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Fusion des rédactions de Nord Eclair/La Voix du Nord : la fin annoncée d’une époque

DailyUne | Réflexions Par | 22 mars 2011

Le petit monde des médias nordistes se demandait bien ce qui allait se passer à la grand-messe convoquée à Lille Grand Palais par la direction du groupe Voix du Nord, ce mardi. Et parmi les observateurs, on se doutait que ça ne sentait pas forcément très bon pour le quotidien régional Nord Eclair, en difficulté depuis des années et qui avait sauvé sa tête en se rapprochant du grand frère protecteur au gré des grands mouvements de concentration qui secouent le paysage de la presse quotidienne régionale. La fusion des rédactions vient d’être annoncée. Décryptage et analyse.

L’annonce a donc été faite et le projet avait été bien gardé sous couvert d’un nouveau système et logiciel d’édition. Mini-séisme dans le monde la presse quotidienne régionale nordiste. Mini-séisme, car à vrai dire, cela fait bien dix ans que le bruit courait, et la récente entrée à hauteur de 25 % du Crédit agricole Nord de France, traditionnel partenaire de La Voix du Nord qu’il a accompagné pendant les raids hostiles des années 90, dans le capital du groupe nordiste, préfigurait un tel redéploiement. A force de rapprochements, de rachats, de « synergies » (Hersant, Dassault, Rossel et une litanie de clauses de cession qui ont considérablement rajeuni les équipes), c’en est donc presque fini du deuxième quotidien régional du Nord – Pas-de-Calais, Nord Eclair, à tout le moins sous sa configuration actuelle. « Fusion des rédactions » d’ici un an, a annoncé lors d’un grand raout ce mardi matin à Lille, la direction générale du groupe Voix du Nord.

Mise en commun des contenus

Nord Eclair vit donc une nouvelle étape. Selon le communiqué officiel du groupe Voix du Nord, le projet envisage notamment : « En additionnant leurs forces et leurs compétences, en s’appuyant bientôt sur un nouveau système éditorial (News Gate, de CCI), en fédérant des contenus, ces trois cent soixante journalistes publieront deux quotidiens payants (La Voix du Nord et Nord Eclair), un quotidien gratuit (Direct Lille), des hebdomadaires thématiques (le sport, l’économie, la culture, les loisirs), un mensuel (Nordway), des hors séries. Ces titres papier auront leur version numérique, à terme, pour les tablettes. » On le voit, le tout-numérique est désormais l’axe de développement privilégié. De nouveaux sites de proximité sont prévus. Mais aussi : « Les journaux papier ont un avenir (sic !), à condition de mieux ajuster encore l’offre aux besoins des lecteurs pour les titres existants et de créer de nouveaux titres, sur des niches. » On appréciera la litote… De fait, quatre nouveaux titres hebdos vont voir le jour sur des créneaux précis : spectacles, sports, économie, loisirs. Pour Nord Eclair et La Voix du Nord, c’est surtout la mise en commun des contenus qui prime. Ainsi que le réaménagement des locaux lillois de La Voix du Nord qui devrait, du coup, accueillir les équipes fusionnées. Une salle de rédaction capable de produire du contenu web, papier, radio et TV. La fin d’une époque.

Pour Nord Eclair, l’histoire était écrite

Pour Nord Eclair, le coup de massue est donc tombé. Mais l’histoire était déjà écrite. Bref rappel historique pour ceux qui suivent de loin en loin le petit monde des médias nordistes : au cours de leur existence parallèle*, les deux titres se sont souvent « tiré la bourre« . La Voix du Nord jouait les bulldozers avec son maillage dense du territoire (et son offensive vis à vis des hebdos locaux, rachetés un par un courant des années 80) et Nord Eclair misait sur un ton différent et multipliait les « coups ». Les équipes se respectaient et la concurrence, âpre et parfois cruelle, était stimulante. L’âge d’or de Nord Eclair se traduisait par un tirage de cent mille exemplaires en comptant les trois éditions belges (Mons, Tournai Mouscron). Le titre du groupe Hersant pouvait s’enorgueillir, ultime coquetterie, de sa dimension transfrontalière… Nord Eclair avait même absorbé Nord Matin, le quotidien socialiste du bassin minier au début des années 90. Mais le vieillissement du lectorat, donc la chute des ventes et des abonnés, une structure de coûts trop lourde, et une certaine torpeur managériale amena le groupe Hersant à réagir. Un groupe tutélaire lui-même en proie à de sérieuses difficultés, autant commerciales que familiales et successorales.

Il y a une dizaine d’années, Nord Eclair, sous perfusion, dut accepter de se rapprocher de son concurrent. L’uniformisation des deux titres se fera lentement. Unité gérée pour donner le change : le bleu pour La Voix du Nord, le rouge pour Nord Eclair, le passage au format tabloïd, la mise en commun des moyens informatiques puis d’impression dans la grande imprimerie récemment modernisée – 40 millions d’euros ! – de La Pilaterie, le lancement de l’édition du lundi. Depuis quelques années déjà, Nord Eclair était devenu une simple édition supplémentaire de La Voix du Nord. Depuis, les pages communes et les fermetures et réorganisations d’agences scandaient la vie du journal : La Voix du Nord imposait de faire des économies et les mauvaises langues prétendent que le grand-frère s’accommodait fort bien de la lente déliquescence de son alter ego. Et l’opération de fusion des équipes n’est peut-être pas la dernière. Car le ratio est implacable : dans le monde sans pitié de la presse industrielle, on considère qu’à un poste de journaliste doit correspondre mille exemplaires vendus. Nord Eclair vend autour de 25 000 journaux chaque jour et compte encore 55 journalistes. Cherchez l’erreur. Pour l’heure, on promet de conserver les titres en l’état et de préserver une offre duale. Avec une seule et unique rédaction… Comment ? Mystère, tout reste très flou : on parle de renforcement des pages communes, mais aussi de contenus différents pour Nord Eclair qui s’attachera  à « être plus populaire sans tomber dans le populisme », dixit Jacques Hardoin, le directeur général à l’AFP.

Et maintenant ?

Et maintenant ? Et maintenant, la région se retrouve donc avec quasiment un seul et unique quotidien régional, La Voix du Nord. Qui continue d’asseoir sa position sur la région, désormais quasi imprenable dirait-on en temps de guerre. Nord Eclair, s’il faisait partie du même groupe, apportait parfois un autre son de cloche (bien peu audible malgré tout). Une nouvelle époque pour le pluralisme de la presse. Aujourd’hui, et demain, comme précisé dans le communiqué, La Voix du Nord compte en tout cas inonder tous les segments qui lui manquent : création de quatre hebdomadaires thématiques déjà cités. Mais également de la création ou rachat d’une radio, secteur laissé vacant depuis une quinzaine d’années (« Le grand échec du groupe…« , se lamente ce dirigeant) et la fermeture de La Voix de l’Info. Complétant l’offre déjà proposée : en quotidien bien sûr (avec notamment Nord Littoral et Le Courrier Picard, deux titres autonomes), mais aussi en mensuel (Nordway), en presse gratuite (Direct Lille), en hebdomadaires locaux (quasi sur tout le territoire sauf sur les terres des Observateurs du Valenciennois, de l’Avesnois, du Cambrésis, etc., fief du groupe Sogemedia de Jean-Pierre Vittu de Kerraoul, déployé aussi en Picardie et jusqu’en Midi-Pyrénées, et éternel concurrent du groupe nordiste : on dit que les deux adversaires ont conclu un pacte de non-agression sur la métropole lilloise, jusqu’à quand ?). Et en télé avec Weo, et bientôt une deuxième chaîne sur le littoral, en association avec les collectivités locales et les pouvoirs locaux, ce qui donne du grain à moudre aux détracteurs de la  » pieuvre multimedia » . La mince concurrence restante dans la région (les gratuits 20 Minutes et Métro, Grand Lille TV et quelques télés locales, les radios, les Observateurs déjà cités, La Gazette Nord – Pas-de-Calais, Liberté Hebdo, La Croix du Nord, Autrement Dit, ECO 121 et quelques autres), n’a qu’a bien se tenir.

Un autre chapitre avec l’actionnaire ?

Mais un autre chapitre pourrait être écrit à Bruxelles, au siège du groupe Rossel, l’éditeur du Soir. L’arrivée du Crédit agricole Nord de France et la redistribution régulière des cartes dans l’univers de la presse régionale française sont probablement le prélude à de nouvelles opérations de taille : au siège de La Voix du Nord, on dément régulièrement s’intéresser aux titres champenois (L’Union de Reims), axonais (L’Aisne Nouvelle), et ardennais (L’Ardennais) du groupe Hersant Media, même si le dossier est toujours en haut de la pile. Il s’agit d’abord de digérer la délicate reprise du Courrier Picard bouclée l’année dernière. Et puis… et puis… l’actionnaire majoritaire belge n’a pas vocation d’éternité, non plus.

(*) Voir : Histoire secrète de La Voix du Nord, par Frédéric Lépinay (ed. les Lumières de Lille – 2005).

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16 Commentaires

  1. “Depuis quelques années déjà, Nord Eclair était devenu une simple édition supplémentaire de La Voix du Nord.”

    Avec un ton légèrement différent, vous en conviendrez. Comme vous le dites, la fermeture de Nord éclair était actée, et la VDN n’a fait que l’accompagner en choisissant sciemment de ne pas développer Nord éclair, en faisant tout pour en surtout pas le vendre. Là encore, cherchez l’erreur… Quand des libéraux se battent pour le monopole, on s’interroge… En tout cas, cette nouvelle est triste pour tous les employés de Nord éclair, mais aussi pour la région : un seul journal, une seule ligne, désormais. La pluralité de l’information, et donc sa qualité, en pâtiront sûrement.

  2. Une nouvelle purge à peine déguisée qui ne va profiter qu’aux actionnaires, et qui risque de couper la plume de pas mal de journalistes de NE. Et on racontera encore que seul internet est responsable de la chute de l’empire Presse Papier… Triste.

  3. La grande chance de nos sociétés -en partie – libérales réside dans la régulation naturelle du marché, bien évidemment sous l’impulsion de ses acteurs. Notamment, les entreprises qui savent innover, s’adapter à l’évolution du marché, mais aussi de leur(s) métier(s), en tout cas de leurs contraintes et surtout de leur environnement survivent pour certaines et même se développent pour d’autres. A contrario, les moins performantes, généralement appelées “canards boîteux” (la formule est parfaite dans le cas présent), stagnent, ne survivent que grâce aux actionnaires ou autres subventions mais finissent toujours par disparaître, mais laissant heureusement la place à d’autres projets ; une sélection économique naturelle en quelque sorte. Par manque de rentabilté – faute d’un nombre de lecteurs suffisants – d’innovation, de remise en question, de politique éditoriale réaliste et de gestion des hommes cohérente, Nord éclair est aujourd’hui voué à disparaître et ne peut s’en prendre qu’à lui-même, et plus précisemment à la gestion hasardeuse de ses dirigeants et ce dans tous les domaines. Rajeunissement du contenu raté, nouveaux défis manqués, inspiration absente, originalité inexistante, implication de certains personnels douteuse, bref Nord éclair n’a jamais su depuis la fin des années 90 entrer dans le monde de la presse du troisième millénaire. Sa disparition est donc logique. Enfin, rejeter l’échec de Nord éclair sur la politique du groupe Voix du nord relève de la facilité voire de l’hypocrisie. “Nous détenons la vérité, les autres ont tort”, aura finalement coûté cher au journal de Roubaix. L’heure de désigner les coupables est venue !

  4. Ne doit-on pas nous attendre à un reciblage de Nord Eclair, quotidien qui s’est autoproclamé “Journal de l’Eurométropole” ? Un glissement marketting qui permettra d’éviter une concurrence frontale avec les autres projets du groupe à mon avis.

  5. Un journaliste n’a pas besoin de concurrence pour être bon et bien exercer son métier. Personnellement, je préfère avoir des autres médias face à moi pour un autre son de cloche mais je veux conserver le même enthousiasme, le même souci de donner la parole à tous et de dire aux lecteurs ce qui s’est passé; même si je suis le seul. Sans autre quotidien, un journaliste peut se laisser aller à la paresse…

  6. Les actionnaires ont leurs raisons que les salariés et les lecteurs ne connaissent que trop bien.

  7. Merci Artésien, pour cette belle leçon de darwinisme économique. Ca ressemble un peu à du Sarko-Guaino (“Jamais le journaliste n’est entrée dans l’histoire”) mais c’est plein d’enseignements.

    Je cite: “Les entreprises qui savent innover, s’adapter à l’évolution du marché, mais aussi de leur(s) métier(s), en tout cas de leurs contraintes et surtout de leur environnement survivent pour certaines et même se développent pour d’autres.”

    Bien dit! Regardons ces journaux qui ont su “s’adapter”, prendre la vague: Closer, Buzz!, Choc!, j’en passe et des meilleures, voilà de beaux exemples de réussites commerciales adoubées par le marché souverain. Et quel éclairage du lecteur, quelle valeur ajoutée journalistique, mazette!

    Essayer de comprendre, en tirer des leçons, pourquoi pas. Encore qu’aucun journal, aujourd’hui, n’a trouvé la formule magique. Mais sans doute Artésien est-il persuadé que XXI, Libé, le NYT, la FAZ sont vouées à disparaître, avalées par le tourbillon de l’histoire, l’accélération du monde et l’audace payante de Télé Star.

    Pouah.

    Un journal en moins, un pluralisme en peau de chagrin, on en trouve encore pour applaudir. C’est ça le plus triste.

  8. @Artésien

    Evidemment qu’il y a eu des erreurs, il n’est pas question de dépeindre NE comme une victime. mais quand vous avez perdu vos capacités de vendre votre produit, de faire du marketing et de la promotion, et que ces armes essentielles sont données à un autre journal qui est votre concurrent et qui est censé vous aider à vous développer, ça ne peut pas marcher. Après, est-ce al seule raison de la fin de Nord éclair? Sûrement pas. Il n’en reste pas moins que le groupe Voix du Nord n’a pas joué le jeu, c’est un fait. Et qui a pesé très lourd sur les dernières années du titre.

    Quand vos lecteurs reçoivent dans leur boîte aux lettres la voix du nord “par erreur”, qu’ils reçoivent des offres d’abonnement VDN, ou même que lorsqu’il vont au café du coin, il n’y a pas assez de Ne et qu’ils sont obligés d’acheter une VDN s’ils veulent être informés, j’appelle ça ne rien mettre en oeuvre pour éviter l’inéluctable.

  9. Bravo Aleth, voilà une répartie impeccable, implacable, qui remettra à leur place certains “claque-merdes, salisseurs de mémoire” (dixit Francis Blanche in Les tontons flingueurs). J’ai également été très sensible à la dernière intervention de “journaliste de nord éclair”, son développement est hélas révélateur de la mentalité que devront subir le personnel de NE. Nord Eclair possédait (encore à cette heure) ce côté sympa et parfois décalé, cette liberté de ton, tranchant avec l’aspect coincé et arrogant de son partenaire-rival. Bien sûr, rien n’est parfait et l’épisode du fameux droit de réponse de Martine Aubry ne fera pas partie des plus beaux faits d’armes du quotidien de Roubaix. Ceci dit, ne nous trompons pas. Cet épisode n’est en rien clochemerlesque puisque c’est toute la presse régionale de France qui connait ce genre de péripéties. Une soviétisation médiatique sur chaque territoire ne dérangera pas les élus, au contraire certainement. C’est tout d’abord la population qui paie les pots cassés. Sans s’en rendre compte d’ailleurs puisque le lectorat s’érode inexorablement. Rétorquer qu’elle se tourne vers les autres médias (télé,internet) me laisse songeur car aucun des deux n’offre une véritable solution de recul, de réflexion, sur les événements. Au contraire, ils nous bombardent en permanence et en temps réel. La réplique? personne n’a de réponse. Le jour où un quotidien régional trouvera un équilibre financier via un modèle économique ça se saura. Et cela fera du bruit. La presse nationale connaissant les mêmes errements, il y a toutefois un titre qui pète la santé tout en faisant un pied de nez aux certitudes de nos gens de presse : Le Canard Enchaîné. Pas de pub, pas de site internet et pourtant gras comme un magret. Mais il s’agit d’un hebdo et en plus, il y a plein de papiers de journalistes dedans…. A méditer.

    PS : La subvention de la chaîne Wéo par le conseil régional arrive à son terme cette année. Peut-il sérieusement envisager de prolonger ce partenariat, sachant qu’il s’agit d’une pièce du puzzle appartenant au seul organe d’information de la région ? Le sujet est sensible mais sa conclusion sera instructive.

  10. @Aleth – Voix du Nord contre Nord éclair, c’est ça le pluralisme de la presse?? Ha oui autant pour moi, c’est vrai qu’avec la disparition du journal rouge, Martine Aubry éprouvera plus de difficultés pour publier ses droits de réponses… Pour le reste, je ne souhaite la disparition de personne (Quoique celle de Libé ne me dérangerais pas trop). En revanche, je trouve plutôt sain d’arrêter de perfuser certaines entreprises “vieillotes”… Enfin, je ne jugerai jamais les lecteurs de la presse people. Chacun individu fait, dit, lit, écrit et pense ce qu’il veut. J’estime que les journalistes ne doivent être ni des philosophes ni des moralistes et encore moins des éducateurs, tout juste – et c’est déjà pas si mal ! – des raconteurs. Le lecteur, lui, se forgera son opinion !

    @ Journaliste de Nord éclair – Ok pour le manque de volonté commerciale des équipes de VDN pour commercialiser NE, je vous crois sur écrits. Mais quid du contenu de Nord éclair, qui bien souvent se résume à ce qui a été fait la veille au soir sur les télés nationales ou régionales et bien souvent en beaucoup mieux ? Sans transformation radicale du contenu point de salut pour la presse écrite régionale…

    @Airsang – lorsque vous placez vos “sous sous” sur votre beau PEL, quelque chose me dit que vous vous réjouissez qu’ils vous rapportent quelques deniers en fin d’année ! Les actionnaires sont nécessaires, devoir les surveiller est une réalité, mais les diaboliser est une des si nombreuses hypocrisies du PS-PC !

  11. @Artésien:Permettez-moi une petite question (qui, j’en suis navrée d’avance, sera certainement d’un plus bas niveau que votre magnifique exposé ): Etes-vous journaliste?

    Deuxième petite question (allez, peut-être un peu plus compliquée): connaissez-vous, réellement je veux dire, Nord éclair?

  12. “Mais quid du contenu de Nord éclair, qui bien souvent se résume à ce qui a été fait la veille au soir sur les télés nationales ou régionales et bien souvent en beaucoup mieux ? ”

    Vous le lisez? Je crois que vous racontez n’importe quoi. Les télés régionales, on ne les regarde même pas. Et c’est plutôt France 3 qui fait son journal télé à partir des journaux parus le matin.

    La plupart des gens qui critiquent la PQR, et la presse en générale, ne la lisent pas. Et une fois qu’on meurt, ils viennent avec leurs petites leçons de morale. Mais quand les journaux papiers auront disparu, et avec eux un grand contre-pouvoir à l’arbitraire, les gens viendront pleurer. Il sera trop tard.

  13. On pensait bien lire des commentaires rigolos sur ce sujet, mais voir des gens –des journalistes ! – parler de ‘pluralisme’ à propos des deux titres susnommés, ça dépasse tout ! ‘Un grand contre-pouvoir à l’arbitraire’, mais franchement, ce qu’il faut pas lire…

    Le mimétisme journalistique trouve un bel exemple à travers ces deux titres, c’est une simple constatation et sûrement pas une leçon de morale. Comme vous sonnez prétentieux, journaliste de Nord Eclair ! Ces journaux produisent un contenu lisse et standardisé à peine agrémenté par les effets de style de quelques rares plumes appliquées. Le reste ? Des cohortes d’ouvriers précaires pondant à la chaîne leurs feuillets sur la dernière conférence de presse de l’adjoint aux réverbères, tenus par la surveillance et l’autocensure permanentes, y compris sur les sujets les plus insignifiants, dans l’espoir de garder leur petite place. Y’a pas de quoi jouer les héros !

    Et vous pensiez que la direction allait soudainement faire des cadeaux ? Pour s’informer des faits divers, des idées sorties, voir passer la brosse à reluire aux politiques et aux annonceurs, ce que mille autres médias (certains du même groupe) font plus vite, moins cher et souvent mieux, pourquoi un groupe de presse s’encombrerait de titres, de rédacteurs ?…

    Bon courage à ceux qui resteront pour produire leurs articles de fond – en espérant sans doute vainement qu’ils auront enfin à l’avenir des arguments crédibles pour venir parler de pluralisme et d’indépendance…

  14. C’est qui, ce type qui parle de choses que, visiblement, il ne connaît pas? Des journaux (comme Nord-Eclair, mais les autres titres de la PQR) qui copieraient les journaux télévisés? Mais il n’est pas bien, ce type. C’est tout le contraire qui se passe. Si ces journaux de la PQR n’existaient plus, c’est l’information qui n’existerait plus. Qui informe les journaux télévisés? Qui informe les journaux parisiens? Qui informe les radios? Qui informe même l’AFP, puisque cette dernière retire les journalistes qui allaient profondément sur le terrain? Réponse : la PQR.. Eh, oui, messieurs les cracheurs dans la soupe, vous avez du mal à le reconnaître : la majorité des infos en France vient de cette source. Cette source est exploitée, parfois, pillée, souvent. Quid de ces petits journaux à qui les patrons ne donnent pas de moyens nécessaires à l’équipe des quelques journalistes qui y sont? Comment feraient-ils leurs propres journaux s’ils ne lisaient pas la presse papier? Comme France 3 aurait-elle connaissance de ce qui se passe dans les régions sans les journalistes très nombreux qui font un maillage très efficace du territoire? Comment, par ricochet, les antennes de radio et de télévision nationales feraient-elle sans cet approvisionnement en informations des “petits” journalistes de terrain, sans les journaux de “province”? Réfléchissez. Si c’est possible avec de telles œillères.

  15. Je confirme Jules d’en face. Simple exemple, à France 3 Amiens, on leur retire Le Parisien ou Aujourd’hui en France (même pas le Courrier qui part), ils se retrouvent fort dépourvus pour ne pas dire à la rue.

  16. @HR

    “Le mimétisme journalistique trouve un bel exemple à travers ces deux titres, c’est une simple constatation et sûrement pas une leçon de morale. Comme vous sonnez prétentieux, journaliste de Nord Eclair !”

    Loin de moi l’idée de soutenir que Nord éclair est la panacée et que la PQR produit la meilleure info du monde. Il n’empêche, désormais, dans la région, la Voix du Nord sera toute puissante et il n’existera à l’avenir quasi aucun autre son de cloche. Libre à vous de vous en féliciter. Moi, je le déplore.

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