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Un quinquennat à Saint-Omer : à “La Tête Ailleurs”, Aurélien a bien la tête à l’Audomarois

Réalités | Un quinquennat à Denain et Saint-Omer Par | 23 juillet 2012

Nouvelle incursion à Saint-Omer, la deuxième cité de notre quinquennat. Une ville bourgeoise prétend la rumeur, ce qui nous a conduit à nous intéresser à la principale agglomération de l’Audomarois. Rue des Epeers, dans le centre-ville, Aurélien, qui a repris le café La Tête Ailleurs, réfute l’argument. Et va devenir, s’il le veut bien, l’un de nos témoins sur les cinq prochaines années.

La rue des Epeers aujourd'hui. La rue des Epeers avant. A droite, le café d'Aurélien.

C’est l’une des nombreuses jolies petites places de Saint-Omer. Située à l’entrée de la toute aussi jolie rue des Epeers, à deux pas du coeur de la ville, au calme, elle accueille notamment un café où nous nous étions arrêtés lors de notre première venue dans la cité audomaroise. A l’époque, on n’avait pas voulu vous refaire le coup du café comme introduction d’une ville, comme à Denain. Pour une deuxième incursion, on s’est dit que ça valait finalement… le coup. D’autant que le patron avait l’air plutôt sympa. Et c’est bien connu : un commerçant a toujours quelque chose à raconter.

Dans les belles bâtisses se cachent aussi beaucoup de studios

Aurélien, patron de la Tête ailleurs.

Le patron de ce bar dénommé La Tête ailleurs ? Aurélien. 26 ans, à son compte depuis deux ans, après avoir bourlingué en Normandie, à Boulogne-sur-Mer et à Porquerolles. Une histoire d’opportunité qu’a su saisir ce natif de la cité audomaroise. Une ville bourgeoise, d’ailleurs, lui assène-t-on d’un petit air provocateur : « ça, c’est le cliché, répond le bonhomme en essuyant le comptoir. Il y a de superbes propriétés bien cachées derrière les portes d’entrées. Mais il n’y a pas que des riches. Quand vous regardez à l’intérieur des bâtisses, il y a aussi beaucoup de studios. » On vérifiera. Et comme dans chaque ville, le petit commerce souffre, notamment dans la rue des Epeers : « regardez, fait-il en saisissant une vieille carte postale. Ça, c’était la rue des Epeers. » La même rue pas de doute, des commerces en moins, un charme suranné peut-être en plus. Longuenesse et son centre commercial Auchan, son magasin de sports Decathlon et tout le tintouin sont passés par là.

Le triptyque du commerçant : habitués, lycéens code wifi et touristes

Alors pourquoi jouer les suicidaires et reprendre un bar ? On se rassure, Aurélien n’est pas un illuminé. Il a trois types des clientèles ici : les habitués, dont Alain, 69 ans, dont nous aurons un jour l’occasion de vous reparler, d’abord. Les lycéens ensuite car il y a plusieurs grands établissements autour d’ici. Des jeunes qui viennent à la sortie des cours ou pour déjeuner. D’ailleurs, Aurélien aimerait qu’ils aient un peu plus de conversation avec lui que la sempiternelle demande de code de wifi ! Enfin, il y a les touristes, car Saint-Omer est une ville touristique. Faudrait-il encore que les Audomarois s’en rendent compte : « quand je vois des gens qui passent l’aspirateur dans leur voiture dans la rue piétonne le samedi matin, je me dis que ça ne fait pas très envie aux touristes. » Pour faire envie, et redynamiser ce secteur de la ville, les commerçants ont d’ailleurs décidé depuis un an d’organiser un petit marché artisanal le samedi matin.

Attention à l’extrême-droite !

Aurélien s’en sort-il, lui qui travaille seul du lundi au samedi ? « Ça va. Bon, quand on fait le ratio temps passé-argent versé, ce n’est pas terrible. Et faut pas se leurrer : avec les charges, la fiscalité, ce sera de pire en pire. » Comme avec la gauche, oriente-t-on perfidement la discussion, puisqu’il est bien connu que tous les commerçants sont de droite ? Raté. « J’ai toujours voté à droite. Cette fois-ci, j’ai voté à gauche, j’en avais marre de Sarkozy. Mais la gauche a la pression : je le vois bien ici. Si ça ne marche pas, ça basculera vers les extrêmes… » Que l’on ne compte pas sur lui pour valider cette tendance inquiétante : il ne se voit pas voter pour le FN. Et d’ailleurs, finalement, il ne discute jamais beaucoup de politique dans son café : « ce qui les a tous marqué, c’est la retraite. Mais on en a parlé très peu. Un peu plus du foot et de la prestation de la France à l’Euro. »

Rendez-vous avant cinq ans

C’est l’heure de partir. Pourra-t-on repasser à la Tête ailleurs – « c’est pratique d’ailleurs ce nom quand j’oublie la commande d’un client,je lui montre ! »- lors de nos cinq prochaines années ? « Bien sûr ». D’ailleurs, comment s’imagine-t-il d’en cinq ans avec ses croques et paninis : « On ne sait pas. J’aurai fini de rembourser déjà. Ce qui est sûr, c’est que je ne vais pas faire fortune d’ici là ! »

Découvrir le projet quinquennat.

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