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Le canal Seine-Nord en trois “quoi”

Petite histoire Par | 03 septembre 2012

La nouvelle est tombée la semaine dernière : le vieux serpent de mer du Canal Seine Nord est reparti pour tomber à l’eau. Le ministre des Transports, Frédéric Cuvillier, est même attendu pour en parler ce lundi au siège de Voies Navigables de France à Béthune. Histoire que vous ne soyez pas à la ramasse sur ce sujet d’aménagement du territoire lors de votre déjeuner ce lundi midi, voici donc le Canal Seine-Nord en trois quoi.

Le canal Seine-Nord, c’est quoi ?

Un vieux serpent de mer. Vingt ans que l’on en parle plus ou moins sérieusement, dix ans que le projet s’annonce de plus en plus en bonne voie d’eau… C’est le ministre communiste Jean-Claude Gayssot qui avait porté le projet sur les fonts baptismaux au début du magistère Jospin en 1998. Pendant le quinquennat Sarkozy, avec Jean-Louis Borloo à l’Environnement, ça se précise de plus en plus. Tout est signé, et en 2011, le président en exercice invite même les partenaires privés «au dialogue compétitif» pour la fin 2012. Parce que le Canal Seine-Nord, c’est un autre gabarit que la Course à Parenty. Avec ses cent six kilomètres de long, il doit rallier l’Oise (à partir de Compiègne) au Canal Dunkerque-Escaut du côté de Cambrai. Montant de la facture ? 4,3 milliards d’euros. Début des travaux prévus fin 2012, début 2013…

Le canal Seine-Nord, on en parle, pour… quoi ?

Le sujet est revenu sur le devant de la scène en milieu de semaine dernière avec une décla-choc de Bouygues, l’un des deux groupes engagés dans le dialogue compétitif. Voies Navigables de France aurait grosso modo suspendu les opérations d’attribution du Partenariat Public Privé , ce que dément VNF, qui renvoie la balle au gouvernement socialiste. Lequel, par la voix de son Ministre des Transports, Frédéric Cuvillier, renvoie, lui,  la balle en triangle vers Bouygues, tout en confirmant que c’est mal barré et qu’il l’avait déjà dit (dans La Semaine dans le Boulonnais) : le projet lui paraît bien trop cher, qui plus est en temps de crise. Il avait été sous-évalué par la majorité précédente et, en l’état actuel des choses, personne ne peut le financer dans son intégralité. Ce n’est d’ailleurs pas le seul projet dans cette configuration en France : la ligne TGV Bordeaux-Toulouse fait par exemple débat (voir l’article de nos confrères de Carré d’info, là-bas, au soleil)

Et maintenant, on fait quoi ?

Le canal Seine-Nord était l’un des grands projets d’aménagements du territoire ces prochaines années. Avec ses quatre plateformes trimodales construites, il devait occuper 4 500 emplois dans un premier temps, puis 25 000 à l’horizon 2025, soit une belle bouffée d’oxygène pour les territoires picards et nordistes traversés. Il devait également charrier l’équivalent de 500 000 camions sur les routes (ou 13 à 15 millions de tonnes de marchandise) chaque année, et désengorger l’A1… Autant dire qu’économiquement notamment, alors que le chômage repart à la hausse, la nouvelle fait grincer des dents. D’ailleurs, le gouvernement, attendu au tournant, reste prudent : il a annoncé qu’une «mission d’analyse et de proposition sur la faisabilité financière du projet» allait réfléchir à la question. On en saura peut-être un plus ce lundi après-midi avec la venue de Frédéric Cuvillier à Béthune au siège de VNF. Il paraît qu’on va parler serpent de mer…

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2 Commentaires

  1. “une belle bouffée d’oxygène pour les territoires picards” va se résumer pour ceux qui habiteront dans le périmètre des plate-formes multimodales par un apport non négligeable de Co2 et des hordes de camions faisant des centaines d’allers-retours quotidiennement.

    Quant aux emplois très qualifiés (caristes, préparateur de commandes, techniciens de surfaces), je crains que cela ne fasse pas le bonheur des picards. Les emplois de cadres étant réservés comme d’habitude à l’élite parisienne car les picards sont vus(à tord) comme de la main d’oeuvre sous qualifiée et bon marché.

    Ce sera également la mort programmée des petits mariniers et la destruction irrémédiable des berges de l’Oise, de sa faune et de sa flore. Les écologistes sont contre ce projet, comme quoi “la grande bouffée d’oxygène” va asphyxier plus rapidement l’Oise et la Picardie.

  2. Bon ben finalement cet après midi le ministre a confirmé la continuité du projet …

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