Le petit dico décalé du Nord-Pas-de-Calais : le beffroi

Le petit dico décalé du Nord – Pas-de-Calais, le rendez-vous hebdomadaire immanquable sur DailyNord, est bien entendu de retour. Cette fois-ci, intéressons-nous au mot “beffroi”.

Edifice pointant vers le ciel du haut duquel on jette tout un tas de choses les plus improbables les unes que les autres. A Dunkerque, on y lance par exemple des harengs fumés pendant le carnaval. A Armentières, on s’en sert pour distribuer des Nieulles,  petits gâteaux typiques. A Hesdin, c’est carrément des petits cochons roses (en pain d’épice, est-il indiqué de préciser), une tradition héritée d’une vieille histoire espagnole. Plus dangereux, à Comines, il se pratique le jet de louche en bois (bon, en même temps, c’est Comines et tout le monde sait qu’à Comines…). A Bergues, c’est du fromage (logique, c’est une spécialité locale) et des saucisses. Encore plus fou, à Ypres dans les Flandres, c’est carrément des chats en peluches qu’on balance du haut du beffroi (remplaçant le lancer chats vivants quand au Moyen-Age, ces pauvres bêtes étaient apparentées à des esprits démoniaques. On imagine le tollé aujourd’hui si on réintroduisait le lancer de chats miaulants).

Qui c’est qui a le plus grand ?

Si on continue aujourd’hui à faire des trucs aussi fous du haut des beffrois, c’est parce que déjà au Moyen-Age, les beffrois servaient à dire que la ville était riche et qu’elle se foutait bien du pouvoir féodal en place, qu’elle avait érigé un beffroi justement pour faire comprendre que la commune se gérait comme une grande et faisait bien ce qu’elle voulait. D’ailleurs, c’était aussi du haut du beffroi qu’on appelait les habitants à délibérer sur l’avenir de la commune, que l’on pouvait voir un ennemi s’approcher au loin (assez pratique en plat pays) ou même… procéder à quelques exécutions capitales. Et ouais, ça tue aussi un beffroi.

A prononcer “Béfroooâ” comme Dany

Quant à l’origine du mot, on ne la connaît pas trop. Peut-être qu’elle est à chercher du côté de l’Allemagne, avec le mot “Bergfrid”, littéralement qui garde la paix. Ou encore dans le vieux-français “baffraiz”. En tout cas, avec l’accent ch’ti (et surtout grâce à l’apport de Dany Boon), on dit toujours un “béfroooâ”. Les édifices font aujourd’hui tellement partie du patrimoine nordiste que les 23 beffrois de la région ont été inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO. Et qu’ils sont toujours un prétexte pour faire la fête et continuer à balancer des trucs depuis leurs sommets, sans qu’on puisse être considéré comme cinglé parce que justement, on le fait de tout en haut des beffrois.

Retrouvez les différents mots de notre Petit dictionnaire décalé du Nord – Pas-de-Calais.

Crédit photo : Beffroi de Lille. Photo Stéphane Dubromel.

 

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