L'autre information du Nord – Pas-de-Calais

Comité départemental du tourisme Pas-de-Calais : “si on se plante, on assumera”

DailyUne | Réflexions Par | 13 juin 2011

Aller en vacances dans le Pas-de-Calais. Une idée à la con, assurément. Demandez à votre cousin parisien, vous verrez son sourire narquois. Sauf qu’au Comité départemental du tourisme, on croit dur comme fer que le Pas-de-Calais a une carte à jouer dans le tourisme de demain. Entretien avec les responsables pour évoquer “l’autre paradis”, sa communication osée et ses grands projets.

DailyNord : Le slogan de votre campagne de communication d’il y a quelques années, toujours présent sur votre site, c’est le « Pas-de-Calais, en vérité, il existe un autre Paradis ? » On s’en est quelque peu moqué dans ses colonnes l’an dernier (Venez dans le Nord – Pas-de-Calais : revue de slogans). Ce n’est pas un peu exagéré ?

Diana Hounslow et Claire Beaufromé (*) : Oui, ça l’était ! Le slogan était osé. Mais on a voulu jouer sur l’image que les Français de Paris et du sud de la Loire avaient de nous : ici, il fait gris, les gens ne parlent pas français, ne mangent pas de viande. On a fait le choix de partir dans l’excès inverse, qui s’inscrivait dans une campagne nationale sur le Pas-de-Calais, avec un site EdenExpress. D’ailleurs, ça a marché : et notre idée a même été copiée par les Ardennes…

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Pour le court séjour, le Pas-de-Calais a “de l’intérêt et des charmes que les gens ne soupçonnaient pas”

DailyNord : Il y a le slogan, certes, mais honnêtement le Pas-de-Calais, c’est moins attractif que de nombreux autres départements ?

Diana Hounslow et Claire Beaufromé : Moins attractif… Peut-être… Quand l’agence de communication est venue d’Aix pour la campagne dont on vient de parler, on a demandé spontanément ce qu’elle pensait du Pas-de-Calais. Réponse : il pleut beaucoup, il y a beaucoup d’industries. Mais finalement, quand les gens viennent, ils sont séduits. On a encore eu l’exemple avec les Trophées du tourisme responsable de la SNCF. Deux jeunes sont venus… avec des pieds de plomb. On leur a montré les places d’Arras, on leur a fait la visite de Noeux-les-Mines avec un greeter (bénévole qui s’improvise guide touristique insolite, on y reviendra plus bas, Ndlr), on a mangé à Saint-Omer, avant de finir sur le site des Deux Caps, sous un temps splendide. Ils étaient enchantés ! Le regard change et ça commence à se savoir. Alors, bien sûr, il ne faut pas exagérer : le Pas-de-Calais n’est pas la destination n°1 bien souvent. Mais pour le court séjour, elle a de l’intérêt et des charmes que les gens ne soupçonnaient pas.

DailyNord : Les habitants du département, voire de la région, ne soupçonnent pas non plus l’attrait du Pas-de-Calais…

Diana Hounslow et Claire Beaufromé : En 2004, nous avions fait une étude sur le sujet. La question était : comment percervez vous le département ? Les habitants n’étaient pas convaincus du potentiel touristique du Pas-de-Calais. Pour eux, c’était un département moche, mais dans lequel ils vivaient très bien… D’ailleurs, à l’époque, c’était l’affaire d’Outreau. Et quand on demandait aux gens d’où ils venaient, il répondait de Lille quand ils vivaient à Bully-les-Mines ou de la Somme quand ils vivaient à Saint-Pol-sur-Ternoise. D’où l’idée de communiquer autrement avec l’autre paradis, ce qui était une première en matière de tourisme pour assumer le département. Aujourd’hui, nous sommes heureux d’avoir fait cela. Et même le regard de quelques décideurs touristiques a changé…

Bienvenue chez les Ch’tis : “on a eu un peu de mal à se reconnaître là-dedans”

DailyNord : Avec le recul, Bienvenue chez les Ch’tis, c’est une réussite touristique pour vous ou au contraire, ça a renforcé les clichés ?

Diana Hounslow et Claire Beaufromé : Le film de Dany Boon est arrivé au moment où on cherchait un nom pour les greeters. C’était tentant de faire du Ch’ti greeter. On l’a testé à l’intérieur de la Direction régionale du tourisme et il y a eu une levée de boucliers quasi-généralisée. Du coup, on a choisi non pas d’ignorer le film, car on en parlait, on le défendait, mais de se différencier de cette appartenance ch’ti. D’ailleurs, le directeur du CDT de la Somme ne comprenait pas qu’on ne fasse rien, alors que lui avait axé là-dessus. Avec le recul, on est peut-être passé à côté de quelque chose. Mais Bienvenue chez les Ch’tis avait un côté éphémère et caricatural. Des amis, qui voyagent en camping-car, ont enlevé leur plaque 62 parce qu’ils en ont marre de l’apéro à chaque fois ! Le Comité régional du tourisme nous parle d’un effet très positif, de notre côté, on a un peu du mal à se reconnaître là-dedans. Bergues, oui, en revanche, dans le Nord, en a bien profité !

cap-blanc-nez-gris-nezDailyNord : En parlant du département du Nord, ce n’est pas trop dur pour le tourisme dans le Pas-de-Calais d’exister à côté de Lille et de son rayonnement?

Diana Hounslow et Claire Beaufromé : Lille est un très bel outil. Dans le Pas-de-Calais, nous n’avons pas de grande ville. Juste Calais. Du coup, Lille n’est pas une concurrence. Bien au contraire : pour les travaux que l’on mène au Louvre-Lens, l’Office de tourisme de Lille s’intègre même et joue le jeu avec nous, alors qu’il pourrait très bien faire les choses dans son coin.

Le Louvre-Lens, la destination des aventuriers

DailyNord : Un mot sur les trois chantiers du Pas-de-Calais en ce moment : Les 2 Caps, le Louvre-Lens et les Jeux Olympiques…

Diana Hounslow et Claire Beaufromé : Concernant le site des Deux Caps, qui vient d’être classé Grand Site de France, il y a de nombreux enjeux : le site est surfréquenté (deux millions de visiteurs chaque année). D’où notre difficulté : on doit imaginer une manière de promouvoir un lieu en respectant les environnements naturels et humains. Dès les beaux jours, il y a énormément de circulation, de parkings sauvages, de campings-cars qui font des vidanges sauvages sur la plage… Nous avons mis en place un travail étroit avec les intercommunalités concernées pour que tout le monde vive au mieux cette fréquentation touristique. Et que l’on accueille également mieux les visiteurs : aujourd’hui, nous remarquons des tarifs trop élevés par rapport à la qualité de prestation de certains établissements.

DailyNord : Passons au Louvre-Lens. Vous pensez réellement que le musée, aussi attractif soit-il, va attirer la foule en plein Bassin Minier ?

Diana Hounslow et Claire Beaufromé : Nous croyons bien évidemment au Louvre-Lens. Mais attention, nous ne sommes pas dupes. Lens ne sera jamais une destination touristique classique, il faut le reconnaître. Nous sommes à Lens, jouons avec cela. Le Louvre-Lens est plus à destination des aventuriers ! Des gens qui veulent voir autre chose que les musées « plus culturels » de Paris ou d’Arras. Et encore une fois, il faut que les habitants adhèrent, que l’on joue sur ces fameux clichés pour démystifier Lens. Il faut jouer sur le décalé.

terrilsDailyNord : Comment « jouer avec les clichés » ?

Diana Hounslow et Claire Beaufromé: L’un des problèmes actuels, dans la région, c’est que le tourisme n’a pas forcément été choisi par les habitants. Ils le subissent avec des professionnels venus d’ailleurs . A eux de se prendre en main et à nous de les aider. On peut réfléchir par exemple à des hébergements plus originaux autour du Louvre-Lens : dans des maisons d’ingénieurs, dans des anciens corons. Mais attention, en trouvant le juste équilibre : il ne faut pas sombrer dans la caricature !

Jeux Olympiques : “si on se plante, on aura l’air ridicule”

DailyNord : Les Jeux Olympiques… On en a parlé dans DailyNord, on se pose clairement la question de l’intérêt et des réelles retombées (relire Jeux Olympiques 2012 : pourquoi le Pas-de-Calais n’a plus que ça à la bouche) ?

Diana Hounslow et Claire Beaufromé : A l’époque, on s’est aussi posé ces questions. Alors, avant toute chose, on a fait une comparaison toute simple : combien coûte un hébergement à Londres en période olympique d’un côté, combien coûte un hébergement à Coquelles, ainsi que le transport jusqu’à Londres de l’autre côté. C’est finalement beaucoup plus cher de loger dans le Pas-de-Calais et de se rendre sur les sites olympiques  que de loger directement à Londres. Du coup, on a pris le problème dans l’autre sens : combien certains spectateurs sont-ils prêts à payer pour rester auprès des sportifs qu’ils aiment et qui, eux, prépareront les Jeux Olympiques dans le Pas-de-Calais ?

DailyNord : Donc vous jouez sur l’envie des gens de dépenser et non d’économiser…

Diana Hounslow et Claire Beaufromé : Il y a cet élément là, mais on mise surtout sur les Jeux Olympiques pour développer le tourisme sportif. Au Comité départemental du tourisme, avant la préparation des Jeux Olympiques, on ne travaillait pas sur le sport, à part le golf et le char à voile. On a découvert ce monde. Et on a appris des choses : lorsqu’une fédération trouve un endroit qui lui convient, qui correspond à ses critères sportifs et son environnement touristique, elle en parle autour d’elle. C’est l’effet boule de neige et ça génère une nouvelle forme de tourisme, un peu comme le tourisme d’affaires. Il y a un vrai potentiel là-dessus qui permet aussi de ne plus dépendre que des Anglais. En 2009, quand on a accusé 30% de baisse de fréquentation britannique avec la crise, on l’a senti passer. A terme, le tourisme sportif, avec les nouvelles installations, permettra d’entraîner un nouveau tourisme hors saison.

DailyNord : Vous avez bien évidemment conscience que si la fréquentation touristique escomptée pendant les Jeux Olympiques, voire après avec le tourisme dit sportif,  n’est pas au rendez-vous, tout le monde va vous tomber dessus…

cdtDiana Hounslow et Claire Beaufromé : L’impact, on le verra le jour venu. Il y a évidemment un risque et si on se plante, on aura l’air ridicule. Et on assumera. Mais si on ne fait rien, on le regrettera. Alors, on tente et on est passionné par ce projet, même si au début, on pouvait être un peu sceptique. D’ailleurs, les Offices de tourisme du département n’étaient pas très enthousiastes au départ ! Maintenant, ils sont convaincus, ils adhèrent à cette démarche, qui consiste également à attirer les visiteurs sur les autres atouts de notre territoire ou une histoire commune, comme la Grande Guerre avec les Américains ou les Néo-Zélandais.

DailyNord : Jeux Olympiques, Louvre-Lens, pour accueillir tout ce monde, il faudra bien que les gens parlent anglais…

Diana Hounslow et Claire Beaufromé : Il y a du boulot sur l’apprentissage des langues étrangères. Mais ce n’est pas un gros problème. Vous trouverez forcément une personne qui parle anglais, c’est fou, ce qu’on peut échanger en baragouinant d’ailleurs ! Il y a toujours des gens qui aident, qui interpellent un passant. Tout le monde y arrive. Et aujourd’hui, c’est aussi une de nos fiertés, il y a un nouveau tourisme britannique : des gens qui veulent se dépayser et non plus acheter de l’alcool et de la moutarde. Ils sont à la recherche d’une authenticité. Ce dépaysement est accentué par le fait que tout ne soit pas traduit. Je ne suis pas pour la traduction directe des menus par exemple. Si les gens ont du mal, on leur traduit. Mais pas directement.

Les greeters : “on ne fait pas concurrence aux Offices de tourisme”

patrick-greetersDailyNord : Il y quelques années, vous avez lancé le concept de greeters (habitant d’une ville qui fait découvrir son coin de paradis bénévolement aux touristes, en leur proposant autre chose qu’une visite classique, relire par exemple notre rencontre avec Patrick à Noeux-les-Mines il y a deux ans :Patrick, greeter des terrils). Pouvez-vous nous rappeler le contexte ?

Diana Hounslow et Claire Beaufromé : Nous étions le premier département français à lancer ce concept, à peu près en même temps que Paris et Nantes. Le principe était de faire découvrir la région autrement. Mais les greeters étaient déjà comme ça avant : c’étaient des gens qui aimaient passer du temps avec les touristes, les renseigner. Aujourd’hui, nous avons réussi à monter un réseau. Le Kent s’est lancé, le Nord aussi, on prévoit d’ailleurs une rencontre Transmanche cette année.

DailyNord : Il y a quelques mois, un greeter d’Hénin-Beaumont se plaignait de n’avoir eu aucune visite…

Diana Hounslow et Claire Beaufromé : Oui, Hénin-Beaumont est moins demandé. Comme Lens l’était également. Mais finalement, les articles de presse  ont permis aux gens de se rendre compte qu’ils avaient un greeter chez eux. Mais le bassin minier a un peu plus de mal à décoller, il faut le reconnaître. Tandis que l’Audomarois ou le littoral marchent très fort. En 2010, 65 balades ont été effectuées pour 203 personnes. En 2011, nous sommes pour le moment à 31.

DailyNord : Il n’y a pas eu d’échecs dans la sélection des greeters ?

Diana Hounslow et Claire Beaufromé :Non, pas parmi ceux qui ont été sélectionnés. Mais nous avons été amenés à refuser quelques personnes. L’une parce qu’elle aurait été trop présente auprès des touristes, voire trop pressante. On ne voulait pas. On a aussi eu une autre personne qui voulait en profiter pour régler ses comptes avec le directeur de l’Office de tourisme local.

DailyNord : Justement, les Offices de tourisme vous voient-ils d’un bon oeil ?

Diana Hounslow et Claire Beaufromé : Au début, encore une fois, il y a eu quelques inquiétudes. Et honnêtement, ils pensaient qu’on ne le ferait pas. Finalement, ça a pris forme, et la plupart se sont rendus compte qu’on ne leur fait pas concurrence sur les visites guidées. Les greeters proposent autre chose et peuvent d’ailleurs réorienter ensuite vers les offices de tourisme. Le seul office de tourisme qui nous tolère, mais ne veut pas en entendre parler, c’est Arras, qui a investi énormément dans les visites professionnelles.

“Nous espérons un Observatoire économique super performant !”

DailyNord : Dernière question : comment voyez-vous le tourisme dans le Pas-de-Calais dans dix ans?

Diana Hounslow et Claire Beaufromé : Nous sommes très optimistes sur le Louvre-Lens et son tourisme atypique. Nous aurons également de nombreux produits touristiques labellisés, comme nous serons – et nous devons – être plus performants sur le handicap. On aura également su mettre davantage en avant notre patrimoine bâti et naturel. Le Bassin Minier sera bien sûr à l’UNESCO. Et on aura notre métro sur la Manche ! Et surtout, nous espérons que nous aurons un Observatoire économique super performant : aujourd’hui, ça nous manque. Nous avons des chiffres à l’échelle régionale, mais pas ciblés sur un territoire. Les Belges sont capables de vous sortir les salaires des ouvriers qui travaillent sur les chantiers touristique du littoral. Mais cela passera par la proximité avec le terrain et un travail étroit avec les intercommunalités. On sera ainsi beaucoup plus performant dans la communication et le marketing.

(*) Nous n’avons pas dissocié les réponses de l’une et de l’autre pour ne pas compliquer la lecture.  Diana Hounslow est directrice du CDT Pas-de-Calais, Claire Beaufromé est chargée des relations presse et de la promotion.

Photos : Capture d’écran site du Comité départemental du tourisme, Site des Deux Caps (crédit photo : Vincent Desjardins sur FlickR), terrils du Pas-de-Calais, Claire Beaufromé et Diana Hounslow, Patrick, greeter de Noeux-les-Mines.

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2 Commentaires

  1. Belle interview, il est vrai qu’au cours d’un séjour d’études dans les alentours de la vallée de l’Aa, Fauquembergues/Nielles-les-Bléquins/Wavrans sur l’Aa on a pu se rendre compte du très fort potentiel touristique de ce coin. Un côté très nature propice aux randos et des inititiatives ludiques comme le rando-rail, mais aussi tout un petit patrimoine intéressant et des choses comme l’ascenseur à bateau qui mériterait une meilleure valorisation à mes yeux, comme ce qui est fait de l’autre côté de la frontière par exemple avec le canal du centre (certes classé à l’Unesco, ce qui doit faciliter certaines choses). Je suis persuadé que beaucoup de ch’tis eux-mêmes (métropole lilloise) seraient surpris de découvrir tout ça juste à deux pas de chez eux. Enfin le tourisme participatif ne doit pas être vu comme une concurrence, déjà il concerne bien souvent un territoire où l’activité touristique est délaissée, et semble correspondre aux nouvelles attentes de touristes. Un office de tourisme a à mes yeux tout intérêt à recenser ces initiatives qu’il faut voir comme complémentaires et participant à l’enrichissement de l’offre touristique d’un territoire.

  2. Chouette interview. Emigré en Provence depuis 7 ans, elle m’a presque donné envie de remonter…

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