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Braderie de Lille : pour mieux rentrer dans le(s) moule(s)

Basses Chroniques des Hauts de France Par | 01 septembre 2012

Comment évoquer la plus grande braderie d’Europe sans tomber dans les éternels poncifs ? Et pourquoi pas par le prisme de l’un de ses produits vedettes, la moule ? Car en fouillant bien, il y en a des choses à dire. Avant de les engloutir. Notre nouvelle rubrique du samedi, Basses chroniques des Hauts de France, est à lire avec bière et frites.

Chez les moules, c’est le branle-bas de combat. La braderie lilloise, c’est le D-Day des crustacés en robes noires, l’occasion d’un débarquement en force qui fera un maximum de victimes. Mais c’est sans nul doute le plus beau jour pour mourir. Sa robe d’écailles, comme toutes ses sœurs d’armes, sera exposée aux yeux de tous, composant une montagne ou plutôt une pyramide de cadavres participant à un rituel bistrotier dont les origines se sont perdues dans la nuit des temps. Toutefois le saviez-vous ? ce concours primaire de la gargote qui a la plus grosse et la plus haute constitue l’opération communication de l’année pour nos amis les moules. Parce que sinon, quand parle-t-on des moules ? Jamais. À la différence des huîtres, star des plateaux (de fruits de mer) et des fêtes de fin d’année, la musculus n’a que la braderie de Lille comme caisse de résonnance. Elle peut d’ailleurs remercier la légendaire originalité des reportages -nationaux comme régionaux- qui ne pourront jamais évoquer le moindre millésime sans se pencher sur le cliché de la fameuse moules-frites. Au point que s’il n’y avait pas le risque de retrouver un individu décédé entre deux éditions, reportages photos et télés pourraient être recyclés plusieurs années de suite puisque toujours conçus dans le même… moule.

Basses chroniques des Hauts de France, c’est quoi ?

Le samedi c’est permis! Une semaine bien souvent anxiogène au niveau de l’information mérite bien que l’on appuie sur la touche pause. Et cette pause vaut bien une prose. Légère mais parfois sévère, insouciante mais ciblée, souvent absurde mais avec l’ambition d’être instructive, cette chronique est à lire décontracté, entre croissants et divagations du week-end. À vous de lire. Et surtout à vous de voir…

Un plat belge, mine de rien !

Le produit de la mytiliculture est sain, dommage que son bilan carbone soit saboté par les milliers de barquettes plastiques utilisées pour sa consommation. Le nec plus ultra est de tomber sur des moules cuites façon caoutchouc servies dans une barquette en plastique, baignant dans un jus ressemblant à de l’eau stagnante et accompagnées de frites molles. Cherchez bien, vous trouverez.

Mais après tout, qu’est-ce que le sort funeste d’une moule anonyme à côté de ces enfants embarqués dans une poussette avec pour panorama tout ce qu’une foule propose en dessous de la ceinture ? Entre les conséquences olfactives d’un cassoulet très mal digéré où le danger brûlant d’une cigarette incandescente tenue entre des doigts distraits, nos bambins ne vont plus à la braderie mais à la guerre ! Idem pour les chiens, confrontés au plus grand catalogue de godasses du monde. Emmener son toutou à la braderie, c’est du stress au bout de la laisse. Mais que font la Dass et la SPA ?

Concluons en revenant à notre point de départ. Si il y a peu de chances qu’un loufiat vous explique qu’il va vous servir un mollusque lamellibranche comestible à coquille bivalve sombre, vivant fixé par un byssus sur les rochers battus par la mer ou dans les estuaires (définition du Larousse) accompagné de bâtonnets de pommes de terre frits, l’origine du plat demeure à sa portée.

La moules-frites était en Belgique le repas du mineur au XIXe-XXe siècle. Un plat fourni par les sociétés minières à leurs employés; pas cher et facile à préparer. Met du pauvre avant de devenir un must populaire, vous serez sans nul doute une fois de plus nombreux à succomber à la tradition ce week-end. Et après cette lecture, vous ne regarderez certainement plus vos moules avec le même œil, leur consacrant quelques secondes supplémentaires avant leur jugement dernier.

Crédit Photo : Edouard Hue sur FlickR

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