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Un quinquennat à Denain : ce que pensent les Denaisiens de la nouvelle convention sociale, sanitaire et éducative

Un quinquennat à Denain et Saint-Omer Par | 25 octobre 2012

Nous en parlions il y a quelques jours à travers l’interview du sous-préfet de Valenciennes. Le Denaisis est dans la ligne de mire de l’Etat à travers une convention sociale, éducative et sanitaire. Derrière les mots, nous avons voulu savoir ce qu’en pensaient les Denaisiens, à travers nos premiers témoins et la députée-maire Anne-Lise Dufour-Tonini. 

Au Café de l’Univers, on n’a pas encore entendu parler de la convention

Pas de chance pour DailyNord : les habitués et la patronne du Café de l’Univers n’avaient pas entendu parler de la nouvelle convention. Traduire par : ils n’ont pas lu DailyNord. On leur pardonne. Reste qu’ils ont bien sûr un avis sur la question : « C’est une bonne chose, confie Sophie, derrière le comptoir. Mais il y a déjà des choses qui ont été faites, notamment sur le logement insalubre. Il y a quelques années, un propriétaire de bâtiment insalubre avait été condamné place Gambetta, non ?» (la justice s’en était en effet mêlée, voir cet article de La Voix du Nord, daté de 2009).

Le logement insalubre décidément une belle opportunité pour engager la conversation avec les habitués. Comme celui-ci, qui préfère rester anonyme. Et confie qu’il a un ami qui vit depuis six ans dans une maison sans chauffe-eau. « Le propriétaire ne veut pas faire les travaux. Du coup, il est coincé. Vous imaginez l’hiver, avec sa femme et ses trois enfants.» « Pourquoi ne va-t-il pas à la Maison de la Justice ?», questionne un travailleur en attente de bus. « Je pense qu’il a peur, il n’est pas beaucoup allé à l’école. Mais je vais l’accompagner. Il faut que ça bouge.» Entre deux services, Sophie se glisse dans la conversation : « Vous imaginez aujourd’hui vivre sans salle de bains ? Nous, on a fait refaire la nôtre il y a peu. Quelques jours sans douche, on se plaint… Alors quand on entend ça…»

Anne-Lise Dufour-Tonini, député-maire de Denain : « ça ne va pas changer du jour au lendemain »

Bonne nouvelle, la députée-maire est au courant de la convention. Heureusement, car la mairie est partie prenante d’un projet « que j’ai accueilli avec beaucoup de contentement. Quand l’Etat se propose d’accompagner notre ville, on peut qu’acquiescer.» Evidemment, elle ne promet pas la lune, même si elle tient à souligner que la ville a déjà entamé sa mue ces dernières années : « ça ne va pas changer du jour au lendemain, mais ça nous a déjà permis de discuter ensemble autour d’une table et de se mettre au travail.». On revient quelques instants sur la comparaison Denain-Valenciennes, la seconde ville ayant pris le train en marche il y a bien longtemps pendant que Denain restait en gare : «C’est trop simple de comparer les deux villes. Ce n’est pas le même contexte. Mais il est sûr que Valenciennes a su profiter de la personnalité de Jean-Louis Borloo et de ses fonctions ministérielles

On l’interroge sur les logements insalubres, véritable plaie denaisienne a priori. Anne-Lise Dufour-Tonini ne nie pas le fléau : « Il y a trop de marchands de sommeils à Denain. Lors de mes permanences, les jeudis et samedis, vous verriez le nombre de dossiers qui concernent ça. On transforme des maisons en huit appartements, on y loge des gens pour 600 à 700 euros. J’ai des personnes qui viennent avec des factures de 2 500 euros d’électricité, je leur demande s’ils ont éclairé la Tour Eiffel. Non, c’est juste que les logements sont dans des états déplorables.»

Italo Piraina, épicier de Sapore d’Italia : “il y a du boulot”

Des logements dans des états déplorables, Italo Piraina, l’épicier italien (relire son portrait), en a vu, même dans sa rue. « Et il y a des quartiers plus excentrés, où c’est une catastrophe, il vous faut aller y faire un tour.» Promis. Comment accueille-t-il la convention, qu’il a découvert à la lecture de DailyNord (voilà quelqu’un de bien élevé) ? « C’est une bonne idée, mais y’a du boulot… Et cela passe aussi par l’éducation des gens. Je vous le disais la dernière fois, ici, il y a des gens qui n’ont jamais travaillé.» Et qui, rajoute-t-il, dépensent toutes leurs allocs le 5 ou 6 du mois, «vous verriez c’est l’euphorie dans les rues. Il faut vraiment travailler avec eux.»

Reste qu’il se pose en observateur lucide : « Il y a déjà eu des tentatives de politiques au fil des années. On verra ce que donne celle-ci. Mais vous voyez, Denain bouge ! Et regarde vers l’avenir au lieu de se lamenter sur son passé… »

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