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Métropole et bouchons, l’impossible équation?

Basses Chroniques des Hauts de France | DailyUne Par | 13 avril 2013

Aller au travail en métropole lilloise, c’est pour beaucoup signer un contrat haute fidélité avec son véhicule, vu le temps qu’on y passe. Quand vous lirez le petit calcul que vous a mitonné Les Basses Chroniques, basé sur le récent constat de la société de GPS TomTom (et rapporté par La Voix du Nord), votre moral risque d’en prendre un coup lorsque vous calculerez le vôtre, de temps passé au volant.

En toute chose malheur est bon. Cette longue procession quotidienne de tôles motorisées convoie pour une grande majorité des privilégiés de notre époque : des gens qui ont un boulot ! C’est cynique mais de nos jours, il est difficile d’appréhender un travail sans y inclure sa part non négligeable de transport. À moins qu’un jour, très très peu probable, une majorité d’élus de l’Assemblée nationale envisage d’inclure le temps de transport dans le temps légal de travail… Science-fiction (?). Mais admettons -cela ne coûte rien- que cela arrive. Cela pousserait peut-être nos têtes d’œufs à phosphorer sur les avantages du télé-travail. Parce que entre nous, le télé-travail on en parle beaucoup à la télé mais on n’y travaille pas beaucoup. Pourtant cela permettrait peut-être de réduire la caravane des travailleurs esclaves de la déesse bagnole. Mais soyons honnêtes, cette éventualité, même appliquée, n’apporterait qu’un embryon de solution sans résoudre radicalement les problèmes de transit de l’immense majorité des fidèles de l’A1, A25, A27 et autres chemins de croix routiers. Et vous, combien de temps passez-vous derrière le volant ? Petite démonstration.

Auto-boulot : plus d’un an et demi d’une vie

Le calcul est simple mais absolument pas simpliste, malheureusement. Pris -vraiment- au hasard une personne habitant Mazingarbe (près de Lens) et travaillant à Roubaix (distance: 50 km). Il évalue à cinquante minutes son trajet aller le matin s’il n’y a pas d’entraves sur la route et le retour à trente minutes (hum ! un peu rapide quand même) parce que hors affluence. Prenons en acte, cela fait 80 minutes par jour multiplié par cinq égale 400 minutes par semaine soit 1 600 minutes par mois, 17 600 minutes par an en enlevant un mois de vacances. 17 600 minutes = 293 heures. On ajoute les fameuses 117 heures d’embouteillages annuels : 410 heures. Au total, notre bonhomme aura passé 17 jours, 24h/24, de sa vie dans l’année simplement pour aller au taf’. En trente ans de carrière, il aura passé un an et 145 jours sans sortir son auguste popotin de son habitacle. Et ce temps là ne participe pas au calcul de la retraite…

On évitera les contrariétés en ajoutant les temps de transports supplémentaires que constituent les trajets privés (vacances, courses, déposer le gamin à l’entrainement de foot…) la note prendrait au bas mot quelques semaines supplémentaires. Cet exemple ne relève pas, loin de là, d’une estimation haute. Et on ne parle pas des professionnels de la route (ambulanciers, commerciaux…) pour qui tout ce temps perdu, selon une autre étude de TomTom décidément aux petits soins pour les galériens de la route, n’est pas sans conséquences au niveau de la qualité du service client. Stress, divorces, dépressions… bien que quasi impossible à établir, il serait intéressant de connaître la proportion de tous ces maux et détresses imputables à la consommation immodérée de bitume.

La bagnole mieux traitée que l’homme ?

Consolation : après tout, Lille n’est jamais que la neuvième au classement des agglomérations les plus embouteillées de France, alors on va pas se plaindre, hein ?! Quels remèdes employer pour réduire le problème ? Dans son édition de janvier, le magazine Nordway préconise cinq solutions : l’’optimisation des transports en commun (ne sont-ils pas déjà saturés pour nombre d’entre eux?) ; le développement du « ferroutage » et du transport sur canaux (on en reparlera quand on ressortira le serpent de mer qu’est le Canal Seine-Nord, c’est-à-dire pas de sitôt) ; développer les contournements (c’est vrai qu’on manque vraiment de routes dans la région….) ; une « régulation dynamique de la vitesse et des feux (selon le trafic) et les péages urbains » (un joli casse-tête chinois en perspective) ; développer le covoiturage (au final, la piste la plus prometteuse). On pourrait ajouter : harmoniser les territoires sur le plan du développement économique. Mais cela ne plairait pas à grand-monde, ne serait-ce que chez les professionnels de l’immobilier qui verraient d’un mauvais œil une éventuelle dépréciation de leur fromage. Comme on dit faut faire avec.

Rouler, polluer, stresser… et composer avec une vraie aberration : le contrôle technique d’une voiture est obligatoire tous les deux ans avec le devoir impératif de réparer les pièces défectueuses, chose que l’on n’impose pas aux populations pour leur santé. Étonnant non ? Navrant, oui. Mais tellement symbolique de notre époque.

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2 Commentaires

  1. Prévisible ?? Depuis l’aménagement du périphérique sud est de Lille les immeubles de bureaux n’ont pas cessé de se construire.. Mais comment tous ces gens viennent t’il au travail?
    Venant de Paris les véhicules allant vers Gand étaient autrefois orientés par Villeneuve d’Ascq , maintenant ils traversent Lille !
    Si vous voulez être à l’heure à votre réunion, mieux vaut quelle soit prévue l’après midi..

  2. il est vrai que c’est pénible et coûteux de devoir passer des heures dans sa voiture pour se rendre au travail, tout en payant des loyers prohibitifs
    Pour ceux qui travaillent dans le centre de Lille, il existe une solution: emménager à Douai où les loyers sont très raisonnables et les logements vacants nombreux, et aller au boulot en TGV …en 18mn.
    2 Avantages: loyers bien plus bas qu’à Lille, et large participation de l’employeur aux frais de train.

    Alors: on reste en banlieue Lilloise en claquant l’essentiel de son budget en loyer, carburant et entretien véhicule, ou on continue à travailler à Lille et on s’installe à Douai, avec une très nette augmentation du pouvoir d’achat et de la qualité de vie?

    A vous de voir!

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