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Basse Chronique : dans le quotidien de l’Homme aux phobies

Basses Chroniques des Hauts de France Par | 27 avril 2013

Chômage, tensions sociales et politiques, crise économique… on ne peut pas dire qu’on s’ennuie en ce moment. Il reste pourtant de la place à l’expression de phobies de toutes natures, même les plus absurdes. Petite revue non exhaustive.

Homophobie, intolérance et délation ont ces points communs avec le cancer, on constate le mal encore trop souvent lorsqu’il est bien installé et le croisement des recherches ne parvient pas à l’éradiquer fermement. Heureusement, la recherche contre le cancer progresse, malheureusement, pour les autres, on a l’impression qu’elle régresse, non ? Le bar lillois le Vice-Versa, victime d’une violente agression homophobe il y a quelques jours, fleure bon (enfin plutôt mauvais) l’expression refoulée d’individus qui n’attendaient que l’occasion -en l’occurrence les manifs contre le mariage pour tous- pour libérer des pulsions trop longtemps enfouies. Parce que, pour rappel, il ne s’agit pas de désœuvrés, les trois lascars ont un travail. Selon les victimes de leurs exactions, ils étaient venus « casser du pédé », un cousin germain de la ratonnade. Décision plutôt rare, nos travailleurs devront prendre des RTT puisque maintenus en taule en attendant d’être jugés le vendredi 13 mai. Vendredi 13 pour qui ? C’est pas la joie chez les gays ces dernières années, qui voient les signalements d’agressions homophobes exploser.

La mode étant aux néologismes, parlons de la romophobie. En métropole lilloise, le dossier soulève l’exaspération des autochtones. À tort comme à raison, la faute à une gestion calamiteuse du dossier qui font que les Roms sont au cœur d’un jeu de bonneteau politique synonyme d’impasse. Faute d’un paratonnerre efficace, cette communauté subit les foudres de toutes parts en dépit du travail des associations. Et sert de promontoire aux discours dont elle fait le miel. Marine Le Pen l’a bien compris tout récemment (voir sur Libération). La candidate aux législatives d’Hénin-Beaumont n’est toutefois pas novatrice, la ficelle a déjà été employée dans la métropole bien avant (voir sur Nord Eclair,  similitude signalée sur Twitter par le journaliste Youenn Martin). En attendant, le serpent se mord la queue et il a l’air d’aimer ça. Et ce n’est pas de la zoophobie.

Mur du son et mur des cons

Dans le secteur de Cambrai, on regrette les réacteurs et on rejette les teufeurs. L’annonce par la préfecture de l’organisation du Teknival sur l’ancienne base aérienne 103 du 3 au 6 mai a provoqué une levée de boucliers d’une virulence étonnante. En terme de superficie, la base de Cambrai a pourtant peu à voir avec celle de l’aérodrome de Bondues. 40 000 festivaliers sont attendus, ce devrait pourtant être une bonne nouvelle pour le commerce local, pas pour le voisinage semble-t-il. Pourtant, la ville de Carhaix acceuille encore plus de public et plus longtemps (4 jours) avec le festival des Vieilles charrues qui sauf erreur n’est pas une concentration d’orchestres de chambre (l’édition 2013 accueillera entre autres Rammstein, autant dire que le volume sera acide). Et ça fait plus de vingt ans que ça dure ! C’est un comble, avant même qu’il n’en fasse pour de vrai, le Teknival fait déjà du bruit. Drôle de sonophobie (c’est nouveau ça vient de sortir).

Du mur du son au mur des cons, il n’y a qu’un pas. Est-ce le résultat de la banalisation de la télé-réalité ou celle de l’intrusion des caméras de Canal + dans les vestiaires des sportifs (bientôt ce seront les douches et les wc) ? En tout cas, cela a inspiré le site Atlantico pas ravagé par le scrupule de filmer un lieu privé. Le Syndicat de la magistrature (puisqu’il s’agit de lui) n’a pas tardé à réagir en envoyant une missive à Christiane Taubira  légitimement épicée. Sur son blog, Pascal Cobert tourne délicieusement en dérision cette péripétie. Plus loin que ce risque de jugeophobie notoire (dernier néologisme, promis) à quand un scoop de cette veine en provenance d’un média régional, par exemple des images volées dans le local syndical de municipaux utilisant la photo d’un élu pour jouer aux fléchettes ? Celui qui franchira le pas n’aura en tout cas pas volé de figurer en bonne place sur le mur initié par le SM. Alors le bon vieux temps de la délation est-il de retour ? Le problème avec toutes ces phobies quasi pathologiques, c’est qu’elles ne bénéficient toujours pas de l’obsolescence programmée.

Crédit photo Une : capture d’écran reportage BFM-TV après l’agression dans le bar gay de Lille.

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