DailyUne | Réflexions Par | 11H00 | 11 octobre 2010

Longévité des ministres nordistes : les bons et moins bons élèves

Le remaniement se précise. Qui va sauter ? Qui va rester ? Qui va entrer ? Evidemment, DailyNord s’intéresse toujours aux Nordistes qui composent le gouvernement. Et remarque que Jean-Louis Borloo, l’ex-maire de Valenciennes pressenti pour le poste de Premier Ministre, est présent dans les arcanes du pouvoir depuis un bon moment. L’occasion de s’intéresser à la longévité de nos ministres nordistes depuis les années 70. Qui sont les cancres ? Qui sont les champions ? Et les élèves moyens ? Revue d’effectifs.

Les grosses têtes

Petite question pour commencer. Quel est le record de longévité d’un ministre nordiste dans un Gouvernement (ou plusieurs depuis les années 70) ? And the winner is  Jean-Louis Borloo. L’ex-maire de Valenciennes commence à très bien connaître les Conseils des Ministres. Plus de huit ans qu’il en fait partie sans interruption. Le bonhomme qui a démarré sa carrière ministérielle sous Chirac a été délégué à la Ville et à la Rénovation urbaine (2002-2004), Ministre du Travail et des Affaires Sociales (2004-2007), Ministre de l’Economie, des Finances et de l’Emploi (du 18 mai au 19 juin 2007) avant de prendre le titre de Ministre d’Etat, à l’Ecologie le 19 juin 2007. Record en cours donc, et il se murmure même que notre champion des ministres nordistes briguerait la succession de François Fillon à Matignon.

Michel Delebarre a lui arrêté les fonctions ministérielles depuis un bout de temps. Faut dire que l’époque Mitterrand, son mentor ministériel, est bien révolue. Mais,  il avait eu aussi le droit à une pluie de portefeuilles : 2 ans de 1984 à 1986 (Travail, Emploi, etc.) avant un retour non-stop de 88 à 93 aux mêmes fonctions puis aux Transports et Mer, au Logement et à la Ville (on résume les titres, sinon, on n’a pas fini). Soit sept années en tout. Autant d’années que cumulera également dans les années 70 le meilleur opposant de Pierre Mauroy à Lille, Norbert Ségard. Un septennat au commerce extérieur, aux Postes et Télécommunications, puis à en tant que Ministre délégué auprès du Premier Ministre, série interrompue par son décès en février 81 (en même temps, Mitterrand arrivait…).

Les bons élèves

Huit ans, sept ans, qui sont les autres bons élèves du Nord – Pas-de-Calais. Avec cinq ans de ministères, on trouve tout de même quelques noms, dont la très à la mode Martine Aubry en deux fois (91-93/97-2000 avec les fameuses 35h à l’Emploi). Pas mal pour une future Présidente ? Ce n’est cependant pas la seule. Jacques Mellick, le Béthunois, qui roulait plus vite que son ombre, a aussi pris des années pendant le deuxième septennat mitterrandien : secrétaire d’Etat à plusieurs reprises et même ministre délégué (aux Transports et à la Mer) pendant trois ans. Bilan global : un quinquennat d’un coup, tout comme Jean Le Garrec, à l’époque où les Cambrésiens comptaient : secrétaire d’Etat et ministre délégué toujours auprès du Premier ministre de 1981 à 1986.

Il serait injuste d’oublier à cette catégorie le fameux Albin Chalandon. Ça ne vous dit rien ? Vous étiez trop jeune. Et en fait, on le classe comme nordiste parce qu’on le veut bien, mais lors de ses premières fonctions ministérielles (de 1968 à 1972), il était député des Hauts-de-Seine. Quatre années auxquelles il peut ajouter deux années de Garde des Sceaux (mais cette fois comme élu du Nord, allez comprendre), soit six ans tout de même.

C’est moyen

De 2 à 4 ans, bof, bof, comparé à Borloo ou Delebarre. Mais comme on est gentil, on vous cite quelques-uns de ces élèves moyen. Le plus célèbre d’entre eux d’abord : Pierre Mauroy, 3 ans à Matignon au début des années Mitterrand (81-84). Pas exceptionnel (Pompidou en a fait 6, Barre et Jospin 5), mais c’est dans la moyenne des Premiers Ministres. Chez les autres, on pourrait citer Michelle Demessine et Jacques Legendre, 4 ans respectivement de 1997 à 2001  (Tourisme) et de 1977 à 1980 (Travail, Formation Professionnelle), mais aussi Valérie Létard, série toujours en cours (et peut-être bientôt finie) avec trois ans, précédant par exemple les deux ans de Jean-Paul Delevoye ou de Tokia Saifi au début des années 2000, Guy Drut et Philippe Vasseur au milieu des années 90, Guy Lengagne et André Delelis dans les années 80. Toujours mieux que Marc-Philippe Daubresse, une petite année et demi au compteur, mais toujours en course même si certains ne donnent pas cher de sa tête au remaniement imminent.

Les étoiles filantes

Pour finir, hommage à ceux qui n’auront même pas tenu un an dans un gouvernement… Des recordmans qui se conjuguaient au féminin en 1995 avec Juppé première cuvée et ses Jupettes. Colette Codaccioni (Solidarité entre les générations) et Françoise Hostalier (secrétaire d’état chargée de l’enseignement scolaire) par exemple. Le principe d’une étoile filante étant qu’elle s’est très vite éclipsée, vous l’avez sans doute oublié, mais l’Arrageois Roger Poudonson, décédé depuis, a fait un passage sous Giscard. Secrétaire d’Etat à la Fonction publique. Du 8 juin au 29 octobre. Banco.

Crédit photo page d’accueil : Jean-Louis Borloo sur Wikimedia

7 Commentaires

  1. Dans le palmarès, on trouve aussi : Jean-Jacques Descamps (tourisme sous Chirac II), Bruno Durieux ( santé sous Rocard, Cresson, commerce extérieur sous Béré), Marcel Debarge (né à Courrières mais monté à Paris assez vite) formation, logement et coopération sous Mauroy, Cresson et Béré, P Billecocq, ancien député-maire de La Madeleine, secrétaire d’Etat – Education nationale, Coopération et Transports- sous Chaban et Messmer.

  2. En effet, on avait fait le choix de ne pas tous les citer, mais vous avez raison de les rappeler !

  3. L’écolo Guy Hascoët aussi bien sûr ! secrétaire d’Etat à l’économie solidaire sous Jospin/Aubry. Dans la catégorie étoile filante. Auto-recyclé conseiller régional en Bretagne.

  4. Et la loi Quilliot ça ne vous rappelle rien les cocos ? Ce n’est pourtant pas une loi de seconde zone et celui qui en est l’auteur est un vrai de vrai du Pas-de-Calais, un tatoué, même si il finira maire de Clermont-Ferrand. Roger Quilliot est natif d’Hermaville (campagne arrageoise) et fut le ministre de l’Urbanisme et du Logement sous le règne de Gros Quinquin entre 1981 et 1983. Par contre, je ne considère ni Ch’titine Aubry ni Jean-Louis Borloo comme de purs régionaux (et je ne parle même pas de Jack Lang). Ce sont des Parigots gérant leurs communautés au seul service de leurs ambitions personnelles. Je modère pour Borloo qui -lui- a réalisé un boulot remarquable parce que visible et concret pour sa population. Par contre, qu’est-ce qu’il a fait le pot à tabac du beffroi et de la rue Solférino ? A part des manifestations pour cultureux ruineuses et un grand stade qui va racketté les contribuables métropolitains pendant un bon bout de temps, je ne vois pas. Les 35 heures? Quand rendra-t-on la paternité de cette loi à son vrai géniteur, celui qui a bossé dessus loin des caméras, Pierre de Saintignon ?

  5. Et Louis Mexandeau, ministre socialiste comme Roger Quilliot, natif du Pas de Calais, comme lui aussi, alors ? !?!

  6. Exact Marc,
    Cet oubli est d’autant plus impardonnable que j’ai eu l’occasion de rencontrer Louis Mexandeau lors de la sortie de son livre “Nous, nous ne verrons pas la fin”, une chronique remarquable relatant l’Occupation en Artois et dans le Pays minier. J’en suis quitte à aller me flageller à poil sous la neige.

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