DailyUne | Réflexions Par | 17H50 | 24 mai 2011

30 ans de mai 81 : le merveilleux sillage de Pierre Mauroy

Vous n’avez pas pu y échapper : ce mois-ci, la gauche célébrait les 30 ans de l’arrivée de Mitterrand au pouvoir et de Pierre Mauroy à Matignon. Une actualité quelque peu éclipsée par l’affaire que l’on sait. Dans son sillage, l’ex Premier Ministre entraînait une nuée de proches au plus haut niveau de l’Etat, c’est-à-dire à son cabinet de Matignon. Revue d’un douze gagnant  à travers Casadesus, Delebarre, Roman, mais aussi Stievenard, Rosenfeld, Johanet…

Jean-Claude Casadesus

Le plus connu d’entre tous. Au cabinet Mauroy, le déjà maestro émérite de l’orchestre national de Lille créé quelques années auparavant s’occupait de culture. Le maître de la baguette veillait particulièrement – avec un soin jaloux – sur les nominations des fonctionnaires et préposés à la culture, artistes entre autres, envoyés en Nord-Pas-de-Calais et ailleurs. Presque un ministre-bis. Le titulaire s’appelant Jack Lang, évidemment, futur député du Pas-de-Calais vingt ans plus tard.

Michel Delebarre

Le surdoué de Mauroy. Vingt heures de boulot par jour. Le futur maire de Dunkerque joua plusieurs rôles à la fois auprès de son mentor : confident, éminence grise, soutier-en-chef de la Mauroyie, chargé des “opés noires” (bien des années plus tard, il sera dispensé de peine dans la rocambolesque affaire des écoutes), directeur de cabinet,… . Dans Le Point, Denis Jeambar le qualifia de premier ministre-bis (décidément…), ce qui ne plut pas à tout le monde. De fait, son entrée dans l’univers politique nordiste après Matignon ne se fit pas en douceur. Touché furieusement, presque coulé quand il s’approcha trop près du fauteuil de président du conseil régional en 1989. En radoub à Dunkerque depuis une vingtaine d’années. Il va succéder – enfin – à Pierre Mauroy au Sénat.

Brigitte Douay

Attachée de presse de Pierre Mauroy partout où le Commandeur des socialistes passait : mairie de Lille, Matignon, Fondation Jean-Jaurès. Elle deviendra députée du Nord, conseillère régionale puis députée européenne après avoir tenté une implantation à Cambrai. Jusqu’en 2009.

Lyne Cohen-Solal

Oh, pardon, elle n’est pas du Nord. Il est vrai que son emploi fictif à la communauté urbaine il y a bientôt vingt ans lui a valu quelques épiques et interminables démêlés judiciaires, elle et son vrai multi-patron, Pierre Mauroy. Adjointe de Bertrand Delanoë à Paris.

Patrick Marnot

Un Nantais remarqué par Pierre Mauroy qui a ensuite fait carrière à Lille Grand-Palais et Euralille, première période. S’est fâché tout rose avec Martine Aubry et Dorothée Da Silva qui l’exécutèrent sans ménagement vers la fin des années 90.

Bernard Roman

Le dauphin noyé dans le marigot. Il aurait préféré que la fille de Jacques Delors atterrisse à Roubaix*. Mais les vents de la politique, capricieux, en décidèrent autrement. Bernard Roman respire toujours. Question métaphysique : va-t-il repiquer au Palais-Bourbon, l’année prochaine, ou se ranger des voitures à gyrophares comme il l’avait laissé entendre ? C’est Titine de Fer qui décidera de toute façon. Qui ça ?

Jean-Michel Stievenard

Attaché parlementaire de Pierre Mauroy pendant la grande conquête à eux les socialistes : 1981. Il gagne ainsi ses galons de futur maire de Villeneuve d’Ascq – nanti d’un bon bilan – après une honorable carrière régionale qui affiche ses hauts – vice-président du conseil général du Nord- et ses bas : il rendit des comptes dans l’affaire de l’ORCEP. Puis concentre la vindicte d’un Gérard Caudron revanchard qui lui pique en 2008 la mairie qu’il lui avait cédée.

Bernard Toulemonde

Un universitaire lillois (droit et sciences politiques) proche de Mauroy président du conseil régional et maire de Lille et qui le suivit à Matignon. Il fera ensuite carrière dans la haute fonction publique.

Raymond Vaillant

“Un copain…” Une épitaphe signée Pierre Mauroy. Un fidèle aussi, élu lillois : premier adjoint, aujourd’hui disparu. Il était accessoirement guide patenté dans les réseaux francs-maçons.

Jean-Michel Rosenfeld

Attaché de presse partout où le grand homme officiait. De Lille à Paris, et inversement, on ne voyait que lui.

Gilles Johanet

Pas un Lillois de souche mais qui aurait pu devenir Lillois d’adoption. A la demande de Mauroy, cet esprit volontiers caustique a un réel respect pour l’ancien premier ministre qui succédait à Arthur Notebart, ce magistrat à la cour des comptes et ancien “mao”, jeta un coup d’oeil sur la communauté urbaine dans l’optique d’en prendre la direction des services. Et, devant le capharnaüm qu’il découvrit, renonca discrètement pour poursuivre une carrière parisienne. Ce qui n’empêcha pas Mauroy de le consulter régulièrement, même si la chambre des comptes lui en tint grief. L’un des meilleurs spécialistes de la santé en France, passé au privé (aux AGF). Anecdote : démissionna du poste de DG de l’assurance maladie pour mésentente avec la ministre d’alors. Une certaine Martine Aubry. Il avait déjà rendu sa carte du PS pour protester contre l’affaire Mellick du match OM/VA.

André Chadeau

Pas un Nordiste de souche non plus, l’ancien bras droit de Chaban, un super-préfet que Mauroy appela à ses côtés à Matignon après plusieurs années à la tête des services de l’Etat dans la région. Un des grands commis de la république qui ont oeuvré pour le Nord-Pas de Calais. Le premier ministre bombarda Chadeau patron de la SNCF quelques mois après son arrivée à Matignon.

* Certains prétendent que si Pierre Mauroy a appelé la fille de Jacques Delors, c’est en souvenir du fameux bras-de-fer de 1983 qui déchira le gouvernement et les socialistes au pouvoir. Mauroy et Delors, hérauts de la rigueur et de la construction européenne, tinrent bon face aux assauts des partisans de la sortie du SME (Fabius, Bérégovoy, Chevènement, et les fameux “visiteurs du soir” qui tentaient d’amadouer Mitterrand). Comme un pacte de sang. Et bon sang ne saurait mentir. Plus tard, à Lille, Mauroy choisit donc Titine de Fer pour préparer sa succession.

1 Commentaire

  1. Simplement dans cette liste, combien étaient-ils à venir soutenir le Pierrot au tribunal lors de l’affaire Cohen-Solal? C’est beau l’amitié…

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