Humeur Par | 09H10 | 26 mars 2013

L’intox Carambar : était-ce si drôle ?

HUMEUR. L’une des nouvelles qui a agité la toile et les médias en fin de semaine dernière ? L’arrêt des blagues Carambar, sucreries fabriquées à Marcq-en-Baroeul. Une affaire d’Etat. Dans laquelle tout le monde a plongé… Ou presque.



Imaginez la tête de notre photographe quand on lui a demandé des photos de Carambar... Photo : Stéphane Dubromel.

En annonçant jeudi la fin des blagues enrobant ses célèbres bonbons, Carambar a réussi à enflammer le web, mais également les médias. En même temps que les réseaux sociaux débattaient sur cette nouvelle mettant à mal le patrimoine français (même la ville de Marcq-en-Baroeul a décidé de lancer une pétition sur Facebook, pendant que le site E-Marketing relevait 14 000 tweets en 24h), la plupart de nos confrères se sont faits l’écho de cet arrêt (tapez Carambar dans Google Actu, vous aurez un bel aperçu). La plupart ? Oui. Quelques-uns n’ont pas cédé à cette mode. DailyNord, par exemple, – jetons-nous quelques fleurs – avait décidé de ne pas en parler. Raison : ça sentait vraiment l’arnaque, on allait attendre lundi. Privilège d’un pure-player, nous direz-vous, qui n’est pas programmé pour surfer sur l’actu. C’est vrai.

Oh, nostalgie quand tu nous tiens… Oh, Twitter, quand tu t’excites…

Lundi est donc arrivé… et tous les médias en ont été bons pour refaire une deuxième publicité gratuite pour la marque presque sexagénaire (les premiers Carambar sont nés en 1954 à Marcq-en-Baroeul, où ils sont toujours produits). Ben oui, c’était une bonne blague. Hors de question de remplacer les célèbres devinettes et traits d’humour par des problèmes mathématiques ludo-éducatifs ou de petits quizzs…

Une bonne blague, vraiment ? Si on peut louer le service communication du groupe américain Mondelez pour son ingéniosité, on peut s’interroger encore sur la chaîne de l’information. Alors que certains de nos confrères avaient des doutes légitimes sur cette opération, ils ont tout de même ouvert leurs colonnes ou leurs écrans à la marque. Certains ont toutefois  pris quelques précautions (voir par exemple le reportage de France 2, vendredi soir à 33’), mais franchement, que retient l’auditeur-téléspectateur-lecteur ? Mais tu comprends, quand ça touche un produit qui fleure bon notre enfance et que les ultra-modernes et branchés Twitter et Facebook s’excitent…, on ne peut pas passer à côté. Etrange circulation de l’information qui, si elle ne révolutionne pas le monde, interroge quand même quant au  règne de la communication et le parcours des informations des entreprises jusqu’à votre média favori. Armées de services com’ rompus aux techniques médiatiques, les marques  ont pris d’assaut ces dernières années les rédactions de France et de Navarre pour faire parler d’elles, voire, Graal absolu, créer le buzz. La plupart du temps, c’est en nous vendant des informations qui n’en sont pas, comme ce site de rencontres adultérines qui nous gratifie quasiment chaque semaine de sondages sur l’infidélité en France… ne reposant sur rien d’autre que son audience.

Une arnaque mensongère du niveau de Carambar, c’est plus rare (on n’en voit pas d’autres d’ailleurs). Si l’entreprise a réussi un coup magistral, elle laisse quand même un drôle d’arrière-goût caramélisé : les journalistes ont été pris pour des pigeons – et passent comme tels – et ont relayé ce qui n’est qu’une vulgaire campagne de communication. Pas sûr que la relation de confiance entre lecteurs-médias en ressorte grandie (d’autant plus quand elle fait suite, même si ce n’est pas à mettre sur le même plan, au témoignage bidonné de la mère porteuse calaisienne – encore notre région -, il y a quelques jours : relire Le témoignage “exclusif” de la mère porteuse de Calais, rapporté dans de nombreux médias, était bidon).

Bon courage pour les futurs génies de la com’

On peut juste maintenant prédire que chez les petits génies de la com’ et du marketing, ça va cogiter sec pour faire plus fort encore. Ou de l’art de balancer n’importe quoi comme info (pourvu qu’elle tienne en une phrase et parle à l’affect de chacun, y compris du journaliste), avant de démentir la semaine d’après “Ah la bonne blague, on vous a eus” ! On a déjà des pistes pour eux : la bière Ch’ti qui veut changer de nom parce que le Nord, c’est trop négatif  ; Damart qui se lance dans la lingerie SM parce que le vieux, ce n’est plus vendeur ; Carambar qui se met à faire des blagues drôles, etc. Il va néanmoins falloir que ces communicants intègrent une nouvelle donnée à leurs campagnes : comment le média visé va-t-il relayer les futures informations eu égard à la jurisprudence Carambar (qui soit dit en passant est grillé auprès des journalistes pendant un bout de temps)? Pas sûr que la blague fasse finalement rire grand monde.

5 Commentaires

  1. “Quelques-uns n’ont pas cédé à cette mode. DailyNord – jetons-nous quelques fleurs – avait décidé de ne pas en parler.”

    Et au final, qu’êtes-vous en train de faire ?

    Vous êtes en train de parler de Carambar. Comme tout le monde. Pas de quoi être fiers au final…

    P.S : et ne vous en faites pas, les Français n’avaient pas besoin de ça pour perdre confiance en vous, cette chute de popularité ne date pas d’hier et vous ne la devez qu’à vous-même.

  2. Bien entendu, nous en parlons aujourd’hui. Les fameux Carambar sont fabriqués dans la région d’exercice de DailyNord, ça justifiait quand même quelques lignes, pour l’écho que ça a pu avoir. Quelques jours plus tard.
    De plus, vous ne citez pas la suite du paragraphe, où nous précisons bien que le fait de ne pas en parler le jour-même est un privilège que nous pouvons nous accorder car nous ne sommes pas dépendants de l’actu.

  3. pas de quoi fouetter un chat…

    a prendre comme une blague carambar…

    on lit, on sourit, on hausse les épaules…..

    mais la vie est un peu plus douce !!!

    mauvais joueur, le rédacteur !!!!

  4. “P.S : et ne vous en faites pas, les Français n’avaient pas besoin de ça pour perdre confiance en vous, cette chute de popularité ne date pas d’hier et vous ne la devez qu’à vous-même.”
    Ca veut dire quoi, ça ?

  5. Ce qui est inquietant, c’est que le mal se repand . La derniere rumeur , c’est ce gâte sauces qui racontait urbi et orbi que G Depardieu rachetait sa cantine.Gégé s’est fendu d’un dementi. Dimanche, 1400000 personnes arpentaient Paris, la police tabassait Xine Boutin, on tirait sur la foule, la fin du monde approchait . c’était de l’autointoxication comme en 68 où là encore la police etait reputée vider les morgues des hôpitaux parisiens des cadavres d’etudiants tombés sous les balles des SAC

    Dans le cas de Carambar, c’est + grave, car c’est le fabricant qui lui même à declenché l’affaire et qui a intoxiqué les redactions

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