Mouchard Par | 00H01 | 11 août 2010

Roubaix Alma: un quartier sucré-salé en images

Prendre un quartier que l’on dit pudiquement défavorisé. Y placer un centre social, des femmes Sénégalaises et des visées pédagogiques et artistiques. Un projet révolutionnaire? Un fiasco? Juste une tranche de vivre ensemble et de tolérance. Petite histoire dans le quartier de l’Alma à Roubaix en quelques clichés, sans jeu de mots.

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Retrouvez les images en plus grand format et une par une à la fin du texte

Février-juin 2010. Roubaix, quartier de l’Alma. La rue Archimède où se trouve le centre social, quelques poubelles brûlées, des immeubles couverts de paraboles. Des briques rouges. La compagnie de slam La Générale d’Imaginaire a été chargée par le centre social de s’occuper d’un groupe de femmes adultes originaires du continent africain. Objectif: faire autre chose qu’un simple cours de français, faire parler et se découvrir, sortir du quotidien trop présent pour développer un imaginaire. Et si possible, en faire un petit film.

Plus de son, plus d’image

C’est donc Cédric, l’animateur, qui s’y colle. Dès le départ, il essaie d’enregistrer du son, de filmer, parle de la présence prochaine d’un photographe. Les participantes d’origine kabyle désertent quasi-immédiatement. L’Islam et ses lectures… Pas un problème pour les autres femmes, Sénégalaises. Des femmes qui avouent sans mal leurs problèmes de lecture, ces difficultés face à la langue de Molière qui les embarrassent lorsqu’elles ont affaire aux administrations. Au fur et à mesure de l’atelier, on aborde des sujets comme la famille, les différences culturelles. De la simple discussion qui vaut plus qu’un cours magistral.

On parle nourriture aussi. Lors d’un repas partagé tous ensemble, le groupe de femmes nous impose quasiment l’utilisation des couverts, alors qu’elles mangent avec leurs mains. Nous insistons pour essayer, un repas sénégalais se mange à la sénégalaise. Elles rient. Après quelques bouchées hasardeuses de riz au poulet brûlant, les couverts sont repris discrètement.

Mer salée, mer sucrée

J’avais décidé de faire des photos en noir et blanc. Réaction à la vue des premiers clichés: « Le noir et blanc, c’est pour les blancs. Comme ça on vous voit bien. Nous les noirs, il faut de la couleur sinon on ne nous voit pas ». Éclats de rire, et machine arrière.

Leur équilibre à ces femmes, c’est la famille, les traditions, et les retours au pays pour se ressourcer et retrouver leurs racines. Vital quand le quotidien se vit dans la grisaille roubaisienne, un quotidien salé-sucré comme le dit Mariame: « J’habite ici, donc l’Alma c’est forcément sucré. Mais il y a beaucoup de choses salées. Le salé c’est la rue, c’est les problèmes, c’est voir des voitures qui viennent de Paris et tout ça. On sait ce que c’est ». Quand on parle du Sénégal, Mariame parle de mers, au pluriel.  Mariame, les lacs elle les appelle les mers. La mer salée, pas bonne à boire à la saveur aigre et désagréable. Et la mer sucrée, l’eau douce que l’on peut boire, qui fait vivre et rend heureux. Cette cohabitation du salé et du sucré, c’est un peu l’Alma, le quartier qu’elles aiment à l’image de la vie qu’elles mènent. Ici.

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Photos : Stéphane Dubromel.

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