernement Fillon. Restent alors Natacha Bouchart dans son bunker calaisien qui prépare la bataille de l’année prochaine et Philippe Rapeneau qui trône discrètement à la communauté urbaine d’Arras, mais là, encore, ont-ils l’envergure pour jouer un rôle au premier plan dans les prochaines années ?

Figures de proue de la région politique de demain

Daniel Fasquelle,… Frédéric Cuvillier…Il y a des points communs entre ces deux-là. Profs de fac, droit et sciences politiques, à Boulogne-sur-Mer où ils ont grandi. Issus de la même génération, épanouis dans le même département. Un millésime qui a du corps.  Nos deux bretteurs semblent presque blanchis sous le harnais. Ils se sont hissés à la tête de leur mairie respective après 2000 (2002 pour le Boulonnais, 2008 pour le Touquettois), dans les deux cas en prenant la succession d’une figure locale, Guy Lengagne à Boulogne-sur-mer, Léonce Deprez au Touquet. Deux personnalités forgées sous les embruns et les vents de l’océan. Ils doivent désormais passer la vitesse supérieure et ne pas s’encalminer au milieu du gué. Trop de poulains doués se sont ensuite contentés de gérer leur premier succès sans réellement confirmer leur talent. De Franck Dhersin, mangé tout cru par l’ogre Delebarre au rocardien Umberto Battist, les exemples ne manquent pas, qui ont brillé le temps d’un ou deux mandats et puis la bonne étoile s’est éteinte. Mais un littoral produit souvent des esprits bien trempés. 2013 est leur vague porteuse.

2 Commentaires

  1. Petite erreur : Cuvelier est devenu maire en 2007 et non 2001.

  2. Non c’est en 2002 (suis plus près…) merci quand même.

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