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Doux Graincourt: un pas en avant, un pas en arrière

Petite histoire Par | 21 décembre 2012

Usine à vendre. Toujours à vendre. Les ex-Doux étaient mercredi en préfecture de Lille pour écouter les conclusions d’un cabinet mandaté par le ministère délégué à l’agroalimentaire. Celles-ci ne sont plus aussi positives.

Pour les Doux de Graincourt, le combat n'est pas fini. Photo : Stéphane Dubromel.

Mi-novembre, c’était la demi-joie (relire Doux à Graincourt : les dindons de la farce). Bloquant depuis mi-septembre leur abattoir de volailles de Graincourt (Pas-de-Calais) après sa mise en liquidation judiciaire, les salariés livrés à eux-mêmes avaient trouvé un accord avec Intermarché pour leur fournir des commandes. L’usine était cédée à l’euro symbolique et la Région mettait un million d’euros pour revitaliser le site. Un cabinet d’experts mandaté par Guillaume Garot, ministre délégué à l’agroalimentaire, avait alors visité l’abattoir, laissant entendre que celui-ci était en parfait état de marche, et que les voyants étaient au vert.

Un mois après, le son de cloche est différent. « Le rapport dit que le marché est saturé actuellement, et que ce sera dur pour Graincourt de se repositionner sur celui-ci », résume Fabrice Anot, délégué CGT. « Tout en précisant que l’outil industriel est compétitif, avec des machines de moins de 5 ans ». Un revers difficilement acceptable pour ceux qui tablent sur un développement régional du marché et des partenariats avec des collectivités.

Politique industrielle

Autre point négatif du rapport, les éleveurs. Travaillant auparavant avec Graincourt, ceux-ci se sont rabattus vers la Belgique et les environs. Pour le cabinet d’experts, ils ne reviendront pas. Faux, selon un représentant des éleveurs du Nord de Paris. Les contrats éleveurs-abattoirs sont courts (à la semaine, au mois) et souples. Ce représentant certifie que les éleveurs du secteur reviendront à Graincourt si le site repart.

Après le couac de la nationalisation ratée de Florange, la politique industrielle n’est décidément pas la meilleure alliée de… l’industrie. Fabrice Anot: « Dans un premier temps, tout est bien, tout est OK, et par derrière, tout est mauvais. 40% du poulet en France est importé. On ne comprend pas ces difficultés et ce manque de soutien ».

Autre point ubuesque, le dossier de 22 salariés protégés, licenciés avec un vice de procédure. L’inspection du travail a refusé leur licenciement, et si Doux ne fait pas appel de cette décision, il devra les payer. Pour l’instant, tout est flou. Salaire, pas salaires, ou assurance de garantie des salaires ?

La suite ? Un blocage qui continue, une annonce de vente de l’usine diffusée mondialement, et un rendez-vous au ministère mi-janvier pour un tête à tête qui s’annonce glacial. Joyeux Noël.

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