Le petit dico décalé du Nord-Pas-de-Calais : Maronne

Le dimanche, on se cultive sur DailyNord. Aujourd’hui, on a décidé de vous parler de “Maronne”. Comment ? Vous ne savez pas ce que c’est ?

Nom féminin, utilisé aléatoirement au pluriel mais étiqueté 100% chti. A ne pas confondre avec marronnier, c’est-à-dire l’arbre qui, tous les ans, donne des marrons et par extension, dans les médias, tous les évènements récurrents comme la Toussaint ou la Saint-Valentin qui entraînent une pluie de papiers plus ou moins bidons. Mais là n’est pas le propos.

Maronne, venu du fin fond de nos contrées minières, signifie en français commun “pantalon” mais parfois aussi “culotte”. Mais attention, ce faux ami n’induit pas forcément une couleur marron. On peut avoir des “maronnes” bleues, blanches, vertes ou même bariolées. Bref, toutes les couleurs sont autorisées.

Une pluie d’expressions à base de maronne

Maronne se prête à d’innombrables expressions. La plus connue de “maronne” étant bien évidemment “armont’ eut’maronne in vot tin cul“, qui signifie littéralement “il me semble que tu perds ton pantalon” (autrement dit “t’maronne elle qué“). A contrario, quand un homme “n’tien pas dans s’maronne“, ça signifie que sa corpulence est relativement fine par rapport à d’autres mâles de son espèce. Le pire étant “tin homme n’a rien dans s’maronne“, pour qualifier un comportement assez pleutre voire lâche.

On peut aussi trouver un “ravisse t’as mis t’maronne à l’envers“, qui implique que le porteur dudit pantalon n’était pas réveillé et s’est trompé de sens en enfilant son précieux bien. Peut-être que c’est de là que vient l’expression “maronner“, c’est-à-dire se plaindre ou maugréer.

Il existe aussi la version plus triviale, “si m’tante avot des maronnes, en l’applerot min oncle“, qui rappelle simplement que dans une époque reculée, les femmes ne portaient pas de pantalons. Et oui. Du coup, quand on disait “t’femme elle porte des maronnes“, on savait indéniablement qui était le chef de famille.

L’expression maronnes convient également aux nourrissons : “Ch’tio a fait dans s’maronne” (il faut changer la couche) même si la version adulte “Trinner dans s’maronne” implique une frayeur hors norme. Ce qui a peut-être donné naissance à “il tonne dans s’maronne“, suggérant que quelqu’un s’est oublié bruyamment…

Raoul et les Capenoules l’utilisaient dans une de leurs chansons

Enfin, détail mode, “Ché zélastiques à maronnes“, autrement dit des bretelles, permettaient  de porter les pantalons en taille haute. Nous militons d’ailleurs pour leur retour  au goût du jour.

Le mot “maronne “a aussi été utilisé dans la littérature par Les Capenoules, groupe lillois qui a connu la gloire dans les années 70, notamment à travers son leader Raoul de Godewarswelde. Et notamment dans la chanson Eun’Fill’ D’Saint Sauveur (en référence au quartier lillois) : “I li a mis s’main à s’maronne, pou qu’elle li cultive ses prones“. On vous laisse traduire.

 

 Crédit photo : elgarydaly sur FlickR

Retrouvez toutes les définitions du Petit dico décalé du Nord – Pas-de-Calais.

 

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