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Présidentielle : debriefing

Le monde selon moi | Petit théâtre de Martine Aubry Par | 07 mai 2012

Comme disait Léon Blum, fraîchement installé président du Conseil après la victoire du Front populaire : “Les ennuis commencent maintenant…». Le travail ne manquera pas au futur gouvernement. Pas d’état de grâce en vue pour un président directement plongé dans le bain de la politique au plus haut niveau.

La guerre des chefs à l’UMP. Sarkozy en pré-retraite, l’UMP n’a plus de leader, seulement des chefs. Autant dire que le chef de file pour 2017 n’est pas encore désigné. Mais – les promesses n’engageant que ceux qui les écoutent – l’ex-président peut très bien se mettre en tête de la garder, la tête de l’opposition, car son score n’est pas celui d’une Ségolène Royal en 2007 ou d’un Jospin écarté du second tour en 2002. Et, le vide ou le trop-plein aidant, tenter de se représenter d’ici cinq ans, après le démantèlement d’une UMP défaite soumise à la pression du Front national. Pas encore un duel, mais un antagonisme persistant, l’affrontement Copé-Fillon n’aurait alors pas lieu. L’ancien locataire de l’Elysée profiterait des élections intermédiaires de 2014 pour nourrir son dessein et préparer les primaires de son camp. Si, à droite, le scenario d’un Sarkozy revenant persiste, c’est le spectre de la division qui s’éloignerait et son statut de recours qui s’affirmerait. Si Sarko s’en va effectivement “faire du fric” – et, son immunité présidentielle disparue, affronter éventuellement quelques procédures de justice – et se faire oublier de la scène politique française, c’est la grande recomposition à droite qui pointe son nez. Avec une Marine Le Pen en embuscade.

Les élections locales. La gauche ne peut que perdre des positions en 2014. L’Etat-PS (Elysée, Matignon, Sénat, régions, et sans doute Assemblée nationale), un vrai piège pour la gauche,  sera nécessairement soumis aux réalités et suscitera déceptions et regrets. Qui se traduiront dans les urnes municipales et territoriales. Une vraie opportunité pour la droite qui devra se chercher un leader (voir ci-dessus).

Le PS. Martine Aubry lâchera le parti au prochain congrès. Mission accomplie pour celle qui pourra se targuer d’avoir rafistolé la “vieille maison” et participé à la victoire de François Hollande. Qui pour lui succéder ? La réponse conditionne naturellement la personnalité qui dirigera le parti (Désir, Cambadélis, sont candidats). Problème : il y  aura tellement de bonnes volontés pour devenir ministre ou cacique parlementaire que le PS risque de manquer de talents ! De quoi susciter l’émergence d’une nouvelle génération de militants, probablement sur le versant gauche voire radical, du parti. Et il n’est pas interdit d’imaginer un PS rebelle et indiscipliné vis à vis des pouvoirs de gauche à l’oeuvre…

Marine Le Pen. Elle va vouloir pousser son avantage aux législatives du mois prochain (elle-même se présente à Hénin-Beaumont). Et s’affirmer comme incontournable à droite, surtout si l’UMP se met à sombrer ou à tout le moins à tanguer sérieusement. Parallèlement, elle prépare les élections suivantes, municipales et territoriales, là où il y a des positions à prendre, sans oublier les européennes où le scrutin proportionnel avantage régulièrement les listes Front national. De quoi marquer encore l’opinion. Et porter le fer dans une droite républicaine en mal de second souffle.

Jean-Luc Mélenchon. L’autre révélation de cette élection, au terme d’une campagne-happening où furent convoqués les fantômes de 1848. Objectif Assemblée pour l’ancien socialiste, bien calé dans son rôle de tribun de la plèbe, qui devra gérer son capital dans l’opinion (et ainsi contrebalancer l’influence des écologistes) et ne pas apparaître comme le greffier du parti communiste, requinqué par ses 11 % du premier tour et qui, ainsi conforté sur ses positions locales, peut retrouver ses réflexes d’antan de “liquidateur”. En tout cas, son destin d’un Die Linke à la française, bousculant les alliances à gauche, est en passe de réussir.

François Bayrou. 7%, 18%, 9%, voilà le drôle d’itinéraire au cours des trois dernières présidentielles de celui qui veut (encore) révolutionner le centre. Son ralliement mesuré à François Hollande est plus le fruit d’une histoire personnelle que le produit d’une stratégie. Car désormais une bonne partie de l’électorat centriste est orphelin et les prédateurs intéressés ne manqueront pas (Morin, Borloo,…). De plus, le béarnais risque fort de se retrouver passablement esseulé au Palais-Bourbon, mais il a l’habitude des traversées du désert. Le PS lui sera gré – peut-être…- en ne désignant personne sur sa circonscription. Le patron du MoDem peut-il espérer un accord national avec son nouvel allié pour faire entrer quelques députés centristes?  Rien n’est moins sûr. En admettant que la tactique prenne corps et que les électorats locaux suivent, ils ne seraient pas nombreux. Maigre consolation.

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Tenu par le journaliste Marc Prévost, et dans le prolongement du livre le Petit Théâtre de Pierre Mauroy, il décrypte et éclaire les coulisses de la vie politique locale et nationale et parfois aussi d’autres choses. C’est son choix !

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