Petite histoire Par | 07H30 | 07 septembre 2012

(Exclusif) Bernard Pacory, président du Crédit Agricole Nord de France : tiens, un banquier qui se goinfre !

Bernard Pacory, le président du Crédit Agricole Nord de France, est un roi du cumul et des rémunérations… illégales. En voici la preuve.

Il s’appelle Bernard Pacory et son nom ne vous dit sans doute rien. Normal. Ce monsieur a beau être l’un des plus influents dirigeants de la région Nord-Pas-de-Calais, il apprécie beaucoup l’ombre. Et il détestera cet article. Le CV de Bernard Pacory est long comme un bottin. Directeur général adjoint de la CCI Grand Lille, cet ancien capitaine au long cours s’y occupe des Ports depuis 1989. On lui a ensuite confié les parcs d’activités, puis la direction générale déléguée de l’immense plate-forme logistique de Dourges. Pour occuper ses temps libres, notre homme est aussi conseiller du commerce extérieur de la France et consul honoraire de la République de Hongrie pour le Nord-Pas-de-Calais. So chic ! Cerise sur le gâteau, il a été élu à la surprise générale président du conseil d’administration de la Caisse régionale du Crédit Agricole en avril 2011. Et là, on ne rigole plus. Car la banque verte est une puissante incontournable en pays ch’ti, où elle finance 25 % des investissements…

Un statut d’agent administratif des CCI qui interdit formellement tout cumul d’emploi rémunéré

Bref, Bernard Pacory est un homme occupé. Bien payé aussi. Comme directeur général adjoint de CCI tout d’abord, son salaire de base. Mais pas seulement. Et c’est là qu’est l’os ! Car le statut d’agent administratif des CCI interdit formellement tout cumul d’emploi rémunéré. Dont acte ! Il suffit de trouver l’astuce. A la plate-forme multimodale Delta 3, elle prend la forme d’un « versement forfaitaire » mensuel de 6 300 euros HT. Sans oublier les primes : 15 000 euros nets en 2005, 20 000 euros nets en 2006, 25 000 euros nets en 2008, 30 000 euros nets en 2010. A la présidence du Crédit Agricole, l’astuce réside dans une « indemnité compensatrice de temps passé » de 6 330 euros mensuels. Ici, pas de primes apparemment, mais un véhicule de fonction et une retraite complémentaire.

 

Risque financier, juridique et pénal

Versement forfaitaire, indemnité compensatrice… Autant de doux noms qui peuvent donner l’illusion que la règle d’absence du cumul de rémunération est respectée. Or un rapport confidentiel réalisé par le cabinet d’avocats parisiens Benesty-Taithe-Panassac pour le compte de Delta 3 – auquel DailyNord a eu accès – démonte point par point le subterfuge. « La situation de Monsieur Pacory s’assimile (…) bien plus à un cumul d’emplois qu’à une mise à disposition », concluent les avocats pour qui « la situation ne saurait perdurer sans risque » (voir fac similé ci-dessus, cliquez pour agrandir). Risque financier et juridique… mais aussi pénal. Car la plate-forme Delta 3 et les Ports de Lille, placés sous la responsabilité d’une seule et même personne, sont susceptibles de passer des contrats…

Avant de postuler pour prendre la tête de la banque verte, Bernard Pacory donne des gages à Philippe Hourdain, président de la CCI Grand Lille : « Par la présente, j’ai l’honneur de solliciter votre accord pour présenter ma candidature à la présidence du conseil d’administration de la Caisse régionale de Crédit Agricole ; si celle-ci était retenue, cette activité ne sera pas rémunérée et ne portera pas atteinte aux intérêts de la CCI », écrit-il le 8 mars 2011 (voir fac similé ci-contre). Le code monétaire et financier est pourtant limpide : « Les rémunérations allouées aux administrateurs et dirigeants d’organismes agricoles en contrepartie des fonctions qu’ils exercent, relèvent de la catégorie des traitements et salaires ».

 Une démission imminente

Ce qui est étrange, c’est que le microcosme politico-économico-médiatique lillois est parfaitement au courant de cette affaire. Mais l’omerta règne. Sans doute en raison de l’omniprésence de la banque dans la région. Le rapport du cabinet Benesty-Taithe-Panassac a quand-même fini par atterrir au début de l’été sur le bureau du Procureur de la République de Lille… sans que rien ne bouge. Aux dernières nouvelles, Bernard Pacory – qui n’a pas souhaité nous répondre sur un sujet qu’il qualifie « d’ordre privé » – devrait « démissionner » incessamment de la CCI Grand Lille. Une solution qui lui permettrait de partir sans bruit et sans perdre la face. Après avoir remboursé ?

Crédit photo Une et Texte : Capture d’écran d’une interview de Bernard Pacory, par Grand Lille TV.

Mise à jour : suite aux révélations de DailyNord, Bernard Pacory a été suspendu de ses fonctions à la CCI Grand Lille en attendant une probable révocation. A lire ici.

Pour retrouver les belles petites infos de DailyNord (pour rappel, dernièrement : Conseil Général du Pas-de-Calais : une délégation à 144 000 euros aux Jeux Olympiques de Londres / Louvre – Lens : une place pour la fille de Percheron / 4,3 millions pour l’ex directeur général du Crédit Agricole Nord de France ? / Surcouf vend la moitié de ses magasins dont celui de Lille), n’hésitez à vous abonner à la newsletter, à devenir fan sur Facebook ou à nous suivre sur Twitter.

 

6 Commentaires

  1. En tout cas voilà une information (que dis-je, une exclusivité) que ne risqueront pas de vous faucher la VDN et Nord-Eclair (sans oublier Wéo mais bon eux personne ne les regarde) puisque le CANF a plus que des billes dans ce groupe de presse. Sachant que la banque (à vérifier) doit également sponsoriser des spots de France 3 ou encore France Bleu, le crédit à bricoles n’a donc rien à craindre. Et ainsi vont les principaux médias dans notre région. Mais ne dit-on pas qu’on a la presse qu’on mérite?

  2. Si tout cela est vrai, la place de ce monsieur est en prison !

  3. Tout ceci est bien entendu vrai…

  4. Monsieur allez voir sur info greffe la société civile coopérative à capital et personnel variable CAISSE DE CREDIT AGRICOLE MUTUEL NORD DE FRANCE au capital 186 euros oui 186 euros demandez les statuts il y a que 12 associés qui ont chacun une part de 15€25 véridique demandez aussi les statuts d’origine. Avec 183 € on gère une banque qui a une capitalisation bancaire de 300 millions d euros. Tout peut être controlé c’est étonnant que personne demande les statuts de cette société civile coopérative…

  5. Évidemment la société civile n a pas dirigeant c est gérant ou plusieurs qui représente la société civile tout acte fait une personne autre que le ou gérant inexistant c est inexistant plus personne ne rembourser les emprunts sont inexistants. Le procureur doit saisir le tgi pour la nomination d un gérant c est son rôle le TGI ne peut saisir d office la saisine d office n existe pas en matière de procédures civiles .Après la nomination d un représentant celui ci demander de placer la banque sous tutelle et une banque solvable doit l intégralité de la société civile. L AMF la BCE la banque de France doivent faire une annonce aux français tout les actifs doivent être saisie pour garantir les dépôts seul les dépôts sont garantis.tout peut être vérifié il faut agir vite dans ce genre d affaire sinon c est la panique des places financières QUE FAIT L ÉTAT C EST BIZARRE TOUT LE MONDE EST INFORMÉ ET PERSONNE BOUGE bonne journée

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