L'autre information du Nord – Pas-de-Calais

Facebook : où en sont les villes de plus de 30 000 habitants ?

Réflexions Par | 05 mars 2013

Avec plus de 25 millions d’utilisateurs sur le territoire hexagonal (chiffres d’octobre 2012), le succès de Facebook sous nos latitudes est incontestable. Entreprises et médias l’ont bien compris en développant des pages “fans” permettant d’échanger avec les utilisateurs du réseau social. Et du côté des grandes villes régionales (plus de 30 000 habitants) ? Tour d’horizon plein de surprises.

Capture d'écran de la page Facebook de Lille. Et pourquoi pas celle de Valenciennes ?

Quel est le point commun entre Valenciennes, Dunkerque, Lens, Calais, Boulogne-sur-Mer, Cambrai, Villeneuve-d’Ascq et Maubeuge (*) ? Vous allez nous dire : ce sont des villes du Nord – Pas-de-Calais. Plutôt importantes même (Dunkerque a détrôné Tourcoing il y a peu, au gré d’une fusion avec des communes voisines). Mais il n’y a pas que ça : ces huit villes de plus de 30 000 habitants ont la particularité de ne pas avoir de page Facebook gérée par le service communication de la ville et échangeant directement avec la population (d’autres pages existent parfois, comme pour Villeneuve-d’Ascq, mais ce sont des initiatives portées par d’autres individus et/ou associations). Une découverte surprenante ? Si l’on se réfère au nombre d’utilisateurs du réseau social (25 millions en octobre 2012), oui. Mais pas tant que ça si l’on regarde les quelques études présentes sur Facebook et les communes : en 2011, le blog Communes.com pointait que seulement 31% de nos collectivités locales avaient une page fan sur Facebook. Le pourcentage a bien sûr augmenté depuis, mais la France est toujours à la traîne. Et les grandes villes régionales subissent donc le même sort.

Dunkerque y réfléchit, Valenciennes n’a pas le temps

On peut cependant imaginer que ces quelques cités rejoindront un jour les pionnières régionales sur le sujet. D’ailleurs, absence ne veut pas dire désintérêt. A Dunkerque, par exemple, on avoue que l’on surveille avec attention le phénomène, mais que l’on ne veut pas faire n’importe quoi.”Nous sommes en phase test sur une page DK’Jeunesse pour commencer, explique-t-on à l’hôtel de ville. L’idée est de créer un premier noyau et de voir ensuite comment on pourrait appliquer cela à une page ville plus générale.” Une stratégie donc réfléchie. Dunkerque n’est d’ailleurs pas à la ramasse niveau réseaux sociaux, continue notre interlocuteur : des comptes Pinterest, Instagram, Twitter, une chaîne YouTube, ont été lancés… et même un groupe secret (sic) sur Facebook : “Il permet aux associations de dialoguer directement avec la collectivité“. Dans d’autres villes, créer une page Facebook n’est en revanche pas du tout à l’ordre du jour : à Valenciennes, on confie ainsi qu’il  n’y a pas de page estampillée Mark Zuckerberg… certainement par manque de temps. Temps d’ailleurs que le service communication a dû gaspiller à essayer de contacter un internaute ayant créé une page Ville de Valenciennes qui reprenait des photos réalisées par la mairie, au mépris du droit d’auteur. Sans résultat.

Arras et Lille en pôle

Rassurons-nous : parmi les seize villes de plus de 30 000 habitants, le reste a donc une page Facebook (Lille, Arras, Liévin, Marcq-en-Baroeul, Douai, Wattrelos). La capitale des Flandres a ainsi 1800 fans et la page sert à poster de l’agenda, mais aussi à partager les liens sur la ville (positifs, est-il nécessaire de le préciser, avec par exemple un post sur Lille dans le top 5 de l’accessibilité aux handicapés). On y trouve aussi des petites phrases en ch’ti de circonstance, comme lors du Mardi Gras : « Camarate, à’ch’t’heure ché Mardi gras, in va s’implir eu’l’panche ed’crepes al cassonat’ !». Pas très difficile à traduire (les amateurs d’expressions nordistes peuvent consulter notre Petit Dico Décalé du Nord – Pas-de-Calais, c’était la séquence autopromo). Même esprit dans les autres villes en général, avec dans l’ordre de fans Arras (1600) et ses photos de neige lors du recensement effectué mi-février, Marcq-en-Baroeul (800 fans) qui en profite pour sonder les internautes sur un nouveau nom de zone, Wattrelos (700 fans) et Douai (280 fans). Le cas de Liévin est un peu à part : créée en juin 2012, cette page présumée officielle par notre comité de rédaction ne compte à ce jour que 24 malheureux fans. La situation ne risque pas de s’arranger : aucune info n’y a été publiée depuis la création.

Les dangers de Roubaix et Tourcoing

Les lecteurs attentifs auront remarqué l’absence de Roubaix et Tourcoing des précédents paragraphes. Pourtant, avec 4 800 amis, la ville de Michel-François Delannoy est la grande gagnante de la région, suivie par les ouailles de Pierre Dubois, qui sont 2 400 à faire copain-copain avec la cité. Des pages très animées et plutôt bien fichues pour Roubaix (à part pour la photo de profil avec le ciel bleu et les palmiers, franchement on y croit à peine !), un peu moins pour Tourcoing, qui Facebooke plus quand ça lui chante. Mais là n’est pas le problème : les deux villes ont créé des profils, ce qui est normalement interdit (les profils sont destinés aux personnes physiques). En théorie, elles risquent purement et simplement… la suspension de leur compte.  Réponses des intéressés, via les services communication : à Roubaix, “nous n’avons rien trouvé qui interdise formellement la création d’un profil Facebook. Par ailleurs, le compte étant géré par une personne physique, son fonctionnement n’a rien d’illogique.” DailyNord ayant fait l’expérience d’une suppression de profil en son temps sans préavis de la part du réseau social peut témoigner que ce n’est pas illogique dans le raisonnement de Facebook. Réponse de Tourcoing ensuite :”La présence de la Ville de Tourcoing sur Facebook remonte à février 2010. A l’époque, nous avons choisi le profil car les fonctionnalités de la page étaient moins intéressantes qu’actuellement, notamment pour le partage d’infos. Nous n’avons jamais eu de remarque de Facebook sur ce sujet. Atteignant les 5000 amis en 2012, nous allons justement basculer cette année sur une page.” Qui, si tous les amis deviennent fans,  sera donc la première de la région en nombre de fans pour les villes de plus de 30 000 habitants, mais encore bien loin des meilleurs Français. En octobre 2012,  le Baromètre “Collectivités Territoriales et Réseaux Sociaux” établissait son classement national : Paris était bien entendu loin devant en terme de fans (1,9 million à l’époque, 2,1 millions aujourd’hui). Suivaient Lyon (15 000), Bordeaux (12 700), Clermont-Ferrand (12 100) et Strasbourg (8 125). Aucune ville nordiste ne perçait dans le Top 10.

(*) Malgré notre professionnalisme reconnu et estimé, si une page a échappé à notre vigilance, n’hésitez pas à nous en faire part dans les commentaires.

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5 Commentaires

  1. Il n’y a pas 30 000 habitants, mais Le Touquet possède la page qui a le plus de fans dans la région (22 800). Et donc, si, une ville arrive à percer au niveau régional et national 🙂

  2. En effet… tout le monde est battu. Il faut quand même préciser que la page que vous mentionnez (http://www.facebook.com/pages/Le-Touquet-Paris-Plage/9161978510) dévoile plus d’informations touristiques à première vue et que du fait de l’attrait touristique justement du Touquet, la donne est un peu faussée, non ?

  3. Je l’admets tout à fait.
    C’était uniquement pour montrer que les villes qui se sont rapidement converties ont pu soigner leur image sur les réseaux sociaux. Dépassant ainsi, par exemple, sa voisine Deauville (5 100).

  4. Vous avez raison. Nous nous pencherons dans un prochain article sur ce sujet, en s’intéressant plus aux villes touristiques.

  5. Ah, le Facebook du Touquet depasse celui de Deauville ? On en est tout retournés. mais parlons un peu du Touquet..

    L’élu préhistorique qui a imaginé démolir les dunes avec des motos, en faisant marcher les pompes à bière juste après avoir voulu créer une marina BAie de Anges en plein dans l’estuaire de la Liane a définitivement déclassé sa ville. Et que dire de l'”archipel des sites Seveso entre Dunkerque et Calais ? Pas difficile de ” percer” (?) dans ces conditions les plus trash de France.

    ET si Mireille nous expliquait ce que peut bien signifier ce verbe ” percer”, qui figure en bonne place dans le dico du français fondamental de l’elu moyen du 62 ? Peut être des kilomètres colonnes sortis des generateurs automatiques de textes laudatifs pour decorer les jolies images achetées à une agence de com dans le supplement hebdo de VDN ou du Figaro ?

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