L'autre information du Nord – Pas-de-Calais

Le Nord – Pas-de-Calais, arme indispensable pour gagner la Présidentielle ?

DailyUne | Réflexions Par | 19 avril 2011

Plus qu’un an à attendre pour assister au premier tour de l’élection présidentielle. D’ici là, on aura le droit à quelques polémiques, déclarations de candidatures aussi,  sondages, etc. Mais nos politiques ont-ils réfléchi à une donnée essentielle ? Cinq fois sur neuf dans l’histoire de la Cinquième République (et même une fois sur deux depuis 1981), le Nord – Pas-de-Calais a joué un rôle essentiel dans la bataille. Et la région permet même de s’imposer à la fonction suprême.

1959: un Lillois à l’Elysée

Il a beau ne plus être la personnalité la plus emblématique de la région depuis le succès d’un certain Dany Boon (sondage de La Voix du Nord effectué en 2008 et confirmé il y a quelques semaines), Charles de Gaulle n’en reste pas moins le seul natif de la région à avoir présidé aux plus hautes destinées de l’Etat. Né à Lille, rue Princesse où l’on trouve désormais un musée dans sa maison natale (où s’est rendu Dominique De Villepin ce lundi d’ailleurs), l’ami Charles restera une dizaine d’années aux commandes de la Nation (il sera réélu entre temps), avant sa démission en 1969.

1981 : Mitterrand amène la gauche au pouvoir, un Nordiste partie prenante

En 1980, le temps de Giscard d’Estaing est compté. L’occasion pour la gauche enfin d’exercer le pouvoir ? C’est ce qu’espèrent les socialistes et François Mitterrand, candidat malheureux au second tour en 74. Sauf que sept ans auparavant, il n’avait pas l’argument nordiste. Tandis que là, Pierre Mauroy, nordiste pur jus et maire de Lille, se démène pour mener la campagne du candidat, en étant même officiellement son porte-parole. On connaît le résultat et Pierre Mauroy deviendra même le Premier Ministre de ce gouvernement socialiste.

1995 : Chirac s’offre une candidature de proximité nordiste

En 1995, c’est l’heure de trouver un successeur à François Mitterrand qui ne se représentera pas. Jacques Chirac, l’alors deux fois premier ministre (un record d’ailleurs sous la Cinquième République) se déclare candidat pour la troisième fois en trois élections (1981, 1988, 1995). Seulement, cette fois, il a assuré ses arrières et malin il a compris que le Nord – Pas-de-Calais serait la clé de voûte de sa victoire. En embauchant un directeur de campagne issu de notre plat pays ? Mieux encore : en annonçant sa candidature avant tout le monde dans La Voix du Nord. Le côté terroir certainement qui l’aidera à se propulser à l’Elysée pendant douze ans. Mais, surtout, la fibre gaulliste (De Gaulle né à Lille) et l’image du journal issu de la Résistance… On peut aussi noter qu’en 2002, le député-maire de Valenciennes, Jean-Louis Borloo largua Bayrou en rase campagne pour rejoindre Chirac ce qui a dû gonfler un peu les voix de Chirac (lui permettant d’aller au second tour ?)…

2007 : Sarkozy élu grâce à un Nordiste

2007. La gauche a a priori une carte à jouer après douze ans de disette. Mais comme ils n’ont pas compris que le Nord – Pas-de-Calais était un sacré avantage pour remporter l’élection, les socialistes se ramassent en la personne de Ségolène Royal. A la place, c’est donc Nicolas Sarkozy qui rafle la mise. Sarkozy et le Nord – Pas-de-Calais, quel rapport pour l’avocat qui cotoyait jusqu’alors les beaux quartiers de Neuilly ? Son directeur de campagne : Claude Guéant, le désormais ministre de l’Interieur aux déclarations fracassantes. Natif de Vimy dans le Pas-de-Calais, on vous rappelle…

Bonus : soyons honnête, le Nord – Pas-de-Calais sert aussi à perdre

Soyons réglo tout de même. Le Nord – Pas-de-Calais ne porte pas toujours chance aux candidats… En 1965, Lecanuet avait mis en ballotage De Gaulle sans pour autant le battre. Il faut dire que ce n’était pas un vrai Lillois : il n’avait été que prof de philo à Douai ou Valenciennes. En 1969, nous avions également un Nordiste à la Présidentielle : Louis Ducatel, natif de Frévent, qui ne fit qu’1,6% des voix… En même temps, en étant natif de Frévent, ça ne pouvait pas le faire. En 1974, encore, on peut se souvenir que Mitterrand s’était imposé comme candidat dans le sillage du congrès d’Epinay (1971) grâce notamment aux fédés du Nord et du Pas-de-Calais. Ce qui ne paiera pas directement, tout comme le Cambrésien René Dumont qui était le candidat écolo de l’époque.

Ce contenu est © DailyNord. Si cet article vous intéresse, vous pouvez reprendre un extrait sur votre site (n’excédant pas la moitié de l’article) en citant bien évidemment la source. Si vous désirez publier l’intégralité de l’article, merci de nous contacter »

Réagir à cet article

La rédaction de DailyNord modère tous les commentaires, ce qui explique qu'ils n'apparaissent pas immédiatement (le délai peut être de quelques heures). Pour qu'un commentaire soit validé, nous vous rappelons qu'il doit être en corrélation avec le sujet, constructif et respectueux vis-à-vis des journalistes comme des précédents commentateurs. Tout commentaire qui ne respecterait pas ce cadre ne sera pas publié. Evidemment, DailyNord ne publiera aucun contenu illicite. N'hésitez pas à avertir la rédaction à info(at)dailynord.fr (remplacer le "at" par "@") si vous jugiez un propos ou contenu illicite, diffamatoire, injurieux, xénophobe, etc.

POLITIQUE

EN ROUTE VERS LES DÉPARTEMENTALES ET RÉGIONALES

INFORMATIONS ESSENTIELLES, ANECDOTIQUES, DÉCRYPTAGES, ENQUÊTES, RÉVÉLATIONS, INDISCRÉTIONS, REBONDS DÉCALÉS... TOUS NOS ARTICLES S'INTÉRESSANT AUX FUTURES RÉGIONALES ET DÉPARTEMENTALES 2021 SONT PAR ICI ! ACCÉDER AU DOSSIER

NEWSLETTER DAILY NORD

Bienvenue dans la ville la plus étrange des Hauts-de-France

Elle pourrait loger 5 000 personnes, mais cette ville n'aura jamais d'habitants. Découvrez pourquoi.

Les tops DailyNord

Les Livres avec Eulalie

AR2L - Agence Régionale du Livre et de la Lecture