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D’un mur l’autre, reportage d’un photographe nordiste à Berlin

Mouchard Par | 25 novembre 2009

Le Mur de Berlin est tombé il y a 20 ans. Célébré en grande pompe, ce vingtième anniversaire a attiré la foule dans la capitale allemande. Dont Stéphane Dubromel, photographe lillois, qui en rapporte un reportage en images, “D’un mur l’autre”.

D’un mur l’autre

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Le 9 novembre, Berlin fêtait les 20 ans de la chute de son mur. Un rassemblement au parfum assez consensuel et très prisé par les touristes, un avant-goût d’une nuit de fête commencé dans un Starbucks coffee, avant une currywurst-anniversaire et une sortie en club dans l’Est de la ville. La fête de la liberté portait une robe très internationale. Le lendemain à Potsdam sur le pont de Glienicker, fermé du temps du mur et rouvert en 1989, personne ne parlait anglais, et la moyenne d’age était sensiblement plus élevée.

Et même si personne ne le regrette, ce mur, Berlin reste encore schizophrène, partagée entre l’Ouest et ses signes de richesse décomplexés et l’Est qui s’est construit une contre-culture sur cette résistance au modèle d’en face. Mais tout comme le mur laissait filer les gens en 1989, l’Ouest et l’Est se tiennent la main par l’économie, chacun à sa manière. Une leçon de lucidité et de pragmatisme à l’allemande. Les produits dérivés sont fabriqués très à l’Est, genre Chine. Les journaux offrent un morceau “authentique” du mur. Ampelmann, le petit bonhomme qui passe au vert pour laisser traverser les piétons, se vend très bien sur les sacs et les tee-shirts.

C’est peut-être cela Berlin et son mur. Une ville qui n’oublie pas son passé, mais qui efface parfois ce qui ne lui plaît pas. Un peu comme lorsque l’on se débarrasse d’un vieux copain un peu trop embarrassant. Adieu le Palais de la République sur les bords de la Spree, fleuron de la RDA démoli pour cause d’amiante. A la place, il y aura un château moyenâgeux. Faut dire que la Palais de la République était construit sur ses ruines. Machine arrière, toute… A ce vide s’oppose le plein des stèles de l’Holocaust Manmall.

Après la fête, je repense à cet homme glanant les bouteilles vides à mon arrivée à l’aéroport de Schoenefeld. En additionnant les consignes, certains y trouvent là une source de revenus. D’autres se battent parfois pour une bouteille. Vide. Comment fabrique-t-on le passé ? Avec du plastique et des parfums de synthèse ? L’herbe est-elle plus verte dans le pré du voisin ? On se demande si un modèle économique est vraiment meilleur que l’autre, si une morale vaut plus qu’une autre, si l’histoire ne peut pas s’écrire à quatre mains, si moi je suis meilleur que toi ?

Texte et photos : Stéphane Dubromel

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