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Combien ça coûte la braderie de Lille ?

Rebrousse-poil Par | 30 août 2012

Ce week-end, c’est la grande braderie de Lille. Les agoraphobes apprécieront, les matheux aussi. Parce que DailyNord s’est lancé dans une entreprise à sa démesure : calculer le coût d’une braderie et ce qu’elle peut rapporter.

Des euros et des euros... Combien coûte la braderie ? Photo Stéphane Dubromel

Lançons-nous donc dans un calcul un peu fou : le coût total de la braderie. « C’est impossible à dire », éludait Jacques Richir, adjoint au maire chargé de la braderie. « L’opération propreté est par exemple intégrée chaque année dans notre budget tout comme la location des sanitaires par exemple ». Qu’importe, nous allons nous lancer, calculatrice à la main, à ce que peut bien coûter (et rapporter) notre célèbre braderie de Lille.

Combien ça coûte pour la ville ?

Car si les mètres de trottoirs sont offerts aux bradeux, les moyens mis en œuvre par la ville de Lille sont conséquents. On parle de 400 agents municipaux, notamment mobilisés pour nettoyer la ville lors les nuits. A raison de 30 heures de braderie (sur 48 heures, on leur laisse quand même neuf de repos par jour), d’une moyenne de 30 euros par heure (c’est-à-dire le salaire et les charges patronales, en prenant la fourchette basse), ça nous fait déjà la bagatelle de 360 000 euros. Auxquels il faut ajouter la location de 14 sanisettes, qui, si elles sont louées 1500 € l’unité (comprenant le transport, l’installation, les vidanges, etc.), reviendraient à  20 000 €. Ajoutons ensuite le matériel annexe (comme la location d’une quinzaine de bennes et les 2500 cartons pour recueillir les déchets recyclables) et le budget communication (dont l’application I-Phone financée par la Ville de Lille). Et nous arriverons très vite à un chèque de 400 000 euros au bas mot pour l’aspect logistique pure.

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Et la sécurité, nom d’un Euro ?

A ce stade, n’entrent pas encore dans le calcul les aspects sécurité, et notamment le salaire du millier de forces de l’ordre mobilisé (1,2 million sur une base de coût total horaire de 40 €, puisque nous prenons en compte aussi les gradés de la police, les hauts placés de la préfecture et les douanes) et les 300 pompiers (partons sur 50 000 € les deux jours). Tous comptes faits,  nous totalisons donc 1,65 million d’euros, soit plus d’un million et demi sur deux jours.

L’important, c’est ce que ça rapporte… aux commerçants

Mais alors, combien ça rapporte la braderie ? C’est le plus difficile à évaluer. Si l’on choisit arbitrairement un portefeuille moyen de 30 euros par bradeux avec le boire, le manger et les achats (pour certains, ce sera beaucoup moins et pour d’autres beaucoup plus, nous sommes d’accord) et que l’on multiplie par la fourchette haute des 3 millions de badauds, ça nous fait donc un total 90 millions d’euros de chiffre d’affaires brassés le temps d’un week-end. Divisé à travers les 35 heures de braderie (qui on le sait dépasse souvent les horaires officiels), ça fait quasiment d’environ 2,6 millions d’euros dépensés par heure sur l’ensemble de la ville. Ou si l’on ventile sur les 10 000 exposants, on atteint la coquette somme de 9 000 euros de chiffre d’affaires sur le week-end (à retrancher du prix matières premières, des marchandises et de la main d’oeuvre évidemment). Oui, bon, c’est sûr que ce n’est pas en se débarrassant des vieilleries de son armoire que l’on peut espérer gagner une telle somme mais on comprend peut-être mieux maintenant pourquoi les marchands et les brocanteurs professionnels sont prêts à faire des milliers de kilomètres pour s’installer à la braderie de Lille…

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4 Commentaires

  1. 14 sanisettes pour 2 millions de visiteurs annoncés ? No kidding ?

  2. Daily nord sous estime largement les coûts indirects de l’opération :

    Après la braderie, les espaces publics lillois degorgent de saleté. De plus, c’est Esterra ( un service exterieur) qui fait tourner tout son personnel et tous des camions pour evacuer des centaines de tonnes de detritus.
    Estera calcule le coût d’une tonne de detritus ramassé, géré et transporté. Ce qui pourrait donner une indication. L’article n’en dit mot.

    Propreté urbaine
    Dans le cas de la braderie, il faut plusieur jours d’efforts du personnel d’Esterra pour remettre les rues et les trottoirs en etat. L’article est muet sur ce point.

    Daily Nord a negligé le coût des services d’urgence dont on sait l’importance. VDN a d’ailleurs publié un interview du responsable du Samu 59 irrité au plus haut point par le concommittance de la Braderie et du match à hauts risques Losc PSG.

    Ne figurent pas non plus les tarifs reduits de Transpole et de la SNCF pour la Braderie. Ces efforts sont à la charge du contribuable.

    La gêne aux riverains.
    Enfin,, il y a l a gêne causée aux riverains, les pauvres Lillois qui subissent de plus en plus mal le barnum urbain qui a commencé avec Lille 2004, ses ivrognes, ses bars de nuit, son vacarme nocturne. La santé a un prix et il est inestimable. Passons….

    Ne passons pas sur le temps perdu par l’encombrement generalisé de la ville, le stationnement abusif etc…

    Pour les recettes, les pompes à bière en font beaucoup. Mais . puisqu’il y n’y a pas de pissotières, les Lillois se bouchent le nez car quand on voit de la cervoise, ça excite la miction, ce que la ville n’a toujours pas compris ! Un interview des courageux balayeurs de Transpole nous eclairerait sur cette absence de vespasiennes. Ils connaissent bien mieux la vile que les courtisans de la Tsarine puisqu’ils en arpentent les pavés du matin au soir 365 j par an, ce qui n’est certes pas le cas du maire de Lille ou de son predecesseur. On comprend ce dernier, il aurait vite fait une chute sur les trottoirs aux pavés disjoints qu’il a aimablement retrecis pour créer le stationnement bilateral. Sous les pavés un ocean de profit…..

  3. Excusez moi Indytexto mais à la lecture du papier, il me semble que c’est essentiellement le coût humain qui est abordé. S’agissant du Samu 59 qui comme l’indique le numéro concerne le département du Nord et non la ville de Lille, seule la référence au nombre (et donc le coût humain et matériel) de ses interventions lors des éditions précédentes pourrait proposer un indice de départ. Sachant qu’on ne peut souhaiter que les choses se passent mal… l’hypothétique facture finale demeure aléatoire. Pour aller dans votre sens je dirais que c’est plutôt la note d’une organisation comme la Croix-Rouge qui a été omise. Enfin s’agissant d’Estera, je ne suis ni économiste et encore moins financier mais le coût de cet événement exceptionnel n’est-il pas intégré dans le coût global de la redevance annuelle que paie la municipalité à cet organisme? Cela constitue sans nul doute un surcoût mais c’est aussi la conséquence d’une ville à l’égo surdimensionné, une tare remontant bien avant 2004 et dont le reste de la région paie le lourd tribut social, environnemental et économique. A côté de cela, le problème des vespasiennes… c’est du pipi de chat!

  4. Merci pour vos remarques judicieuses. Effectivement DailyNord s’est engagé dans un calcul aussi savant qu’imprécis, que personne n’avait jamais osé faire jusque là… Le problème principal reste que la plupart des frais engendrés par la braderie sont comptabilisés dans les budgets annuels, comme le souligne d’ailleurs l’élu. Ainsi les 450 tonnes de déchets ramassés lors de la braderie sont une petite goutte dans la montagne d’immondices que la Ville doit gérer chaque année… Idem pour les commodités louées, la ville gère déjà de nombreuses sanisettes permanentes à l’année. Sans oublier que les toilettes des bars, bistrots, cafés, brasseries sont largement mises à contribution pour l’évènement. Nous avons maintenant une année pour nous améliorer en maths et en probabilités !

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