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Martine Aubry : Les conséquences de son ratage

Petit théâtre de Martine Aubry | Région Par | 16 mai 2012

Titine de Fer ne manque pas d’air…dans NE de ce jour, elle justifie sa non-participation  à l’exécutif en se comparant à Pierre Mauroy, Premier ministre pendant mille jours et qui, de retour à Lille, continuait à occuper la scène nationale et à “peser” sur le cours des hommes et des événements. Certes, mais précisément Pierre Mauroy avait été le locataire de Matignon ! Le premier Premier ministre de la première alternance de notre République. La maire actuelle de Lille ne sera même pas ministre dans le gouvernement Ayrault…De plus, Martine Aubry abandonne son poste de première secrétaire du PS après avoir remis sur les rails de la victoire la vieille maison qui n’en finissait pas de se lézarder. “Quand j’ai annoncé (mi-avril dans Nord Eclair*) que je ne serai pas candidate à ma propre succession, j’avais déjà parfaitement intégré que je ne serai pas ministre, ni premier ministre”, explique-t-elle. Fanfaronnade ? Je pense que le fait qu’elle ne se présente pas elle-même sur une circonscription lui a coûté. Elle a bien essayé de s’en faire attribuer une en 2006 avec le succès que l’on sait : c’est Hollande, patron du PS, et qui sait l’importance des galons d’élu de la nation et qui a une lecture parlementaire des institutions- qui l’avait écartée. Il fallait mordicus un premier ministre chef de campagne législative et la maire de Lille, bloquée par le décumul des mandats qu’elle a elle-même imposé, souffrait ainsi d’un certain déficit de légitimité parlementaire (voir billet précédent Titine de Lille et Jean-Marc le Nantais). Voilà comment il faut interpréter sa réponse. Autre raison, politique celle-là : le score décevant de Jean-Luc Mélenchon au premier tour. La gauche de la gauche pas aussi haute que prévu, la nomination d’une Aubry, réputée proche de la même chapelle, se justifiait moins.

Même son fidèle Jean-Marc Germain, le sherpa qui l’accompagne depuis au moins dix ans à la mairie, à la communauté urbaine de Lille et rue-de-Solférino, va tenter de se faire élire dans une circonscription de la région parisienne (l’observateur idéal pour une Aubry hors jeu de l’assemblée nationale, signe d’une volonté d’émancipation de la part d’un fidèle collaborateur soucieux de voler de ses propres ailes ? D’ailleurs au détriment d’un hollandaison notera également qu’une partie de sa garde rapprochée est entrée au gouvernement : François Lamy, Marylise Lebranchu, Valérie Fourneyron,…). Ce qui en dit long sur la guerre des éléphants qui fait déjà – encore ! – rage au PS ! S’il y a un jeu de l’assiette au beurre ce sera dans son entourage lillois, dans l’appareil aubryste même. Mais sûrement pas du côté des élus et des prétendants à l’intérim autant dire à la succession. La patronne reste.

Christian Decocq et la droite métropolitaine. Ils n’auront donc pas à croiser le fer avec Pierre de Saintignon pressenti pour occuper le fauteuil majoral si Titine de Fer parisienne. Aïe ! De quoi compliquer leurs affaires aux Decocq à Lille et Daubresse à la communauté urbaine, tous deux en mal d’expression, où les perspectives d’alternance ne pointent toujours pas le nez. De là à parler de baisse de régime ou d’autorité affaiblie  …

Daniel Percheron/PdS. Du coup, c’est Daniel Percheron qui doit être content. Partisan de Hollande désormais président, se surprendra-t-il à jouer les prolongations au conseil régional alors que sa succession – pour cause de cumul – est prévue d’ici la fin de l’année ? Pierre de Saintignon, désormais premier vice-président, retrouve certes toutes ses chances de s’asseoir dans le fauteuil présidentiel. Mais le retrait d’une Martine Aubry du parti socialiste risque de ralentir la dévolution du rusé sénateur.

*Oui, bon, on le savait depuis quelques semaines déjà qu’elle ne serait pas candidate à sa succession rue de Solférino. Désir et Cambadélis en embuscade. Ceci dit, sait-on jamais ? S’il faut garder une tribune nationale, ce peut être celle du parti et puis, les promesses n’engagent…. De même, l’argument Rocard 81 trouve une certaine pertinence en ces temps d’alternance avec un Marchais à 15 %, mais pas Rocard 88…puisque le héraut de la deuxième gauche a été propulsé à Matignon après un Mitterrand impérial président sortant réélu qui n’avait pas besoin des communistes (André Lajoinie à moins de 7 % au premier tour de la présidentielle). On rappellera que Rocard, qui avait défié Mitterrand dans les congrès socialistes avant 81, n’avait hérité que de maroquins de troisième importance sous le premier septennat mitterrandien.

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5 Commentaires

  1. Je sais que je vais vous chatouiller -un peu- dans le mauvais sens du poil Marc, mais tant pis. Voici la conclusion du dernier billet de votre ami Pascal “calounet” Cobert: “Martine Aubry donne l’impression que l’engagement politique s’apparente à un plan de carrière dans une entreprise au sein de laquelle un cadre postule toujours au poste supérieur jusqu’à parvenir au zénith de la hiérarchie. Curieuse conception…” C’est tout à fait cela. Et cela illustre parfaitement la professionnalisation à outrance de la politique qui, vous vous en êtes douté, me hérisse au plus haut point.

  2. Ben, justement, je ne suis pas trop d’accord ! Comparaison n’est pas raison. Un cadre sup’ peut être mis au placard s’il n’a pas ce qu’il veut mais il reste dans la boîte tout en cherchant un autre job. Ce n’est pas tout à fait le cas avec quelqu’un qui refuse ou qui n’est pas choisi dans un gouvernement. Si c’était le cas, c’est une sacrée partie de poker-menteur que joue la maire de Lille ! après tout Titine n’a été salariée du privé pur et dur que quelques années (Péchiney, ah oui j’oubliais: stagiaire à France Soir…). Sur la professionnalisation, il y a quelques similitudes certes ou des réflexes communs, mais on confond souvent nomination avec professionnalisation. Ce qui est vrai : il y a peu de socio-pros (on dit société civile) dans ce gouvernement.

  3. Il est vraisemblable qu’Aubry n’a pas refusé d’être Ministre, mais que rien ne lui a été proposé alors que le choix de Hollande pour Matignon s’était depuis longtemps porté sur J.M Ayrault, un homme qui ne dev

  4. un homme qui ne devait rien à personne; un militant pur jus n’ayant pas eu besoin d’un Papa pour lancer sa carrière. Un homme surtout en qui il peut avoir pleine confiance…..

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Tenu par le journaliste Marc Prévost, et dans le prolongement du livre le Petit Théâtre de Pierre Mauroy, il décrypte et éclaire les coulisses de la vie politique locale et nationale et parfois aussi d’autres choses. C’est son choix !

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