Petite histoire Par | 15H20 | 03 décembre 2012

Louvre-Lens : l’Eden des Saveurs espère ne pas être le dindon de la farce

On continue notre spéciale “Louvre-Lens”, inauguré ce mardi. A quelques pas de là, un restaurant espère bien profiter de la manne des touristes en goguette au pays des mines. Sabine et Eric Landru se sont même installés là en 2007 en grande partie en croyant au potentiel du musée. Pas de chance, tonnent-ils en mars dernier : une passerelle a été construite et dévie la route des visiteurs. Nous sommes retournés voir ce qu’ils en pensaient aujourd’hui.

L'Eden des Saveurs profitera-t-il de la manne du Louvre-Lens ? Capture écran Google Street View.

Baladez-vous dans les rues de Lens et interrogez les passants ou les commerçants au hasard. On a fait l’expérience : si pour le politique, le Louvre-Lens est un symbole, une chance, que dis-je une merveille, pour la population lensoise, c’est plutôt une abstraction. Ils sont peu nombreux à croire à un afflux de visiteurs, et attendent plutôt de voir. Sabine et Eric Landru font partie des exceptions, à l’instar de Bruno Rosik, patron de l’Arcadie qui a investi deux millions d’euros dans un nouveau projet, les Jardins de l’Arcadie. Eux n’ont même pas attendu pour y croire et font partie des premiers optimistes. Dès 2007, ils revendent leur auberge du Pas-de-Calais pour ouvrir L’Eden des Saveurs, avenue Maës, à la sortie du Pont Césarine. “On est venu clairement pour profiter de la manne du Louvre, confirme Sabine. Dès 2007 : on est le seul restaurant sur le passage du Louvre à 500 à 600 mètres.”

Une passerelle qui dévie les flux

Sauf que voilà : dans l’Avenir de l’Artois, en mars dernier, le couple perd son sourire et lance un cri d’alarme : idéalement placés à l’origine pour récupérer le flux de visiteurs, ils ne le seront plus à l’ouverture du Louvre-Lens. La faute à une passerelle un peu plus haut, décidée par la mairie, qui fait finalement cheminer les visiteurs ailleurs que devant leur commerce. “Ce qui nous a gêné, c’est d’être mis devant le fait accompli, déplore-t-elle, quelques mois après. On aurait pu nous informer de cette décision. On se mobilise pour ce projet, j’ai pris des cours d’anglais, et la Ville ne communique pas avec les Lensois.” Aujourd’hui, elle modère cependant ses inquiétudes : “Tout le monde ne passera pas par la passerelle. Et puis, la mairie nous a promis des panneaux signalétiques à l’entrée de cette passerelle, indiquant notre restaurant.” Sauf qu’à quinze jours de l’inauguration, elle n’en avait toujours pas vu la couleur. “Et j’ai plus ou moins compris qu’il faudrait que je fasse ma pub seule…

Deux embauches de plus si les visiteurs viennent

Si l’Eden des Saveurs n’apparaît plus outre mesure aussi inquiet, c’est qu’en quelques années, le restaurant s’est fait une petite notoriété dans le quartier, attirant aussi les travailleurs du secteur tout en bossant avec l’Office de tourisme. Aujourd’hui, il tourne avec 20 à 30 couverts par service, pour une capacité de 50. Une marge prévue pour le Louvre-Lens : “et si ça marche, on envisage de mettre deux services, et d’embaucher deux personnes“. Enfin, pour le moment, ce ne sont que des supputations : “on attend, je n’embaucherais pas sans savoir. Malgré la passerelle, je pense qu’on peut tirer notre épingle du jeu : nous avons également lancé la vente de produits garnis régionaux.”  Comme pour le Louvre-Lens voisin, premier verdict d’ici quelques mois.

L’intégralité de notre dossier Louvre-Lens :

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