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Les 24h de DailyNord : la ruée vers l’Ouest (2/3)

DailyUne | Réalités Par | 29 septembre 2010

Suite de notre périple de 24h dans la région Nord- Pas-de-Calais. On vous rappelle le principe : un rédacteur, un photographe, une voiture. Et se laisser guider au hasard le long du bitume nordiste. Pour cette deuxième partie, de 14h30 jusqu’à 22h, les dessous de Bapaume, les promeneurs de Notre-Dame-de-Lorette, le dernier punk de Calonne-Ricouart ou encore l’endormie Saint-Pol-sur-Ternoise.

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On l’a compris, désormais, après l’est, c’est cap à l’ouest. La question est de choisir vers où d’abord. Bapaume, Arras, Douai ? Allez, on choisit la ville de notre ancien Ministre, désormais médiateur de la République, Jean-Paul Delevoye. Passage par Cambrai et sa signalisation routière plus qu’hasardeuse, c’est la D930 qui s’ouvre. Long no man’s land de champ de patates, de tracteurs qui ralentissent la circulation. Rien à se mettre sous la dent, à part un glaneur de pommes de terres qui fait vite fait bien fait (admirez la répétition du verbe faire) son… affaire. Demi-tour pour l’interviewer ? Non, on vient de décréter qu’on ne fait plus demi-tour. Du coup, un tracteur plus loin, c’est Bapaume, 4 000 habitants et quelques, au sud du Pas-de-Calais. Pour y faire quoi ? Interroger papi sur son banc ? Allez, on tente. Sauf que le temps de se garer, Papi a déjà filé sur sa canne et on n’a pas envie de lui courir après. Interroger la jeunesse sur la vie d’un jeune à Bapaume ? Pas de jeunes à c’te heure dans la cité. Mais Coquin, Coquine, magasin de lingerie de charme, face à la mairie, qui nous fait de l’oeil. L’occasion idéale de connaître les dessous des Bapalmoises. Si, on ne se fait pas virer pour questions orientées…

Les dessous de Bapaume

On est bien tombé. Sylvie est d’humeur bavarde. Déjà, la question existentielle de l’été pour commencer : les Nordistes ont-elles vraiment de grosses poitrines, [singlepic id=1583 w=320 h=240 float=left]comme l’a décrété Ebay dans une étude ? « Oui, c’est vrai, sourit la femme qui nous explique les grosses poitrines, ça commence à D. On commence même à avoir du I en bonnet. » Du I ? D, E, F, G, H, I… Impressionnant, mais c’est bien vrai. Et comment faisaient ces dames avant ? « On s’arrangeait avec le tour de dos. » Ces considérations de taille passées, on s’interroge sur la lingerie donc des Bapalmoises : « On a les deux. Du charme comme Charmel ou Antinea, mais aussi du classique pour papi et mamie. Ici, c’est la campagne, il faut quand même faire attention à ce qu’on rentre en magasin. » Histoire de ne pas se retrouver avec un stock invendable sur les bras, mais apparemment, Bapaume aime bien les dessous. Et l’apparence extérieure ne va pas forcément avec ce que ces dames portent à même le corps : « Oui, il y a des surprises ! On s’adapte aux clients. » Et aux prix, sans pour autant céder à la qualité. Car Sylvie est chauvine : que des produits européens, rien d’autre, ce qui plaît aux clients qui achètent en moyenne 4 à 5 parures par jour et peuvent assister aux défilés organisés par la gérante, ex-conseillère financière qui en avait marre de la banque…

Notre-Dame-de-Lorette, les promeneurs solitaires

Classic 21 crache toujours son rock. Les villages s’égrènent, les panneaux de direction, aussi. Arras. Pas envie de s’y arrêter. D’un seul coup, les cimetières militaires se multiplient au bord de cette route fréquentée à l’heure de sortie des bureaux. Canadien, Australien, etc. Puis, au dessus de Souchez, Notre-Dame-de-Lorette. [singlepic id=1584 w=320 h=240 float=right]Le fameux sanctuaire taggué à plusieurs reprises. Là même où Sarkozy était monté. Alors, comme on veut marcher dans les traces du Président, on le suit. On s’élève au dessus de l’Arrageois d’un côté et du bassin minier de l’autre. En haut, au pied de la basilique, les croix. Pas de chance, on ne pourra pas entrer, il est 17h26, et comme ça ferme à 17h30, c’est déjà fermé… Logique. Quelques voitures cependant. Un homme qui se balade en fumant une clope. Rendez-vous galant avec sa maîtresse ? Sourire : « Non, en fait, j’ai un rendez-vous dans quelques minutes. Comme je suis en avance, je suis venu fumer une cigarette ici. J’aime bien, c’est calme. » Bon rendez-vous alors et direction un couple, bien caché en train de discuter. Adrien d’Avion et Marie d’Aix-Noulette. Fascination morbide pour les cimetières ? Loin de là : « On a grandi dans le secteur, on a toujours eu l’habitude de venir ici. Donc, de temps en temps, après le boulot, quand on veut être tranquille, on vient là. Ça permet de prendre l’air. » Mais le soir, on leur a fait comprendre qu’il ne fallait pas trop traîner : « Avec les dégradations, maintenant, c’est surveillé. C’est vrai que le soir, on s’en va. Après, il ne faut pas faire une généralité, ce sont des cas isolés. Même si c’est honteux de dégrader des monuments d’hommes qui se sont battus pour nous… »

Le dernier punk de Calonne-Ricouart

[singlepic id=1523 w=320 h=240 float=right]Le calme de Notre-Dame-de-Lorette est déjà loin. Nous voici dans le bassin minier. Enfin l’ex. Maisons en briques à perte de vue, Liévin, Lens, encore Liévin… puis direction Bruay-la-Buissière, avant un changement de programme en voyant le panneau Auchel. Ce sera donc Auchel. Sauf qu’avant, c’est Calonne-Ricouart. Et qu’un bateau planté en plein milieu du patelin, ça nous a forcément intrigué. Comme cet étrange panneau, Parc Caloonix. Calonne version Astérix ? A peine le temps de se renseigner (en fait, c’est une sorte de base de loisirs, si vous voulez tout savoir), nous voilà interpellés par le dernier punk de Calonne : « Vous allez à Auchel ? » Yes. « Vous m’emmenez ? » Yes. Le vlà avec nous dans la Fiat, un sac de bouteilles d’eau dans les mains et une histoire étrange : originaire du Gard, vit à Lille, venu chercher du boulot de saisonnier à Auchel (on n’a pas osé le contredire). Sauf que notre homme s’est fait un décollement des poumons et a dormi ces derniers jours à l’hôpital. Maintenant, faut qu’il retrouve ses compagnons avec qui il campe à Auchel… Un peu alambiquées comme explications, mais on ne s’est pas encore fait égorgés au moment où il descend de la voiture, nous remerciant parce que lui à pinces, il « aurait fait du 2,5 à l’heure. » Certes.

Cauchy-à-la-Tour, Maréchal nous voilà !

Le temps de tourner à droite dans ce bassin minier où les villes ne sont délimitées que par des panneaux, vlà Cauchy-à-la-Tour. Ça vous dit quelque chose ? Nous, ça nous dit quelque chose. Là, qu’en avril, chaque année, les admirateurs du [singlepic id=1524 w=320 h=240 float=left]Maréchal Pétain se réunissent pour une réunion bien sympathique… Eh bien, on va aller voir à quoi ça ressemble ? Sauf qu’évidemment, il n’y a pas de panneaux indiquant la maison natale du bonhomme à Cauchy-à-la-Tour. Supérette. « Là-bas, à 500 mètres, sur la droite, un grand portail de ferme, il y a une plaque ». Sauf que là-bas, on se fait la rue déserte dans les deux sens, et on ne trouve pas de plaque… Le temps de prendre une photo d’affiche de concert, les clients du café-tabac, dont certains bien partis, sont dehors, intrigués par le manège. On explique l’objet de la démarche. Réexplication. Après, le carrefour, le portail gris. « C’est marrant ce que vous faites ». Oui, merci, on y va après la photo du chien. On découvre le portail. Fermé. Sans plaque. Ça doit donc être ça la maison de Pétain.

Auchel, Saint-Pol, désert au bout du chemin

Finalement, avec tout ça, on a pas encore vu Auchel. Demi-tour (on s’est permis). Ambiance étrange dans cette ville qui a l’air interminable, mais vide à cette heure pourtant chrétienne (19h30). On erre donc : Cité truc, Cité [singlepic id=1525 w=320 h=240 float=right]Machin, panneau Marles-les-Mines, panneau de basket perdu devant les vaches, ici, c’est architecture minière sous tous les angles…Gare routière. Ici, l’horloge s’est arrêtée à un 5h d’une année inconnue. La bâtisse est à moitié en ruines, murée par endroits, le sol jonché de tessons de bouteilles. Personne pour nous renseigner aux alentours, le Bar de la Gare a l’air désert. On quitte alors Auchel pour la direction de Saint-Pol-sur-Ternoise sous la nuit tombante. Pause photo coucher de soleil sur éoliennes et il est 20h45 sous la flotte. Saint-Pol est désertique, au point que même le Café de La Poste refuse de nous servir le couvert « parce qu’on ferme tôt le jeudi. Peut-être à la pizzeria là-bas ? » On pousse timidement la porte : la patronne est ok même s’il n’y a qu’une tablée dans l’établissement. A la fin, on lui demande si c’est toujours aussi mort Saint-Pol ? « La journée, c’est vivant. Vous savez, Saint-Pol-sur-Ternoise est une ville de passage. » Mais après, sept-huit heures ça s’arrête. On va encore avoir vingt voitures d’affilée à 22h de l’usine… puis plus rien jusque demain matin 5h.  Alors, là, vous partez où ? » Sur les ports du littoral…

L’intégralité du reportage “Les 24h de DailyNord : une journée ordinaire dans le Nord – Pas-de-Calais”

Le Nord se lève à l’Est (1/3)

La ruée vers l’Ouest (2/3)

Une nocturne de port en port (3/3)


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Retrouvez la première partie des 24h de DailyNord. Troisième et dernière partie dans quelques jours.

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