DailyUne | Réalités Par | 17H35 | 03 septembre 2011

Braderie de Lille : bradeux, montre-moi ton objet…

Depuis ce samedi matin, c’est la Braderie de Lille… Un sacré scoop. Comme il faut être maso pour aimer s’immerger dans la foule compacte, claquer de l’argent dans des trucs idiots  ou encore tomber malencontreusement dans les tas de moules parce qu’on a trop bu, nous avons préféré nous intéresser aux objets bizarres que nos chers bradeux mettent en avant. Portraits croisés.

Steve. Ostende. (Belgique, bah oui…)

Steve-braderie

Avec Steve, c’est plutôt cool. Normal, il vient du Plat pays. Alors, Steve, qu’as-tu d’étrange dans ton étalage ? Il montre des morceaux de ferraille verts. « Ça sert à quoi ? ». « Demande aux gens ». Ce sont des cheminées achetées en Angleterre pour un prix qui restera secret. N’ayant pas les 200 euros (à débattre) pour me les offrir, je les laisserais là. Steve est un habitué de la braderie, avec plus de 20 ans de présence, dont 15 comme vendeur. Et donc les cheminées, c’est recherché. Paraît même que l’on peut en faire des objets de décoration raffinés, et que cela fait très bien dans un salon. La preuve, des gens ont déjà demandé le prix. Parce que ça accroche l’oeil, et ça, les pros le savent bien. « C’est unique, comme pièce. Certains achètent des tableaux, et d’autres ces objets ». Au suivant.

Emmanuel. Reims. (France, au cas où…)

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Chez Emmanuel, on monte un peu en gamme. 29 ans de braderie tout de même. Tableaux, vieilles affiches, objets un peu plus raffinés et moins ferraille (mais ferraille de luxe) que son voisin belge. Ce qu’il aime, ce sont les vieilles photos. Et là il dégaine une lithographie de Brel et Maddly Bamy, sa dernière compagne. Joli. Mais son objet à lui, c’est un tableau. Une reproduction des Glaneuses de Jean-François Millet. L’original est exposé au musée d’Orsay et atteint les millions d’euros. Cette copie, elle, est mise à prix à 150. « Je l’ai trouvée chez un particulier qui n’en voulait plus, pour 50 euros ». Une affaire pour le Rémois. Une autre affaire aussi que celle de cette aquarelle, achetée à perte. Un jour, de colère, Emmanuel en brise le verre et découvre un dessin au dos, bien plus précieux. Il est désormais en lieu sûr. Et pas sur la braderie.

 Claude. Lille. (C’est où?)

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Alors Claude, montre-moi donc un objet. Il reste perplexe devant son étalage, pourtant recelant quelques perles. « Ah, ça. Apparemment ça vient de Royan. C’est… un peu kitsch. Ça se vendait sur les plages. Je ne le mettrais pas chez moi». Certes. Une belle boîte à n’importe-quoi, intérieur velours rouge et extérieur en coquillages. « On l’a trouvé chez la grand-mère, dans les Ardennes. Ça vient peut-être des années 50 ». Et cela se vend, mais c’est plutôt un achat second degré. 10 euros. Paraît même que c’est coté dans un magazine tout ce qu’il y a de plus sérieux. « C’est comme ça qu’on s’est dit que cela valait quelque chose ». En tout cas, cela le fait bien rire. Photos, et on s’éclipse. Sa fille a bien cru que l’objet allait trouver preneur. Mais nous sommes des gens de goût, chez DailyNord. Next.

Jean-Pierre. Sedan. (Ardennes. C’est beau…)

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Je le confesse, ce qui m’a attiré chez Jean-Pierre, c’est la pin-up nue en plastique avec un serpent autour du cou. Et derrière elle, deux énormes têtes de requin et de crocodile. Trop beau pour être vrai. Jean-Pierre est un pro, installé boulevard Lebas, avec 17 braderies au compteur. La tête de croco vient de Bruxelles. Elle est en résine. Il paraît que c’est l’idéal pour décorer une boîte de nuit, ou un bar. « La tête de requin dans une poissonnerie, c’est extra ». Le stand de Jean-Pierre recèle son lot de bizarreries. Entre les squelettes dans leur cercueil ou les têtes de monstres dans des vitrines, le coeur balance. Ces objets viennent pour beaucoup de Belgique, des Pays-Bas, ou de Grande-Bretagne. Le fin du fin, c’est le confessionnal en kit qu’il aimerait bien vendre pour ne pas le monter pour rien, car c’est un peu éloigné du meuble Ikea. Sinon, il y a le vélo géant qui apparemment passe tous les ans à la télé. On en restera à la tête de croco à 150 euros.

 Myriam. Lille. (J’ai trouvé où c’est…)

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Elle rechigne un peu à parler de son objet, Myriam. La boîte à coquineries que ça s’appelle. Évidemment, dès qu’il y a du sexe, ou de l’argent, ou des femmes de chambre, ça attire le journaleux. On est comme ça, on préfère s’intéresser au truc embarrassant plutôt qu’aux autres. Donc dans cette boîte, si l’on y met l’oeil (que l’oeil), on peut y voir quelques reproductions d’images coquines du début du siècle dernier. Elle est composée d’un DVD, de cartes postales, et d’un livre animé (l’oeil collé à la boîte, c’est ça). Mais pourquoi s’en séparer ? « On ne peut pas tout garder. Et puis je trouve formidable, de transmettre les objets, qui ont comme cela plusieurs vies. Sur une braderie, on est tenté par des tas de choses, alors il faut faire de la place ». Pas de prix pour la boi-boîte. Ce sera en fonction du client. Le sous-titre « les années folles » fait bien rire son amie, qui trouve que c’est exactement cela. Avis aux amateurs. Quant à moi, je vais écouter ma K7 audio des Guns’n Roses à 1 euro. Une relique.

Textes et photos : Stéphane Dubromel

1 Commentaire

  1. Combien la boîte à coquineries ?
    Très belles photos…

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