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Une bien triste nouvelle. Un champion olympique peut donc se suicider. Pierre Quinon avait décroché l’or du saut à la perche aux J.O de Los Angeles, en 1984. Sa difficile reconversion  – et il n’est malheureusement pas le seul ! – inspira diverses mesures pour créer et améliorer le statut du sportif de haut niveau. Les spécialistes de l’humour noir diront qu’il a fini comme son modèle en peinture, Nicolas de Staël, ce peintre d’origine russe qui se défenestra vers le milieu des années cinquante à Antibes, non loin d’Hyères, là où Quinon avait ouvert une rôtisserie. Les communiqués précisent qu’il s’est jeté d’une hauteur de cinq mètres. Lui qui fut recordman du monde avec un saut de 5 mètres 82 n’a donc pas hésité, cette fois sans perche…Les grands sportifs sont comme les artistes, fragiles et mystérieux. Pierre Quinon était tout cela à la fois.

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3 Commentaires

  1. Robert Enke, gardien de but international allemand s’est jeté sous un train, Jacques Mayol (oui oui, l’apnéiste multi recordman du monde qui a inspiré Le grand bleu) a choisi la corde, le cycliste Marco Pantani (même si tous les doutes ne sont pas levés) a opté pour la méthode chimique et, mieux que Quinon (sic) c’est du sixième étage que l’Autrichienne Claudia Heil, médaillé d’argent en judo aux Jeux Olympiques s’est jetée (tout comme… Mike Brant qui, il est vrai, n’évoluait pas dans le même registre). Tout cela pour vous dire que cette galerie de sportifs (loin d’être exhaustive) était frappée de dépression, mot ô combien important que vous ne mentionnez pas dans votre billet mon cher Marc.
    Et vous savez comme moi que cette pathologie tape dur de nos jours, surtout dans le monde du travail (enseignants, fonctionnaires de la fonction publique, policiers, gendarmes, France télécom, Renault…). S’agissant de nos sportifs, la “petite mort” du retrait de la compétition de haut niveau peut entrer en ligne de compte. Mais ce n’est pas la loi du genre. D’ailleurs, un lointain reportage diffusé sur Stade 2 (réalisé par Alexandre Boyon, un Nordiste) révélait la reconversion de Pierre Quinon dans la rôtisserie et l’homme ne semblait pas en pâtir. La dépression est une maladie et fait fi du palmarès, aussi prestigieux soit il, de ses proies.
    Et si j’osais -allez, j’ose- je dirais que l’acte tragique de Pierre Quinon est un message que l’on pourrait décrypter ainsi: la dépression est une souffrance que le commun des mortels se doit de prendre une fois pour toutes au sérieux. Afin d’y remédier, plutôt que de s’apitoyer le temps d’un fil info. Mais n’a-t-on pas peur de ce que l’on ignore? la réponse est dans la question.

  2. Oui, bon…je parlais bien des champions olympiques, je n’en connais pas beaucoup qui se sont suicidés. En athlétisme, il y a Antonio Pettigrew (4X400 à Sydney), mais il avait été convaincu de dopage et avait dû rendre ses médailles…il y en a sûrement d’autres, c’est sûr. Ce que je veux dire, c’est que le destin d’un champion olympique moderne, avec la légende qui s’attache à son sillage, n’est pas de se donner la mort. Allez savoir : après tout, les stoïciens préconisaient le suicide…
    Et je fais remarquer que Quinon était un sportif amateur. Difficile de le placer dans la catégorie des pros qui raccrochent et qui affrontent en plus des problèmes de reconversion, des problèmes d’argent.

  3. Je concède, mon cher Marc, m’être plus attaché à la lettre qu’à l’esprit -et même m’être enflammé un peu, si, si- mais sans remettre en question votre conclusion. Pierre Quinon était assurément un personnage atypique, sans aucun doute éreinté par une sensibilité à fleur de peau. Simplement je voulais dire que la dépression est un phénomène qui frappe le monde sportif à une échelle dépassant le cas isolé (en ne tenant pas compte de la proportion des dopés qui eux doivent exploser les stats) que ce soit sur le toit du monde comme sur le mont Olympe. Je laisse à David Douillet cette phrase à mon sens très juste quant à la relativité d’un titre:”On n’est champion olympique que le jour de la compétition, le lendemain, c’est fini.” Quinon a écrit une page somptueuse de l’histoire du sport français, mais a semble-t-il séché lorsqu’il fallut rédiger la suite de sa vie, une fois la compétition derrière lui. Même la plus belle des médailles ne peut chasser des démons intérieurs pugnaces. Elle les atténue un temps, sans plus.

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