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Nom de nom, votre intercommunalité changera-t-elle de nom ?

Basses Chroniques des Hauts de France Par | 26 janvier 2013

Quand Hénin-Beaumont s’appelait autrefois Hénin-Liétard ; quand Bruay-en-Artois, conséquence d’une affaire tragique, s’est mue en Bruay-Labuissière… changer de nom participe à l’évolution et à  l’Histoire des territoires. Quand ce n’est pas en ajouter de nouveaux suite aux mutations des dits territoires, une pratique devenue plutôt prolifique ces dernières décennies. Et qui n’est pas prête de s’essouffler. C’est un article du site Cap’Com un réseau de la communication publique et territoriale, qui nous a interpellé. Cette année, 20% des intercommunalités devraient changer de nom, soit une sur cinq. Vous y aurez donc peut-être droit. Mais sachez que nous vivons dans le mouvement perpétuel des changements d’appellations. C’est le thème de ces Basses Chroniques des Hauts-de-France qui pour l’occasion, n’ont jamais aussi bien… portées leur nom. 

Si votre patronyme est Cocu, Dugland ou Morpion, la législation vous permet de prendre un nom un peu moins sujet aux persiflages. Si ce droit ne s’adresse pas aux Martin et autres Durand, il relève du parfaitement possible au niveau industriel. Et souvent c’est bien commode, l’un des exemples les plus marquants est le groupe Vivendi, ex-Compagnie Générale des Eaux elle-même devenue Véolia, s’agissant de son corps de métier premier. N’oublions pas une autre filiale de Véolia, la bonne vieille Compagnie Générale de Chauffe, dont le siège social historique est à Saint-André-lez-Lille, devenue Dalkia. En changeant de totem industriel, on peut faire oublier des affaires tordues faisant le régal du journalisme d’investigation à la Denis Robert, interpellant la justice et créant de grosses suées à quelques politiques indélicats pour ne pas dire peu scrupuleux. Changer de nom, c’est en quelque sorte s’acheter une virginité, tourner la page sous prétexte d’un nouvel élan de modernité voire d’improbables synergies. Parfois, on n’a pas le choix : ainsi les inconditionnels de football valenciennois supportent un club ayant changé trois fois de nom : créé en 1913, le Football Club Valenciennois, confronté au manque de moyens provoqué par la Première Guerre mondiale   doit se fondre dans un regroupement des clubs locaux, créant un nouveau club omnisports : l’USVA (Union Sportive Valenciennes Anzin) est née en 1916. Quatre-vingts ans et un dépôt de bilan plus tard, bienvenue au toujours Valenciennes Football-Club. C’est un peu le syndrôme Raider, vous savez cette fameuse double barre biscuit-caramel devenue Twix. À l’époque, le slogan était le suivant : « Raider s’appelle maintenant Twix, rien d’autre ne change ». D’ailleurs ce fut un temps une métaphore illustrant les tentatives ratées voulant rendre quelque chose plus moderne en lui donnant un nouveau nom… Sûr que les femmes de ménages devenues techniciennes de surfaces ont vu illico leurs statuts et traitements prendre une autre envergure !

Aujourd’hui le Nord/Pas-de-Calais, demain Les Hauts-de-France ?

Allez savoir pourquoi, changer le nom des institutions semble être devenu un hobby de communiquants. À moins que ce ne soit une lubie maladive de politiques en mal de perspectives neuves. Et tant pis si cela coûte un bras car ce serait un tort d’oublier que tout changement de nom égale nouveau logo, nouveaux documents à en-têtes, nouvelles campagnes de communication etc. Et qui finance ces menus bouleversements esthétiques, lexicaux et parfois -quand même- statutaires ? Bravo, vous avez le droit de revenir en deuxième semaine. Mais avouez que votre vie a changé lorsque la Communauté Urbaine de Lille est devenue en 1996 Lille Métropole Communauté Urbaine. Reconnaissez que votre vie a pris un virage providentiel lorsque le District de Lens-Liévin a laissé place à la Communauté d’Agglomération Lens-Liévin (CALL, qui peut-être un jour -allez savoir- deviendra Communauté d’Agglomération Lens-le Louvre). Et tant qu’à poursuivre dans ce développement sarcastique, pensons à tous ces chérubins institutionnels portés sur les fonts baptismaux : Grand Lille, Lens Métropole… Fut-ce une réflexion de Pierre Mauroy ? La trouvaille d’hôteliers-restaurateurs ? En tout cas, au début des années 90 traîna une rumeur concernant le changement de nom de la région Nord/Pas-de-Calais. On évoquait les Hauts-de-France en guise de nouvelle identité. Une question d’image. Tout comme fut imaginé (vrai ou faux ? Amis lecteurs, si vous possédez des éléments…) la suppression du mot mines pour toutes les communes possédant ce nom composé, histoire de faire passer à la trappe une époque économiquement glorieuse désormais synonyme de sinistrose. Mais aussi vrai que la Gaule est devenue France, rien ne dit que ces projets n’aboutissent un jour.

En attendant, et comme le mentionne très bien Cap’ Com, cette année s’annonce prolifique en changements de noms d’intercommunalités et ce pour deux raisons : « La première(…) en est l’achèvement d’ici juin de la carte de l’intercommunalité avec son cortège de créations, de fusions et d’extensions. La seconde raison en sera l’adoption prévue dans l’année du projet de loi de décentralisation dont l’objectif est clairement de renforcer simultanément les régions et les intercommunalités » (voir l’ensemble du papier ici). Rien ne mentionne que la région est concernée, mais vu sa taille et son importance (78 communautés de communes et 11 communautés d’agglomérations), il serait surprenant que n’apparaissent pas de nouvelles entités, un nouveau « naming » pour faire moderne. Et dire que pendant ce temps, le Grand Stade cherche désespérément un nouveau nom. La vie est mal faite.

A relire également : Et si la région changeait de nom ?

Retrouvez toutes les Basses Chroniques des Hauts de France

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1 Commentaire

  1. J’habite la Communauté de Communes du Cœur d’Ostrevent ( CCCO ) ex Communauté de Communes de l’Est du Douaisis ( CCED ) . Il était de bon ton d’être ” du cœur ” de quelque part . On a été jusqu’à changer les logos sur les poubelles !
    Certaines villes ont déjà effacé ” les mines ” Bruay-en-Artois fût Bruay-les-Mines , entre autres.

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