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Martine Aubry n’ira pas à l’Elysée : c’était écrit

DailyUne | Réflexions Par | 17 octobre 2011

Et voilà, pour le plus grand bonheur de la droite qui trépignait de les voir se terminer, les Primaires viennent de laisser tomber le rideau. Et François Hollande en est logiquement sorti le grand vainqueur, boutant hors du jeu sa rivale et successeur à la tête du PS, Martine Aubry. Pour la maire de Lille, ce n’est pas une surprise. Entre mauvais timing, coïncidences malheureuses et boules puantes, sa campagne ne laissait pas beaucoup d’autres issues. La preuve que c’était mal barré, en trois actes.

Acte 1 (juin) : Une déclaration de candidature ratée

Martine Aubry, candidate à l’Elysée ? On y aura donc cru quelques mois. Notamment à partir de la célèbre affaire de la chambre 2806 de Dominique Strauss-Kahn aux Etats-Unis. 2806, des chiffres qui auront porté malheur à deux socialistes au moins : DSK donc, mais aussi Martine Aubry. Après plusieurs semaines de tergiversations, de rumeurs,  pendant que François Hollande bat déjà allégrement la campagne, la maire de Lille décide de se lancer. Un 28 juin (28/06) à Lille. Alors que son annonce a a priori de quoi occuper les médias pour quelques jours (et la lancer sur de bons rails), les événements s’en mêlent et s’emmêlent dans la tête des Français : nomination le soir-même de Christine Lagarde au FMI, libération des otages de France Télévisions le lendemain, soupçons sur la véracité du témoignage de Nafissatou Diallo le vendredi dans l’affaire DSK. Déjà que Martine Aubry n’aime pas trop la volatilité des réseaux sociaux et des médias, la voilà servie : à peine déclarée candidate, déjà oubliée…

Acte 2 (juillet-août) : Se faire entendre… mais sans se laisser dépasser par les rumeurs

Juillet est arrivé. La deuxième grande période de Martine. Fébrile et jugée comme une candidate de substitution à DSK, la maire de Lille sait qu’elle doit faire la course derrière Hollande. Du coup,  elle sort une proposition de son sac griffé Lille 2004 : augmenter le budget de la culture de 30 à 50%. On a connu plus inspiré, certains jugeant même que c’est sa principale erreur… Qu’à cela ne tienne, on va rattraper le coup pour se faire entendre. A Avignon, l’amie Martine s’offre une séance people. Elle qui n’a jamais aimé les flashs se retrouve à poser dans Paris Match avec son avocat de mari, Jean-Louis Brochen. Sans pour autant aider à dérider le personnage. Attaqué de toute part sur le web, avec sa moitié : lui est avocat des islamistes, elle est alcoolique ou malade… Du coup, l’équipe de campagne annonce la couleur : MA. Présidente va nettoyer le web. Un blogueur strasbourgeois en fera même les frais…

Acte 3 (septembre-octobre) : Présidentiable certes, mais bien seule…

Septembre, octobre. C’est le moment d’accélérer la cadence pour Martine Aubry toujours distancée dans les sondages. D’autant que les premiers débats arrivent. L’occasion de se rendre compte qu’elle tient quand même la route, notre maire de Lille (comme quoi, on sait aussi dire des gentillesses sur DailyNord). Mais elle est bien seule : là, c’est BFM-TV qui la tacle parce qu’elle a soi-disant quitté le direct furax d’une question sur Guerini (elle n’aurait en fait pas entendu la question ce qui n’est sensiblement plus la même chose) ; par là, c’est Royal qui l’assassine sur son expérience électorale ratée de 2002 (en la qualifiant d’unique, alors que Martine Aubry avait été élue députée en 1997) ; sur un plateau télé, c’est DSK qui la fusille en déclarant qu’il y avait bien un pacte avec son « amie » Martine ; ici, c’est encore un de ces proches de l’équipe de campagne, François Pupponi, qui est obligé de quitter l’arène pour quelques affaires judiciaires… Une conjonction d’embûches qui ne l’empêcheront cependant pas d’accéder au second tour. Où elle aura encore dû avaler quelques couleuvres : aucun de ses rivaux du premier tour n’a appelé à voter pour elle…

Alors, non, décidément, ça ne pouvait pas passer…

Pour revivre la campagne de Martine Aubry, lire ou relire notre Feuilleton Présidentielle 2012.

Lire également l’analyse du Petit Théâtre de Martine Aubry : Le plus dur a déjà commencé.

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