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Thomas, le Ch’tinois de Macao

DailyUne | Petite histoire Par | 16 décembre 2009

Comme on sait que vous adorez changer d’air, on continue de voyager par Skype. Arrêt téléphonique cette fois-ci du côté de la Chine. Thomas Malischewski , 29 ans, s’est installé dans l’Empire du Milieu il y a bientôt deux ans. Entre Nankin et Macao, c’est une expérience plutôt dépaysante. Surtout quand on ne parle pas la langue. Son parcours pour arriver là, sa vie dans ce pays en perpétuelle mutation, ses envies d’avenir.

[singlepic id=795 w=320 h=240 float=right]C’était une sorte de pari. Entre deux étudiants qui venaient justement de passer leur diplôme d’enseignement de langue française à l’étranger. « Avec une copine, on venait de finir nos études, se souvient Thomas. On a fait le pari de postuler en Chine. J’ai été pris. » Nous sommes en 2007, le jeune homme originaire de Bouvigny-Boyeffles (2 400 âmes dans le Béthunois, « où il y a l’antenne ») décolle vers l’Empire du Milieu. Direction Nankin plus précisément, une petite ville dans cette Chine d’avant Jeux Olympiques (qui auront lieu en 2008 à Pékin) : « Oui, petite ville. Avec 7 millions d’habitants ! Ça a été un choc ! »

En quatre jours, la physionomie d’une rue change

Il faut avoir mis le pied en Chine pour comprendre. Car là-bas, tout est décuplé, comme le confirme notre jeune Nordiste, enseignant à l’Alliance française. «  Le pays est en plein boom. Il se développe à toute vitesse, tu as constamment du bruit. » Et de drôles de surprises : « En face de chez moi, il y avait un magasin. Il ferme un jour à 18h. Le lendemain à midi, c’était une nouvelle enseigne. Il n’est pas rare qu’en quatre jours la physionomie d’une rue change du tout au tout. »

Un vrai festival de changement donc pour le jeune homme qui, s’il ne parle que très peu chinois (« je m’y mets mais c’est compliqué »), se fond très vite dans le paysage. Même s’il est conscient qu’avec l’équivalent du SMIC, il fait partie des privilégiés dans la patrie de feu Mao. « J’aime beaucoup la vie en Chine. L’un de mes meilleurs souvenirs ? Quand j’ai posé le pied sur la Grande Muraille. Là, tu te dis que ce sont des hommes qui ont construit ça… » Un Ch’tinois (du nom du blog qu’il tient) qui est aussi épaté par la gentillesse des locaux : « Je m’attendais à une dictature, à des gens qui n’étaient pas forcément ouverts, c’est tout le contraire, quand on se balade, ils n’hésitent pas à nous ouvrir la porte. »

Les joies du pénis de boeuf

La dictature justement. Vu d’Occident, la Chine n’est pas le paradis des droits de l’homme. Et les libertés apparaissent comme surveillées. Un constat qu’il ne dément pas : « A Nankin, sur internet, par exemple, tu n’as pas accès à YouTube ou Facebook. Mais pour les Chinois, qui sont très patriotes, c’est normal. Désormais, je me suis installé à Macao, ancienne colonie portugaise. Là, c’est plus libre à ce niveau là. Il faut dire que c’est plus occidentalisé aussi. »

Aucun regret alors ? Loin de là. Thomas se dit heureux dans l’Empire du Milieu. Les marchés de nuit, la nourriture, les gens, tout le séduit. Même quand il mange du pénis de boeuf : « Un cadeau de mes étudiants, ils ne m’avaient pas dit ce que c’était. » Mais évidemment, pas de chien et de chat la fameuse légende : « ça, je n’en ai jamais eu ! » Des goûts culinaires qu’il a pu partager avec sa compagne, rencontrée sur place… Avant que celle-ci ne fasse le chemin inverse : « elle est partie travailler à Toulouse, là, c’est moins évident ! »

Une situation sentimentale qui devrait le faire revenir au bercail prochainement : « Cet été certainement. Je reviens déjà à Noël, je vais lui faire visiter Bergues.” La fameuse cité de Bienvenue chez les Ch’tis qui a eu un vrai succès là-bas selon lui, « mais en version pirate ». En attendant, notre Ch’tinois continue son petit bonhomme de chemin en essayant toujours de comprendre les différences de mode de vie : « Nous sommes deux cultures complètement différentes. Parfois, il y a des incompréhensions. » Les joies de l’expatriation.

Le blog de Thomas

Retrouvez nos portraits et interviews de Ch’tis d’ailleurs sur notre carte

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