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Nouvelles pyramides (3) : au Louvre-Lens, on a les mots pour le dire

DailyUne | Rebrousse-poil Par | 18 janvier 2012

Moins d’un an à attendre ! Qu’est-ce qui peut bien enthousiasmer DailyNord à ce point ? Le Louvre-Lens pardi. Ouverture programmée en décembre 2012, et depuis déjà plusieurs années, une sémantique propre à ce musée même pas encore né. Car il faut de beaux mots pour évoquer ce faramineux projet et en général toutes ces fameuses cathédrales que nous vous présentons dans ce dossier Nouveaux pharaons pour nouvelles pyramides. Revue de sémantique.

 

Louvre-Lens

« Je pense que dans vingt ans, l’agglomération lensoise sera l’agglomération qu’Euralens a rêvé, avec des fonctions, des métiers, des emplois tels qu’on en trouve dans une grande métropole. Le départ des Houillères sera oublié. Le désert économique qu’elles ont laissé sera derrière nous. » L’auteur de cette petite phrase, prononcée avec emphase ? Les amateurs auront reconnu Daniel Percheron, président de la Région Nord – Pas-de-Calais. Jamais avare de bons mots et de belles envolées quand il s’agit de parler du Louvre-Lens, son bébé. Comme les autres porteurs du projet d’ailleurs : car à lire les interviews, naviguer sur les sites consacrés à l’ouvrage, regarder les reportages, il y a LES mots pour parler du Louvre-Lens. Une sémantique dans laquelle on retrouve des éléments récurrents.

La géographie d’abord

Les mots du Louvre-Lens (*), ce sont d’abord quelques références géographiques. Comme la « localisation idéale au carrefour de l’Europe » entre Lille, Arras, Paris, Londres ou Bruxelles (et tout ce que vous voulez : la localisation idéale est un concept bien nordiste, où chacun se prétend au carrefour de quelque chose, on aura l’occasion d’en reparler). Sans manquer d’y ajouter la référence temps fatidique : 1h10 de Paris. Et quelques noms de villes pour en jeter un peu plus : Bilbao d’abord (qui ont connu le renouveau grâce à la culture), Metz désormais (avec son Centre Pompidou).

Le cliché ensuite

Ensuite, la sémantique du Louvre-Lens comprend quelques références historiques. Et on n’hésite pas à appuyer sur le passé quitte à raviver quelques clichés que l’on reproche justement à nos amis parisiens en temps normal : Lens et le Bassin Minier sont des territoires « meurtris », des territoires « qui ont souffert » « avec de la sueur et du sang », bref une terre complétement sinistrée au fil des années pour parler plus simplement… Et d’ailleurs, on le rappelle à chaque fois, comme pour insister encore sur la souffrance des gens qui ont vécu ici : le Louvre-Lens ne s’élève-t-il pas sur un ancien carreau de mine ?

Ne surtout pas oublier de parler de renouvellement

D’où l’intérêt d’un Louvre-Lens, formidable projet qui va renouveler le territoire. Important ça pour marquer la cassure avec les clichés précédemment cités. Renouveler voire révolutionner tant qu’on y est. Guy Delcourt, député-maire de Lens, cette fois-ci : « l’arrivée du Louvre est une chance pour l’économie de Lens. Les habitants sont fiers de leur ville. Ils ont à nouveau le moral et croient à la création d’emplois. » Pas de doutes à avoir, la machine va repartir. L’économie, l’emploi, le développement local, une métropole du bassin minier, la place dans l’échiquier européen sont forcément des mots employés pour symboliser ce Louvre-Lens,  qui sera « le signe de la fin de l’hiver pour le bassin minier » (on vous laisse devenir l’auteur). Un horizon pas si lointain d’ailleurs.

Une chance, que dis-je, un espoir, que dis-je une flamme !

Dans les mots du Louvre-Lens, on n’oublie pas non plus de mettre en exergue l’implication, sans quoi rien n’aurait été possible. Chaque financeur souligne ainsi la sienne tant qu’à faire (Région, Lens, Communauté d’Agglomération Lens-Liévin), mais aussi la mobilisation des autres : les habitants. Jamais oubliés dans les discours. Impliqués, mobilisés, fiers, ils vont profiter d’une culture, levier de développement (ajoutez le mot formidable où vous voulez). « C’est une chance, ne la laissons pas passer », s’enthousiasmait encore notre Président de région. Le Louvre-Lens, une chance, un espoir, une flamme, une reconnaissance aussi pour le Bassin Minier. On a déjà tous les mots pour le dire. Ne reste plus qu’à espérer que les faits nous permettent de les écrire dans les livres d’histoire régionaux…

(*) Nous axons le propos sur le Louvre-Lens. A peu de choses près tenant à l’utilisation du bâtiment et sa localisation géographique, les autres pyramides évoquées dans la première partie de notre dossier, emploient – ou ont employé – une sémantique parallèle.

A relire dans ce dossier consacré aux nouveaux pharaons et nouvelles pyramides :

– Revue d’édifices (1)

– Il y a 20 ans, Euralille-sur-Deûle (2)

Crédit photo : Galerie de Union Dr Ernest Schaffner, Lens, sur FlickR

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