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DailyUne | Réflexions Par | 00H10 | 26 novembre 2009

Quatre clubs de football en Ligue 1 : et les autres sports collectifs dans tout ça ?

Samedi, c’est derby (Lille-Valenciennes). Dimanche prochain aussi d’ailleurs (Boulogne-Lens). On parle de football bien évidemment, pas besoin d’être sorti de l’ENA pour comprendre… Et c’est bien le problème : avec quatre clubs en Ligue 1, les autres sports collectifs de la région ne sont pas forcément vernis. Même si nous avons quelques fiers représentants en handball, basket-ball, volley-ball ou rugby. DailyNord s’est demandé comment vivaient ces clubs à la fois médiatiquement, sportivement et financièrement face au Roi Football.

Foot, foot, foot. Forcément avec quatre clubs en Ligue 1 (soit 20% des clubs de l’élite tout de même) et au moins douze derbys (on ne compte pas les possibles matchs de Coupe), ça tartine sur le ballon rond cette saison. Notamment dans les médias. Bien normal, ça fait plus vendre, faut pas se leurrer et si DailyNord était sur le créneau, pas sûr que nous ferions autrement. Mais quand on joue au plus haut niveau, avec des ballons d’autres tailles ou d’autres formes, ça grince un peu des dents. Même s’ils l’avouent tous, finalement avec la remontée de Lens en Ligue 1 et l’accession de Boulogne-sur-Mer au plus haut échelon national, rien n’a vraiment changé : « Bien évidemment, les médias font la part belle au foot qui est leur première ligne éditoriale, note Régis Giunta, directeur commercial de l’USDK (handball à Dunkerque, voir la note). Avant de tacler : “On peut l’admettre, même si les sujets abordés manquent un peu de profondeur. La plupart des médias sont devenus de véritables promoteurs du foot… au prétexte que cela fait vendre du papier. » « Mais on a finalement gardé la même place dans les médias que l’an dernier », défend cependant Hervé Beddeleem, directeur exécutif du BCM à Gravelines (basket). Une place dans la presse écrite, ok, même si elle est minorée. Pour la télévision, c’est une autre histoire. Un constat sur lequel Cédric Débonnet, directeur de communication au TLM (volley, Tourcoing) et Jean-Claude Branquart, président du rugby lillois (LMR), se retrouvent. «  J’essaye de faire venir la télé, confirme ce dernier. Ça les laisse indifférents. » Le TLM renchérit : « La télé ? C’est proche du néant. Parfois on a le droit à 20 secondes de TLM. Immédiatement contrebalancées par plusieurs minutes de foot. En fait, on ne parle de nous que quand il y a un changement d’entraîneur. Ils font du people en fait. »

BCM : « L’hiver va nous aider »

Pas de révélation ni de révolution donc dans leurs propos. Ils sont tout à fait conscients que le foot fait plus vendre que leurs sports respectifs. Reste à ronger son frein et à s’en désoler. Mais pour autant se sont-ils inquiétés de l’arrivée de quatre clubs en Ligue 1 ? Les avis divergent sur la question : pas d’inquiétudes particulières pour le TLM ou l’USDK par exemple qui estiment avoir un public fidèle. Le LMR, lui, sans trembler, s’est

quand même dit que ça n’allait pas l’aider… Plus de craintes du côté du BCM gravelinois finalement : « On a ressenti une petite baisse de spectateurs au tout début. Des gens qui sont partis à Boulogne. Mais c’était un phénomène passager. Et l’hiver va nous aider. D’autant que notre public est fidèle. » L’attachement, l’argument de nos quatre clubs de ballons. Mais une loyauté qu’il faut choyer. La preuve en est avec cette initiative du TLM : «  En août, nous avons fait en sorte de programmer nos matchs de la saison, dans la mesure du possible, d’autres jours que ceux du LOSC. Car nous avons des supporters – et même parmi le club – qui vont aux deux. Et nous avons remarqué que lorsque le LOSC joue le même jour, on peut perdre 300 à 400 spectateurs sur une moyenne de 1 900. » Autant prévenir que guérir donc et des concessions sur le calendrier arrangent tout le monde selon le directeur de la communication : « ça profite à tous les clubs. A nous, au LOSC et à d’autres. Du coup, sur la métropole, vous pouvez vous faire des soirées sports tous les soirs du week-end. » Une idée que le BCM avait aussi envisagée en cas de bons résultats de Boulogne-sur-Mer en championnat, les deux cités maritimes n’étant séparées que de soixante kilomètres. Seulement, pour le moment, l’USBCO ayant (mal)heureusement des résultats mitigés, les basketteurs n’ont pas eu à en arriver là.

Investir dans le football… ou ailleurs

Foot = argent. Beau lieu commun. Mais il en est de même pour le rugby, le hand, le basket ou le volley. Même si les budgets n’ont aucune mesure avec le foot (de 1  à 4 millions d’euros selon les clubs quand le plus petit budget nordiste en foot, celui de Boulogne,  flirte avec les 21 millions). Et question sous, la multiplication des clubs de haut niveau en foot pose problème quand il faut chercher de l’argent public ou privé chez les sponsors.

A part à l’USDK selon Régis Giunta qui en plaisante même en insistant sur la place que le hand a su prendre à Dunkerque : « Aucun des prospects rencontrés ne nous a parlé de foot… sinon pour en dire plus de mal que de bien ! » Du côté des autres clubs, on est plus partagé. Le BCM avoue que certains partenaires ont filé à Boulogne-sur-Mer humer l’odeur du gazon. Question de proximité et de trône régional : « Très longtemps, le BCM a été le premier club sportif de la Côte d’Opale. Ce n’est plus le cas actuellement. En fait, un ou deux sponsors sont partis à Boulogne. » Pour Jean-Claude Branquart et le rugby lillois, le club étant au troisième échelon national, la recherche de sponsors est un peu plus difficile : « On me répond : tu comprends, je suis à Lens, Lille, Valenciennes, je ne peux pas être partout. C’est dommage pour nous alors qu’il nous faudrait 300 à 400 000 euros par an de nouveaux sponsors pour développer le club et l’amener dans les divisions supérieures. » Et l’argent public suit le mouvement. Pas extensible quand le haut niveau devient une marque de fabrique régionale, selon Cédric Débonnet du TLM : « L’enveloppe est forcément divisée par plus de clubs. Du coup, moins de subventions. » Mais parfois, une bonne surprise qu’il tient à souligner : « L’an dernier, un sponsor a quitté un club de foot pour nous rejoindre. Il cherchait un côté plus convivial plus amateur dans le bon sens du terme. » Comme quoi les autres sports collectifs de ballon n’ont pas encore perdu leur match au pays du football.

Le BCM Gravelines Dunkerque Grand Littoral (basket-ball), le Dunkerque Hand Ball Grand Littoral (USDK, handball), le Tourcoing Lille Métropole (TLM, volley-ball) évoluent tous les trois dans l’élite hexagonale de leurs disciplines respectives. Le Lille Métropole Rugby (LMR) joue quant à lui en Fédérale 1, le troisième niveau national, mais est le premier club de rugby au nord de Paris. Pour consulter leurs classements et calendriers, rendez-vous sur leurs sites respectifs.

Crédits photo : LNH pour le handball, LMR pour le rugby, BCM pour le basket.

Un peu plus de DailyNord ?

2 Commentaires

  1. Vous oubliez un oublié : le water-polo. Le club de Douai (FNCD) compte parmi les meilleurs clubs nationaux (dans les 3 premiers de l’Elite, toujours derrière la référence qu’est Marseille). Certains de ses joueurs sont même intégrés à l’équipe de France. Et… personne n’en parle (ou presque) !

  2. Si même Dailynord se met à nous bassiner avec les affaires soit disant sportives des entreprises privées du sport business assoiffées d’argent public, où faudra-t-il aller s’informer ? Combien d’argent public a été englouti – en 2 ans par ex – par les elus locaux en matière de gloriole footeuse, tennisseuse ou basketteuse ou autre ? Car avec tout cet argent public consacré à quelques heures de matchs, il y avait de vrais projets à financer et qui ne le seront pas. Ces clubs sont des entreprises privées comme une entreprise de plomberie qui ne touche aucune subvention et qui finance son atelier toute seule . Pourquoi faut il que nos impôts financent des palais des sports, des Zarenas, des grands stades utilisées qqes heures par mois seulement ? Et quand la ville obtient une grande competition ( voir la coupe Davis à Lille), les organisateurs veulent encore que l’on crache au bassinet 1 ou 2 millions € pour financer les primes pharaoniques de leurs champions ! Il serait d’ailleurs passionnant de faire la somme des depenses communautaires, regionales et de la commune de Villeneuve d’Ascq qui a en charge l’organisation des trafics de l’évènement , ce qui coûte très cher en personnel communal. Enfin, il faut regarder le calcul irenique des retombées economiques, toujours claironnées mais jamais calculées. …A l’étranger, on sait. Et le dernier exemple de gaspillage, ce sont les JO de Sotchi. Avant, il y avait le desastres d’Athènes ou en 2004 se tenaient les JO et ses nombreux contrats de PPP pour constuire de stades. Dommage que le maire de Lille, le maire de villeneuve d’Ascq ne s’y soient pas rendus. Car Pierre- Mauroy ( avec un tirer, c’est le stade), c’est un flop financier qui va oberer les finances de LMCU pendant 30 ans.

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