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Débats primaires PS : debriefing

Le monde selon moi | Petit théâtre de Martine Aubry Par | 29 septembre 2011

– François Hollande au dessus de la mêlée. Subtilement, l’ancien patron du PS, qui maîtrise mieux que personne ce genre de débat ouvert, pousse ses pions. Hier, à l’occasion du second débat des primaires socialistes, ses amabilités vis à vis d’un Arnaud Montebourg laissent entendre qu’il cherche à se ménager une alliance de second tour. Le candidat à l’investiture socialiste sait que sur sa droite, le report d’un Manuel Valls lui est théoriquement acquis. Reste à nouer un accord avec l’aile gauche, incarné à l’occasion de cette joute des primaires par le président du conseil général de Saône-et-Loire, qui, selon les sondages, talonne pratiquement – voire supplante – une Royal. De quoi couper l’herbe sous le pied de Martine Aubry et l’isoler pour le second tour ? Au vu de la passe d’armes entre la première secrétaire du PS et son contradicteur Montebourg au sujet des affaires Guérini et Woerth, on est tenté de répondre oui…Enfin, la tactique Hollande préfigure celle d’un candidat à la présidentielle.

– Bon sprint final de Martine Aubry qui a retrouvé des accents oratoires qu’on ne lui soupçonnait pas. La maire de Lille n’a pas baissé la garde pendant ce second affrontement, moins policé que le premier, et a déroulé ses arguments avec cohérence et détermination. Mais cela suffira-t-il à rattraper son retard inscrit dans les sondages ? L’hypothèse d’un retrait honorable “pour la bonne cause du parti et l’espoir de l’alternance”après le premier tour prend de l’épaisseur.

– La magie Ségolène n’opère plus. Manifestement, le “moment” Ségo est passé. Désormais, la présidente de Poitou-Charentes s’emploie à monnayer – très cher – son ralliement éventuel aux deux premiers qualifiés. D’autant plus que Valls et Montebourg, partis outsiders de second rang, et promus challengers en pleine lumière, font désormais figure de faiseurs de roi ou de reine. Comme Ségolène.

– Manuel Valls et Arnaud Montebourg. les deux gagnants de ces débats. Bon debaters, télégéniques, rompus à la rhétorique de plateau télévisé, ils occupent leur pré carré, mènent rondement leur barque et prennent date. Et jouent pour 2017. Contrairement à Jean-Michel Baylet, qui, lui, vise un retour au gouvernement en cas de victoire d’un des candidats d’hier soir. Et qui ne sera pas lui.

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3 Commentaires

  1. Ce qui m’a toujours époustouflé dans ces commentaires à chaud de prestations politiques télévisées c’est qu’ils ressemblent à s’y méprendre aux compte-rendus de papiers sportifs. Ainsi, Marc, je vais traduire -en toute modestie- votre billet dans la lignée de la rubrique “Le jeu et les joueurs” de l’Equipe.
    François Hollande confirme son expérience consommée de la Ligue 1 et accrédite un peu plus à chaque sortie ce rôle de meneur de jeu qu’il a patiemment conquis en acceptant si longtemps le rôle obscur de pourvoyeur de ballons. En alternant jeu court côté droit et jeu long sur l’aile gauche, il donne le tempo à ses partenaires qui, bien que lui reprochant de ne pas aller suffisamment au charbon, semblent se résigner à son rôle quasi annoncé de taulier du vestiaire socialiste. Privilégie la constance aux coups d’éclat.
    Martine Aubry a beaucoup couru; et taclé bien moins dans le vide qu’à l’ordinaire. Ce net regain de forme n’efface toutefois pas son retard en terme de préparation foncière. La faute à une titularisation bien trop tardive suite à la suspension surprise de l’archi-titulaire du poste, DSK du FC Sarcelles. Sortie de son trou lillois et de a rue de Solférino en pleine période estivale, elle n’avait pas autant de matches amicaux dans les jambes que ses rivaux. Sa connaissance du haut niveau demeure son seul atout.
    Comme les hommes de Raymond Domenech en 2006, Ségolène Royal ne retrouve plus la fraîcheur qui en avait fait une finaliste surprise en 2007. Ses fameux appels et contre-appels qui faisaient le régal du public ne surprennent plus ses adversaires, et à trop garder le ballon Ségolène a perdu la confiance de ses partenaires. Longtemps courtisée par les plus grands clubs, il semble qu’elle achèvera sa carrière à l’US Poitiers. A moins d’un improbable retournement de situation, on ne la voit pas arracher sa qualification dans le temps réglementaire. Plutôt au terme d’une longue séance de tirs au but.
    Jean-Michel Baylet est un survivant de la période des frères Revelli. Sympathique mais complètement largué à l’époque des Messi, Ribéry et autres Ronaldo. Est resté sur les schémas tactiques d’Albert Batteux et Jean Snella…
    Enfin Montebourg et Valls rappellent la grande époque des vrais ailiers, collés à la ligne de touche, avec Arnaud à gauche et Emmanuel à droite. Leurs débordements incessants donnent une incontestable touche offensive et, à l’avenir, ils devraient adresser de nombreux centres pour le jeu de tête de Hollande. A lui de savoir les exploiter. Car pour nos deux gaillards, c’est une place de titulaire qu’ils caressent pour 2017. Laurent Blanc, en quête de joueurs percutants, garde un oeil sur eux. Mais le chemin est long. Et une grave blessure politique est si vite arrivée…

  2. Pas mal, devriez faire du journalisme.
    La comparaison est naturelle : il y a de la triche en sport et en politique, je crois ?

  3. Oui mais aussi du sexe, de l’argent, des vainqueurs, des vaincus, des changements de têtes au gré des succès ou des défaites, des compositions d’équipes et stratégies improbables… et même du dopage.
    Mais cela n’est que le jus de la vie.
    Non, ce que je voulais souligner, c’est cette tendance générale à commenter les joutes politiques comme une épreuve sportive, autrement dit plus dans l’observation (la plupart du temps évidente d’ailleurs) que dans l’analyse de fond. Un discours sans risque quoi. Et bien souvent opportuniste. Peut-être -et c’est cette question que la profession journalistique doit se poser- le désintérêt incontestable des Français envers la politique provient du fait qu’il y a 90% (au moins) de Thierry Rolland, avec la même longévité, dans le journalisme politique.
    Bien entendu, n’oublions pas les intervenants -toujours les mêmes- aussi fins que Jean-Mimi Larqué.
    Bref, c’est là où les blogs jouent leur rôle le plus intéressant selon moi: un regard sans aucun doute subjectif mais au moins une prise de risque sur le plan de la critique, sans se draper des oripeaux des pseudo spécialistes. Raison pour laquelle je ne manque pas de scruter ceux de Pascal Cobert, Marc Vasseur, du Chafouin, de La Brique… et de Marc Prévost bien sûr (un peu de fayotage ne fait jamais de mal…).

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