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Top 10 des licenciements insolites dans la région

DailyUne | Rebrousse-poil Par | 09 février 2011

Cinq salariées de Tati Noyelles-Godault risquent de rester sur le carreau, a-t-on appris vendredi dernier (notre Lu, vu, entendu). Motif selon elles : elles ont juste fait profiter à leurs proches de bons d’achats de 50 euros offerts par la direction. Direction qui dément bien évidemment (le motif, pas la procédure de licenciement). Dans le domaine, les histoires insolites de licenciements dans la région sont nombreuses. Top 10 sur les dernières années.

 

1. Licencié parce qu’il a révélé son homosexualité

Une association de formation de personnels éducatifs dans le Nord. Un déjeuner entre collègues qui se passe bien. Au point qu’un des collègues fait son coming out : il est homosexuel. Dommage pour lui, quelques jours plus tard, des responsables de l’association le convoquent : ben oui, ils veulent éviter tout problème de moeurs au sein d’un séjour de vacances à venir avec des enfants. S’ensuivent des arrêts de travail pour dépression du salarié qui a fini par être licencié. Classe.

Moralité : ne jamais parler de ses préférences sexuelles au bureau. Surtout si on travaille avec des enfants.

2. Licenciée par la PQR

Au moins, cette histoire a a une vertu : on y apprend que la presse a encore un intérêt. Ce sur quoi peut méditer cette Bruaysienne qui a appris son licenciement d’une association d’aide à domicile en lisant le journal. Ben oui, une petite liquidation en période de fêtes et on oublie de prévenir les salariés. Vous me direz, c’est mieux que de l’apprendre directement sur le pas de la porte du restaurant où l’on travaille (histoire vraie à Béthune où une employée a découvert une affiche sur la porte un beau matin…)

Moralité : avant d’aller au bureau, acheter la presse pour savoir si son entreprise existe toujours. Ou simplement passer un coup de fil.

3. Licenciés pour avoir refusé la Turquie et le Brésil

Une usine du Pas-de-Calais. Qui ferme. Heureusement, les patrons ont de la ressource : ils proposent aux salariés des reclassements au Brésil ou en Turquie ! Exotique et surtout aux tarifs locals : 315 et 230 euros. Refus des salariés et licenciements par la suite (on précise cependant que l’entreprise est obligée de proposer un reclassement si elle a des succursales à l’étranger).

Moralité : éviter de travailler dans une multinationale pour ne pas se retrouver confronté à ce douloureux dilemme.

4. Licenciés pour avoir refusé des heures sup’

Dans cette grande entreprise du Valenciennois, on peut faire des heures supplémentaires. Sur la base du volontariat. Sauf que la direction a a priori un problème avec la définition même du volontariat : quand elle a appris le refus de quelques salariés de travailler plus, elle a tenté d’en licencier quelques-uns. Dont un délégué syndical, protégé pour l’anecdote.

Moralité : travailler plus pour gagner plus (ou au moins pour garder son boulot).

5. Licencié pour avoir voulu créer une section syndicale

Grande entreprise régionale toujours. Notre homme se retrouve sur le carreau. Dommage, alors qu’il avait l’intention de créer une section syndicale CFDT au sein de l’enseigne de grande distribution. Et il affirmera que c’est justement après avoir en informé sa direction qu’il a reçu la sympathique missive recommandée. Fallait pas se syndiquer.

Moralité : ne jamais créer de section syndicale.

6. Licencié pour avoir pris une pause au bout de 6h30

Notre homme était fatigué. Un peu. Il faut dire qu’il n’avait pas pris de pause depuis 6h30 dans son établissement de restauration rapide. Dommage, il aurait dû rester debout : une procédure de licenciement a été mise en route. Pour, prétendument, avoir collé de trop près le personnel féminin.

Moralité : ne jamais prendre de pause. C’est contre-productif et de toute façon, ça ne sert à rien.

7. Licencié pour avoir uriné sur une voiture

La voiture sortait de l’usine. Rangée dans ce parc, elle attendait donc d’être livrée à son propriétaire quelques jours plus tard. Un salarié, lui, avait une envie pressante. Il a donc décidé d’uriner dessus. Pas de chance pour lui, la direction a rappliqué. Fallait contracter la vessie.

Moralité : on urine aux toilettes !

8. Licencié avant d’être réintégré et de voir son licencieur se faire licencier

Certainement l’un des beaux imbroglios de licenciements. Souvenez-vous, il y a deux saisons. Le LOSC vire Rudi Garcia à la fin de la saison. Sauf que deux semaines plus tard, le club n’a pas trouvé de remplaçant. Du coup, Michel Seydoux, le président, vire son directeur, Xavier Thuilot, coupable d’avoir été un peu vite en besogne. Le temps de rappeler Garcia dont le licenciement n’était pas encore complétement acté.

Moralité : rira bien qui rira le dernier.

9. Licenciées à cause d’une loi du XVIIe siècle

Elles vendent du poisson à Dunkerque. Sauf qu’un beau jour, leurs patrons, des marins-pêcheurs, reçoivent un courrier de la direction des Affaires maritimes. Nos poissonnières sont dans l’illégalité. Ben oui, pour vendre du poisson, il faut qu’elles soient conjointe, ascendante ou descendante du patron. Etonnant ? Oui.  D’autant que les Affaires maritimes justifient leur courrier par une loi, dite Colbert. Datant du XVIIe siècle…

Moralité : épouser son patron (ou sa patronne).

10. Licencié pour une faute d’orthographe sur un gâteau de communion…

Comme quoi les motifs de licenciements curieux peuvent dater. Celui-ci a près de onze ans et se passait à Hazebrouck : un pâtissier, officiant dans une grande surface, se retrouvait mis un pied pour un étrange motif : une faute sur un gâteau de communion. Il avait écrit “proffesion de foi“.

Moralité : bien travailler à l’école.

Bonus : licencié pour avoir repéré deux cadres en train de forniquer

Ça se passe dans l’Oise (donc pas très loin, c’est pour cela que nous vous le glissons en bonus). Notre homme est vigile. Sur le parking, il fait sa ronde. Surprise, deux cadres de l’entreprise se laissent aller à quelques ébats osés non légitimes. Pour avoir regardé, puis avoir été menacé s’il révélait quoique ce soit, notre homme se retrouvera avec une procédure de licenciement dans la besace.

Moralité : ne jamais regarder dans les voitures du parking.

Note de la rédaction : nous n’avons pas vérifié les tenants et aboutissants de toutes ses affaires, retrouvées dans les archives de la presse régionale. C’est-à-dire qu’on ne sait pas ce qu’il est advenu des licenciés (s’ils ont été réintégrés), ni si les raisons invoquées ont été déclarées comme fondées par les juridictions compétentes. D’où le parti pris de ne pas citer non plus les entreprises concernées.

Crédit photo Une : Teldedavid via FlickR

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3 Commentaires

  1. RTL, COGHE ET LES PRUD’HOMMES

    Licencier un salarié en CDI depuis 17 ans, sans entretien préalable, sans visite médicale obligatoire, sans proposition de reclassement, sans déclaration aux ASSEDIC ? C’est pas possible… Ben si, c’est possible en France !

    Cette jurisprudence est établie par le conseil de prud’hommes de Nîmes depuis le 1er avril 2004. Et ce n’est pas une blague, la décision a été confirmée par un arrêt de la cour d’appel de Nîmes le 6 juillet 2006.

    Cette mésaventure a été vécue par le reporter radio Jean-Noël Coghe, qui était titulaire d’un contrat de travail à durée indéterminée chez RTL. Le journaliste raconte cet épisode (et d’autres) dans son livre Mésaventures d’un petit reporter en Nord, récemment publié aux éditions Les Lumières de Lille.

    Jean-Noël Coghe a été l’envoyé spécial permanent de RTL dans le Nord de la France entre 1978 et 1998, avec en moyenne 60 heures de travail par semaine et 50 000 kilomètres par an sur les routes…

    Un jour, le journaliste a été victime d’une poussée de tension : on comprend pourquoi !

    La médecine du travail n’avait rien décelé. Et pour cause. En vingt ans d’activités, Jean-Noël Coghe n’a jamais passé de visite médicale obligatoire annuelle à la médecine du travail. C’est pourtant une obligation de l’employeur.

    Le journaliste épuisé est alors mis en arrêt de travail.

    Puis en 2000, comme l’avait suggéré RTL, cet arrêt de travail se mue en invalidité. RTL était désireuse à l’époque de se débarrasser d’un salarié de cinquante ans. La médecine du travail et la caisse primaire d’assurances maladie (CPAM) ont accepté. Pour le plus grand bénéfice de RTL. Jean-Noël Coghe est alors déclaré « inapte au travail ». Toujours sans visite, sans examen médical, sans proposition de reclassement.

    A l’époque, la situation sociale de Jean-Noël Coghe n’a guère ému la profession et encore moins les syndicats de journalistes où ce reporter n’était pas carté.

    Mais la mésaventure ne s’arrête pas là.

    En janvier 2001, le ministère de l’Emploi a décrété que le journaliste de RTL – un des plus présents à l’antenne – n’avait effectué au sein de la première radio de France qu’un simple travail ponctuel.

    Et qu’à ce titre, il n’avait pu bénéficier comme d’autres travailleurs précaires d’un contrat de régularisation…

    C’est du grand n’importe quoi. De plus, ces allégations constituent un « faux en écriture » concocté par l’inspection du travail du 8e arrondissement de Paris.

    Informés, preuves à l’appui, les ministres Aubry, Guigou, Fillon, Borloo (en couverture du livre) et Larcher n’ont pas donné suite aux requêtes de Jean-Noël Coghe.

    Ces ministres refusant de rectifier le tir, les Mésaventures d’un petit reporter en Nord tentent de l’ajuster…

    Mésaventures d’un petit reporter en Nord, publié aux éditions Les Lumières de Lille, est le dixième livre publié en dix ans par Jean-Noël Coghe. Selon la CPAM, ce journaliste est pourtant « inapte au travail » !

  2. Un vrai professionnel … Excellent journaliste qui comme beaucoup travaillait à mi temps ….. 12H00 par jour ….
    Il a été un pionnier qui a travaillé pour qur RTL soit aujourd’hui la 1ère radio de France … mais loin d’être la meilleure ….

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