Louvre-Lens : on va en bouffer jusqu’à la dernière frite !

Le 4 décembre, c’est maintenant ! Et si vous ne savez pas ce que cela signifie, c’est que vous débarquez de la planète Mars à moins que vous ne soyez un hibernatus en phase de décongélation… Les médias, la com’, nos édiles et une bonne partie de la population sont déjà sur le pied de guerre, même les Basses chroniques des Hauts de France n’y échappent pas… En deux repères, c’est François Hollande qui ouvrira cette journée de folie qui s’achèvera avec une frites-partie.

Sur le site du Conseil Régional, c'est l'extase. Plus que quelques jours pour manger des frites.

Depuis le temps qu’on nous en abreuve, la fusion du volcan Louvre-Lens va donc atteindre son pic ce mardi. Pour cette inauguration en grandes pompes, ce sont les chaussures du président de la République qui fouleront en premier le tapis rouge. Une fois de plus, pour les mémoires de poisson rouge, la sélection du 4 décembre est tout sauf fortuite. On célèbre Sainte-Barbe et donc les mineurs par la même occasion. L’hommage à une corporation, à un territoire marqué par une activité industrielle monolithique avec ce symbole de la culture implanté sur un site emblématique d’une région laborieuse fermement tournée vers l’avenir et blablabla et blablabla et blablabla. Avec cette dernière phrase, nous vous offrons en exclusivité une rengaine que vous retrouverez dans chaque discours (et il risque d’y en avoir une palanquée). Remarquez on n’a pas de mérite, c’était déjà comme ça lors de la pose de la première pierre le 4 décembre 2009 avec Frédéric Mitterrand en ouverture et une frites-partie en clôture. Quelque part, c’était une répétition générale. On peut d’ailleurs compter sur les pros de la com’ pour nous faire du 4 décembre une marque déposée et nous inventer des célébrations d’anniversaires bien ciblées. Qu’on se le dise, la date du 4 décembre sera au Louvre-Lens et aux mineurs ce que 1515 est à la bataille de Marignan.

Radio France sort l’artillerie

D’ailleurs, pas besoin d’être issu d’une longue lignée de cartomanciennes pour vous prédire l’info du 4/12/2013 : « Souvenez-vous, il y a un an, le président de la République inaugurait l’antenne du Louvre à Lens… ». Le marronnier est déjà au chaud ! Mais bon, revenons à l’actu. Radio France, comme il n’y a pas si longtemps pour Lille Fantastic, dégaine ses moyens et sa programmation. Du 7-9 de Patrick Cohen au Téléphone sonne avec Daniel Percheron, le service public radiophonique pose ses micros toute la journée à Lens (on retrouvera même Gervais Martel en invité plutôt insolite de l’émission de Pascale Clark Comme on nous parle). Parce que nous sommes confraternels retrouvez toute la programmation de France Inter. France Culture pour sa part a déjà réalisé un très gros dossier, très étoffé, avec en conclusion le spot annonce de l’ouverture du Louvre-Lens le 12/12/12 plutôt bien fagoté. Le titre de ce dossier est d’ailleurs sans concession et pour tout dire bien résumé : Louvre-Lens : la ville espère un miracle (à voir ici). Le service public franco-allemand n’est pas en reste. Après s’être installés en résidence une semaine à Lens, trois spécialistes de la captation sonore et un dessinateur, Arnaud Guillois, ont réalisé pour le site d’Arte, une fresque graphique et sonore ou se mêlent des sons glanés sur Lens et des dessins. Le thème se concentre sur la ville et ses transformations urbaines, le résultat est proposé surle site de la chaîne du 4 au 12 décembre.

Du monde au portillon

Les presses internationales, nationales et bien sûr régionales fourbissent leurs armes à l’orée de l’événement. Il faudra d’ailleurs certainement s’octroyer un à deux jours de congé pour lire, écouter et voir tout ce que vont nous pondre les rédactions. Évidemment, ce sera the place to be. D’ores et déjà, quelques bruits de couloirs laissent entendre que dans certains bureaux d’un grand journal régional c’est foires d’empoignes et basses manœuvres pour arracher un précieux sésame synonyme d’accréditation. Surtout chez les grosses têtes qui rêvent d’être sur la photo près de Hollande. Mais bon, nous ne sommes pas dupes, ces indiscrétions émanent obligatoirement de mauvaises langues, aigries de surcroît… Bon, en même temps, la visite du président de la République, ce n’est pas vraiment le passage en promotion de Dany Boon. Les élus locaux n’échappent pas non plus à ce triage sur le volet, il y aura des déçus. Bien moins que pour le soir où la population est invitée à festoyer au stade Bollaert avec au menu défilé en ville et feu d’artifice dans le bastion du RCL. Ce sont 10 000 invitations pour autant de barquettes de frites offertes (ça en fait des patates!) que la Région met à la disposition du public (billets à retirer au magasin Émotion Foot. S’il en reste…).

Pour la suite, il s’agira d’avoir la frite

Parce que désormais, le plus dur commence. Le matraquage, pardon l’effet d’annonce de ce barnum, est consommé, le vin est tiré et on va bientôt connaître le goût du pinard. D’autant que notre président va baptiser un bijou planté au cœur d’un gigantesque chantier structurant et très loin d’être achevé, en grande partie chapeauté par Euralens. Cette entité regroupant entre autres les trois agglos de Lens, Béthune et Hénin doit tirer le territoire vers le haut. Mais les atermoiments que connaît le projet d’une ligne de tramway mettent à jour ce que l’on qualifiera pudiquement de carences de collégialité voire de querelles de clochers. Ennuyeux. Le conseil régional assumant la prise en charge du budget de fonctionnement (l’État n’y met pas un sou) cette ligne financière supplémentaire d’environ 8 millions d’euros fait qu’il faut que le Louvre-Lens marche. Dans le cas contraire, les couteaux risquent vite de s’aiguiser. Parce que dans un secteur en détresse sociale, l’attente prioritaire de l’antenne du Louvre, c’est qu’elle génère du boulot et pas seulement la perspective d’admirer La Liberté guidant le peuple d’Eugène Delacroix (voir l’affiche ci-dessus) même si d’évidence les deux sont compatibles. Et parce que DailyNord veut contribuer à la relance de l’emploi, ceux qui cherchent du boulot en trouveront peut-être .

Même si Rome ne s’est pas faite en un jour, cette aventure, excitante c’est vrai, risque de jouir d’une faible marge dans ce privilège qu’est le temps. La Galerie du Temps justement et le Pavillon de Verre seront accessibles gratuitement pendant la première année, ce qui devrait booster le taux de fréquentation qui a pour objectif 500 000 entrées. Ambitieux ? Raisonnable ? Rendez-vous est fixé. Mais pour l’instant, une fois de plus si vous ne le saviez encore, c’est la fête. Et la frite. Et tant pis si ça vous (sainte) barbe.

Pour en savoir plus :

Revoir le parcours du projet 

Voir la décision de gratuité pour un an de la Galerie du temps

Le site officiel du Louvre-Lens

Retrouvez les précédentes Basses Chroniques des Hauts de France

L’intégralité de notre dossier Louvre-Lens :

Soirée inaugurale du Louvre-Lens à base de frites : ce à quoi vous avez échappé

Louvre-Lens : un timbre pour le chocolatier, La Poste chocolat

Louvre-Lens : l’Eden des Saveurs espère ne pas être le dindon de la farce

Le Louvre-Lens pour les nuls

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1 Commentaire

  1. Holala j’ai bien rit à la lecture de cet article, pas pour le fond mais pour la forme (enfin les deux se rejoignent tout de même un peu). Merci pour la poilade !!

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