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Homo automobilus, espèce en voie de prolifération

DailyUne | Rebrousse-poil Par | 02 décembre 2010

Homo automobilus. Pas la peine d’aller jeter un oeil sur l’échelle de l’évolution de l’espèce humaine, lui est demeuré au pied (de l’échelle). Darwin doit se retourner dans sa tombe, sa théorie de l’évolution n’avait pas prévu l’arrivée de l’homo automobilus. Vous avez dit automobilus ? Oui, parce que le propre de cette espèce, c’est sa voiture. Une espèce qui tend à se répandre allègrement sous nos cieux septentrionaux.

[singlepic id=1622 w=320 h=240 float=left]L’homo automobilus est un  genre mutant. Que l’on peut croiser sans même le savoir. Si ordinaire d’apparence, l’homo automobilus qui sommeille en ce Monsieur-tout-le-monde se révèle dès qu’il touche un volant. Notre homme – entendu que l’homo automobilus est essentiellement de sexe masculin même si l’espèce tend aujourd’hui a se féminiser – se métamorphose. La voiture agit comme un catalyseur. Lui, parfois si charmant, peut subitement adopter un comportement volontiers cromagnonesque et délaisser aussitôt ses acquis d’homo sapiens si durement acquis. Mieux vaut alors ne pas croiser sa route et s’empresser de passer son chemin.

La rubrique faits divers est ainsi un vivier inépuisable de spécimens du genre. Pas plus tard que la semaine dernière, on en parlait dans notre Petit Bandit. A Tourcoing, notre apprenti homo automobilus passe son permis. Le loupe et envoie, logiquement, son frangin pour tabasser l’indélicat examinateur. Un autre exemple ? Y’a qu’à demander. A Saint-Omer, une automobiliste renverse un passant et… l’insulte (source). Selon les psychologues de la conduite (oui, ça existe), il paraît que notre manière de conduire reflète notre psychologie. Les experts en la matière ont même défini un tas de trucs : le cadre conduit moins bien que l’ouvrier, la femme conduit mieux que l’homme (ne vous en déplaise),  l’homme devient un bon conducteur à 42 ans (en moyenne), etc. (*) Bref, dis moi comment tu conduis, je te dirais qui tu es, en d’autres termes. Eh bien franchement, parfois, ça fait peur.

Petit vélo dans la tête

Si on devait ainsi dresser le portrait robot de notre homo automobilus, un trait se dégagerait aussitôt : volontiers (con)sanguin. Quelque chose vient à lui déplaire ? Son sang ne fait qu’un tour et notre primitif dégaine l’artillerie lourde. Au sens propre, parfois. A Hirson (Aisne), en juillet dernier, un homme fera ainsi feu sur son voisin parce qu’il s’était garé devant chez lui (source : l’Union). A Hirson, dans l’Aisne, oui. Comme quoi l’homo automobilus n’est pas une espèce propre au Pas-de-Calais comme s’empresseront de le dire certains. En vérité, il prolifère un peut partout. A Bruay-sur-Escaut, c’est un automobiliste plutôt susceptible, victime d’une queue de poisson qui règle son conflit à coups… de carabine (aperçu chez l’Observateur).

Autre trait commun de notre homo automobilus, notre spécimen affectionne de jouer les as du volant. Autant dire que c’est un peu comme si Clayderman se prenait pour Mozart. La vitesse ? Il maîtrise à fond. Limitations, signalisation, taux légal d’alcool, ça c’est pour le commun des mortels. Lui conduit bien, les chauffards, ce sont les autres. D’abord, lui est pilote. Gare à ceux qui roulent trop lentement et le précèdent. Vas-y que je te colle et que je klaxonne. Gare aussi à ceux qui roulent trop vite et le doublent. Là, ça peut être plus grave encore. A Amiens, en janvier de cette année, notre gars se fait doubler par une moto. Insupportable. Alors, lorsqu’il se retrouve côte à côte au feu rouge, il brandit son arme (aperçu chez Le Courrier Picard). D’ailleurs, il ne rechigne pas à défier les forces de l’ordre. Quitte à parcourir 34 km à 180 km/h avec deux motards aux fesses (puisé dans L’Observateur du Cambrésis). Oui, bien sûr, on a retenu que les plus beaux spécimens du genre. Peut-être pour se dédouaner, parce que dans le fond, on a tous un peu d’homo automobilus en soi.

(*) Il existe un livre sur la question écrit par Jean-Marc Bailet, docteur en psychologie du conducteur : Le volant rend-t-il fou ?

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